Hypersensibles et doués, que faire de nos émotions ?

Avant-propos

Bien que nous ayons de grandes similarités de fonctionnement cognitif, nous sommes tous différents. De par notre histoire nous avons développé telles ou telles caractéristiques, telles ou telles potentialités. Egalement dans notre fonctionnement cognitif, il y a des différences dans les subtests sur les indices de Compréhension Verbale, Raisonnement Perceptif, Mémoire de Travail, Vitesse de Traitement, homogénéité, hétérogénéité.

Il est donc normal de ne pas se reconnaitre à 100% dans tous les éléments avancés d’un livre ou d’un article.

Ce que je vous propose, comme dans toutes vos lectures, c’est de prendre ce qui vous correspond et de vous appuyer dessus pour avancer dans la connaissance de vous-même.

Je vais donc faire quelques généralisations sur les personnes douées, désolé si elles ne vous correspondent pas. Je vais faire aussi quelques raccourcis sur des éléments scientifiques en vue de simplification. Le fonctionnement du cerveau est un sujet à la fois passionnant et complexe. Cet article n’a pas vocation à être un article scientifique, et je n’ai pas la prétention d’en avoir la compétence.

Il correspond donc à ma compréhension du sujet à ce jour, je me permets de partager cette compréhension avec vous, car je me dis, là aussi sans aucune prétention, qu’il pourra peut-être aider, ou apporter des pistes à certains d’entre vous.

Les émotions ne sont pas acceptées dans le monde du travail.

Combien de fois dans le cadre professionnel, vous vous retrouvez en sur-réaction par rapport à une situation, des difficultés dans un projet ou des relations. Par exemple vous êtes impliqué à 200% sur un projet et vous avez du mal à accepter qu’une personne, pour de multiples raisons, ne veut pas jouer le jeu.

Combien de fois ces mêmes personnes ne comprennent pas votre réaction et vous font le reproche d’être trop dans l’émotion ?

Un des premiers éléments à comprendre, dans la gestion des émotions, c’est de différencier la situation (le déclencheur réel ou imaginaire, externe ou interne), l’émotion par elle-même et la réaction à l’émotion.

En plus de la frustration, du sentiment d’impuissance par rapport à la situation, de la colère ou de la tristesse, on vous renvoie votre incapacité à pouvoir réguler, gérer vos émotions. C’est le double effet kisscool, on rajoute le sentiment d’injustice, car c’est vous qui passez pour avoir un comportement non professionnel, et une baisse d’estime de vous-même, car au final vous vous en voulez d’avoir surréagi.

Quelqu’un qui prend un flingue et descend le conducteur de la voiture qui vient de lui faire une queue de poisson, a une réaction qui peut être proportionnée à l’émotion ressentie sur le moment mais qui n’est pas proportionnée à la situation.

Sans en arriver à de telles extrémités, combien de fois avez-vous regretté après coup d’être entré en conflit avec quelqu’un alors que sur l’instant vous pensiez être dans votre droit.

Sachant que les personnes douées ont de grandes facilités linguistiques (l’un des sub-test du WAIS) et qu’il est pour nous très facile d’utiliser les mots comme des flingues pour descendre quelqu’un, lui faire perdre la face ou démonter son argumentaire.

L’intelligence émotionnelle

On va commencer par plusieurs bonnes nouvelles pour nous, liées à l’intelligence émotionnelle :

  • D’abord c’est une intelligence qui s’apprend, donc il ne tient qu’à nous de travailler sur le sujet.
  • Ensuite, les neurosciences ont montré la capacité de notre cerveau à moduler ses connexions neuronales, c’est ce qu’on appelle la plasticité neuronale. On peut donc créer de nouvelles connexions, autoroutes cognitives, un peu comme un conditionnement ou une reprogrammation de notre cerveau.
  • Enfin, dernière bonne nouvelle pour notre communauté, sur le chemin de l’intelligence émotionnelle, une partie du travail est déjà faite. Si l’on considère l’intelligence émotionnelle suivant le tableau ci-après, une grande partie des personnes douées fonctionnent comme des éponges à émotions et ont cette capacité à ressentir les émotions des autres (l’empathie). Finalement on ne part pas de zéro, vous qui pensiez être nul en intelligence émotionnelle .

