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"Diversité, équité, inclusion" : ces trois mots ornent désormais les sites de la plupart des universités françaises. Sur le papier, l'enseignement supérieur n'a jamais été aussi accueillant pour les étudiants neuroatypiques. Coordinateurs handicap, tiers temps aux examens, aménagements pédagogiques... la panoplie de mesures inclusives s'étoffe d'année en année.
Pourtant, une étude récente publiée dans l'European Journal of Special Needs Education vient troubler cette belle image. Les 18 étudiants neuroatypiques interrogés par les chercheuses Etain Quigley et Tara Gallagher révèlent une réalité bien plus complexe : pour survivre à l'université, ils doivent se camoufler. Non pas une fois, mais deux fois.
Le concept émergent de "double masking" décrit une stratégie de survie aussi ingénieuse qu'épuisante. Premier camouflage : masquer ses différences atypiques pour être accepté par ses pairs et ses enseignants. Deuxième camouflage : masquer ses besoins réels pour ne pas déranger le système et correspondre à l'image du "bon étudiant neuroatypique".
"Je souris, j'écoute, je hoche la tête, mais je compte les secondes avant de pouvoir m'isoler", témoigne un participant de l'étude. Cette phrase résume la tension permanente vécue par ces étudiants : paraître "normal" tout en gérant leurs spécificité
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1 commentaires sur Le double masking des étudiants neuroatypiques à l'université