Atypiker
2 oct. 2021 à 18:05
Je me sens un peu perdue au milieu de vous, jeunes gens et jeunes femmes, perdue par l'âge, pas par le cœur qui bat à l'unisson du vôtre. Il est pourtant bien dommage que d'autres personnes plus âgées et dans le même cas que " nous", ne se retrouvent pas ici, elles aussi. Pour ceux là, celles-là, j'avais écris ceci en 2019, mais déjà certaines et certains d'entre vous ressentiront ce que j'ai envie de faire passer.

« …Nous ne sommes tous que de vieux enfants,
qui vont se coucher en rechignant… » ( Alice au Pays des Merveilles. Lewis Carroll.)

Que sommes-nous d’autre que de vieux enfants, jetés dans les tourments de la vie qui n’a de sens que celui qu’on lui donne, parce que la vérité toute nue est trop dure, trop indécente et, que pour l’affronter, nous faisons tout le temps semblant.
Comme les enfants que nous sommes restés, nous faisons
« comme si », ou « on disait que… ».
Nous cherchons à coup d’addictions diverses, de thérapies, de médicaments, à remplir ce grand vide existentiel que rien, rien ne viendra jamais combler.
Expulsés de la matrice, chassés du paradis, où nous étions en douce et chaude apesanteur, notre vie n’est plus que cette longue quête enfantine pour la retrouver.
Nous demeurons ces enfants vieux et vieilles, avides de bras tendres, de caresses, de baisers, avides de cesser de nous colleter tous les jours avec les mille obligations du quotidien.
Entre un verre d’alcool ou une petite pilule bleue, entre une séance de larmes chez le psy et une histoire d’amour qui finit tôt ou tard, entre une journée courageuse où le ciel se montre clément et une nuit où les démons de l’enfer se sont déchaînés, nous résistons aux tempêtes, chênes abattus ou roseaux penchés sur nos marécages, espérant qu’un miracle nous fasse échapper à ce parfois trop dur séjour.
Lorsque tellement pleins de ce grand vide, nous voudrions demander à être un peu câlinés, comme des enfants perdus, nous n’osons pas, car nous sommes des adultes n’est-ce-pas!
Pourtant notre coeur n’a pas grandi, il attend toujours un peu d’amour en plus.

« Prends moi dans tes bras, dis-moi que ça va aller, que tu me garderas toujours serrée contre ton cœur, que tu essuieras mes larmes et partageras mes rires et mes émerveillements, que tu me tiendras si fort, que la mort nous laissera un peu de répit. »
C’est le rêve éveillé de cet éternel enfant en nous, celui qui a peur du noir, étonné de constater la déliquescence des chairs, la perte de la vivacité d’esprit, qui a beau savoir mais ne comprend quand même pas, et cette pathétique impression de jeunesse intérieure, l’étonnement journalier devant le miroir qui nous renvoie l’image de quelqu’un que nous ne reconnaissons plus.
Il ne nous reste que la quête, encore et toujours la seule qui vaille, celle de l’amour, peu importe la forme qu’il revêt, et pour ne pas sombrer, nous continuerons à faire semblant que nous sommes des adultes responsables, mais ta main dans la mienne, au fond de nous, nous saurons que nous ne sommes que de vieux enfants.

Vous devez être membre pour commenter ce post