Atypiker
6 oct. 2021 à 1:24
J’avais pensé à ce sujet suite à des arguments exprimés dans une conférence sur l’empathie et les machines (postée dans le sujet dédié que j’avais proposé).

L’un des romanciers de cette conférence y expose l’idée que les fantasmes qu’on peut projeter sur les machines et l’intelligence artificielle se rapprochent de l’idolâtrie, avec une vision de ces objets engendrée par l’idée qu’elles dépassent et pallient aux limites de la condition humaine, en un caractère divin, alors même qu'elles sont conçues par des êtres humains.

Je me pose la question suivante: cette attitude n’est elle pas beaucoup plus généralisée que ça?

Je pense par exemple à des entreprises: en lisant des articles de presse, je m’étonne toujours de pouvoir lire: Google décide, la politique d’Amazon, Adidas a fait travailler… en bien ou en mal.
De même cette propension à acheter telle ou telle marque pour afficher un statut ou une pensée quelconque.

C’est également le cas lorsque j’entends parler de ‘système’ (politique, bancaire,...), en bien ou en mal… de nombre de notions intellectuelles, scientifiques, spirituelles, dogmatiques, sociales ou politiques, ou de professions.

Il me semble qu’en droit, une entreprise, par exemple, a valeur d’entité morale à part entière.
Ce sont pourtant des êtres humains qui prennent des décisions dans, ou à l’extérieur de ces entreprises, des êtres humains qui travaillent pour ces entreprises, et des êtres humains sont impactés, en bien ou en mal, par les produits - actions -gestions de ces entreprises.

J’ai également lu récemment l’idée d’attribuer à un fleuve le statut de personne morale, dans un souci de protection et de lutte contre les dégradations écologiques,causées aussi bien par des êtres humains, des entreprises ou des États.
Mais ce sont des êtres humains qui polluent les fleuves, et des êtres humains sont impactés par la pollution de ces fleuves et les effets de cette pollution sur la faune et la flore environnante.

Et j’ai l’impression que cette attitude fausse complètement les relations humaines, et nos vision du monde dans sa globalité.
Particulièrement en rejetant la responsabilité d’actions ou de conséquences d’actions sur des ‘idoles’ sans existence réelle - concrète – palpable.
On connaît au mieux quelques instigateurs, meneurs ou contributeurs de ces entreprises, ‘systèmes’, idéologies ou notions intellectuelles, professions.
Ceux-ci font souvent l’objet d’un culte de la personnalité, admiratif ou de détestation, très curieux à bien des égards.
Mais l’humain, quand bien même il est au centre de toutes ces ‘idoles’, voire la motivation principale de leur création, semble, curieusement, souvent absent lorsque ces idoles sont évoquées.

Je ne sais pas trop quoi faire de toutes ces observations, et je souhaitais les partager avec vous pour lire les vôtres, afin peut-être d’y voir plus clair.
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