Attention, l’écoute empathique, ou centrée sur la personne, définie par Carl Roger, ne veut pas dire faire l’éponge et tout absorber des émotions des autres (on parle alors d’entrer en sympathie). Mais c’est plutôt de faire des allers-retours pour comprendre le ressenti de l’autre et de revenir dans sa position. Si vous absorbez toutes les émotions de votre entourage, parfois cela nous arrive sans le vouloir, vous allez sentir quelques lourdeurs sur vos épaules en fin de journée.

Donc maintenant, il reste à travailler les autres volets, la perception de nos propres émotions, et, de savoir utiliser nos émotions et les émotions des autres.

La conscience de soi : comprendre et percevoir ses propres émotionsLa maîtrise de soi, utiliser et gérer ses propres émotions : consiste à maîtriser ses émotions et impulsions mais aussi à les utiliser pour guider nos décisions.
La conscience sociale : comprendre et percevoir les émotions des autresGestion, facilitation des relations : Utiliser et gérer les émotions des autres, inspirer et influencer avec intégrité, tout en favorisant le développement, gérer les conflits (leadership)

Une première idée qui peut aider dans la gestion des émotions est de considérer qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise émotion, toutes ont un rôle à jouer, généralement de protection de votre « système central ».

Si l’on prend les cinq émotions de base telles que définies dans le livre de Daniel Goleman « L’Intelligence émotionnelle » :

  • la joie nous met en lien avec les autres et avec la vie en lui donnant du sens, avec nos désirs et le plaisir,
  • la colère nous permet de ne pas accepter ce qui est inacceptable, de s’affirmer et d’exister par rapport aux autres, de protéger notre intégrité physique et psychologique,
  • la tristesse permet d’accepter et de dépasser les changements auxquels notre vie est soumise, de faire les deuils,
  • la peur nous permet d’évaluer un risque, une menace, de réagir et de nous protéger des dangers,
  • le dégoût nous informe également d’un risque ou d’une situation inconfortable et permet de nous en éloigner, de mettre de la distance.

Si vous êtes dans la savane et que vous vous trouvez nez à nez avec un lion, est-ce que vous allez penser que la peur est une mauvaise émotion ?

Par contre il y a très peu de vrai peurs, beaucoup peuvent être challengée et sont créées par nos ruminations.

Donc en partant de l’idée que toutes les émotions sont bonnes, vous allez pouvoir les accueillir et les utiliser plutôt que de les rejeter, les subir ou être submergé.

Par contre si vous cherchez à étouffer une émotion vous mettez en péril l’équilibre de l’ensemble du système. (Rappelez-vous le dessin animé de Disney Pixar, Vice-Versa).

D’autres émotions sont parfois ajoutées à la liste des émotions de base, on retrouve par exemple la surprise, la honte et la culpabilité.

Notre intelligence est très liée à nos émotions

Un chemin que certains empruntent pour ne plus être submergés est de s’en couper. Ce que j’ai compris, en essayant de décrypter le fonctionnement des personnes douées, est que notre intelligence est étroitement liée à nos émotions. Par exemple il a été montré le rôle des émotions dans les processus d’apprentissage (le cerveau mémorise mieux si un élément est lié à une émotion). J’aime également renvoyer sur la vidéo de Cédric Villani sur l’hypersensibilité. Cédric Villani est le plus grand mathématicien français vivant, il a eu la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour les Mathématiques. Il a été interviewé par Thierry BRUNEL pour les «intelligence days » de Mensa à Bordeaux en 2016. Je tire personnellement de cette interview deux grands enseignements.

D’abord Il indique à quel point il peut être dans l’euphorie lorsqu’il découvre quelque chose, puis retomber dans la « dépression » lorsqu’il se rend compte qu’il lui reste encore tellement à découvrir, il est en permanence dans un yoyo émotionnel. J’en tire l’enseignement que notre état émotionnel étant très influencé par les évènements, lorsqu’on est en bas émotionnellement, on sait que de toute façon à un moment on va remonter.

C’est plutôt rassurant, il suffit d’attendre qu’il se produise des évènements positifs pour refaire surface. Cela permet de relativiser lorsqu’on est en bas. Et j’irai même plus loin, pourquoi ne pas se créer ces évènements positifs, se faire plaisir, faire une balade en montagne ou en forêt, un massage, préparer un dîner pour des amis, méditer…. On devient alors acteur de notre état émotionnel (vous vous rappelez « Utiliser et gérer ses propres émotions » dans le tableau ci-dessus).

L’autre volet c’est qu’il explique comment il utilise ses émotions pour exprimer son génie, par exemple en écoutant des musiques très chargées émotionnellement. Ce que je comprends de son interview, c’est qu’en se mettant dans un état émotionnel fort, cela va lui permettre d’accélérer la machine, de faire les connexions, d’utiliser son cerveau à 200%.

Pour ma part, peut-être l’avez-vous vous aussi expérimenté, lorsque je suis dans l’émotion, cela me donne beaucoup d’énergie et mon cerveau tourne à plein régime. Je trouve des solutions, des idées, des concepts que je n’aurais pas pu trouver autrement.

Un bon exemple, je pense que vous avez tous testé, surtout ceux qui parfois ont tendance à procrastiner, à quel point nous sommes efficaces lorsqu’on doit rendre un travail à une date précise et qu’on s’y attelle un peu au dernier moment. Le stress accélère notre cerveau et nous permet de sortir le travail en temps et en heure, avec brio.

Personnellement, une des émotions que j’ai trop longtemps utilisée et dans laquelle je venais puiser de l’énergie, était la colère (on verra ci-après comment une émotion peut se substituer à une autre). Cette colère permettait de me booster, par exemple dans mon travail. Elle a longtemps été une de mes meilleures mauvaises amies.

Pour parler encore du lien entre émotion et intelligence, les neurosciences ont montré que les personnes dépourvues d’émotion étaient incapables de prendre les bonnes décisions (António Damásio « L’Erreur de Descartes : la raison des émotions »).

Pour conclure, notre intelligence est très liée à nos émotions, se couper de nos émotions, c’est se couper d’une grande partie de notre intelligence. C’est notre force, il faut donc s’en faire des alliées. Plus j’avance et plus j’ai conscience que l’on doit prendre en compte nos ressentis et nos intuitions, cela nous évite des erreurs et nous fait gagner du temps.

Comprendre le processus de l’émotion

La démarche que je vous propose est d’abord de vous apporter quelques notions théoriques sur les émotions, ensuite de vous présenter une méthode pour gérer au quotidien vos émotions, enfin de vous inviter à un travail plus profond pour qu’elles n’aient plus d’accroche et que finalement vous ne réagissiez plus émotionnellement, inlassablement sur les mêmes évènements déclencheurs.

Juste une précision, les déclencheurs ne sont pas obligatoirement externes, ils peuvent être internes. Par exemple des ruminations peuvent de la même façon déclencher des peurs (anxiétés, angoisse), des colères ou de la tristesse, et des réactions, qui suivant votre état de stress, vont pouvoir dépasser votre raisonnement.

Commençons par un peu de théorie. D’abord il faut savoir que votre cerveau émotionnel va beaucoup plus vite que votre cerveau cognitif, qui pourrait lui, tempérer les réactions émotionnelles.

J’aime beaucoup ce mot de tempérance, à lui seul il résume notre objectif de ne plus subir mais de réguler, tempérer nos réactions et nos émotions.

Le cerveau émotionnel (reptilien) a une fonction de survie, lorsque notre intégrité physique est menacée. Sauf que dans la vie de tous les jours, il est rare de se retrouver nez à nez avec un lion. Nous avons donc le temps d’analyser un évènement et de choisir en conscience la bonne réaction.

Le cerveau émotionnel étant très rapide, il est nécessaire d’être à l’écoute permanente de son ressenti afin de réagir également très vite. Le stress lié aux émotions de peur ou de colère monte de façon exponentielle et, lorsqu’on dépasse un certain seuil, c’est tout simplement physiologique, il y a une décharge d’hormones qui va venir mettre le bazar. Finalement tout ça, ce n’est que de la chimie. La noradrénaline shunte le cortex préfrontal (mis en mode survie) pour privilégier les aires corticales et sous-corticales (l’amygdale, le thalamus, l’hypothalamus…).

Voir article « Pour la Science » présentant les travaux d’Emo Hermans de l’Université de Nimègue aux Pays-Bas.

Le cortex préfrontal est le cerveau du raisonnement cognitif, de l’intelligence, de la prise de décision, du sang-froid.

A ce moment-là, vous allez être capable de dire et/ou de faire n’importe quoi, … vraiment n’importe quoi, que vous allez certainement regretter plus tard, parce que complètement irrationnel et disproportionné par rapport à la situation. Pourtant sur l’instant, pour votre cerveau dans son bain d’hormones, c’est une évidence que c’est la seule réaction possible.

En fait on peut dire que le fonctionnement du cerveau émotionnel est un peu comme un « cerveau enfantin de diverses façons […]. Il y a d’abord la pensée catégorique : les choses sont noires ou blanches, sans nuances […] il y a la pensée personnalisée, dans laquelle les évènements sont systématiquement perçus d’un point de vue personnel […] Ce mode de pensée enfantin s’auto-justifie en écartant ou en ignorant les souvenirs ou les faits qui risquent d’ébranler ses convictions et en tirant parti de ceux qui les renforcent »

«  Les actions déclenchées par l’esprit émotionnel s’accompagnent d’un sentiment de certitude particulièrement fort, sous-produit d’une perception simplifiée, économique, qui est parfois absolument déconcertante pour l’esprit rationnel. » Daniel Goleman « l’intelligence émotionnelle ».

Donc l’idée que j’avance est d’être à l’écoute de ses émotions, de sentir la montée du stress et de pouvoir désamorcer le tout avant que le seuil de stress ne soit dépassé. Facile à dire. Après c’est comme arrêter de fumer, on s’arrête plusieurs fois avant de vraiment réussir. Je vous ai parlé de la plasticité du cerveau, il va vous falloir plusieurs essais avant de créer une nouvelle autoroute neuronale, ce nouvel automatisme qui est de ressentir la montée de l’émotion et d’être capable de la stopper à temps. Donc ayez un peu d’empathie ou de bienveillance avec vous-même si vous subissez plusieurs échecs.

1ère question : est-ce que ce qui se passe est vraiment grave ?

L’un des moyens pour stopper la montée du stress est de se poser immédiatement la question, « est-ce que c’est bien important ? »

Déjà en se posant cette question, on remet dans le circuit le cerveau rationnel, qui va évaluer et donc avoir un jugement réfléchi. Le préfrontal reprend la main, on est moins dans l’émotion. On est aussi par la réponse dans une recherche de solutions.

Il y a également de petites histoires, permettant de se forger une philosophie de vie, et qui peuvent être utiles dans de tels cas pour répondre à la question « est-ce bien important ? ».

Par exemple :

« Un fermier reçoit en cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit :”Vous avez beaucoup de chance, ce n’est pas à moi que quelqu’un offrirait un aussi beau cheval blanc ! ”

Le fermier répond :” Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise chose, je ne sais pas, ce que je sais c’est qu’on a offert un cheval à mon fils … “

Plus tard le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe. “Oh quel horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément celui qui vous a offert le cheval l’a fait exprès pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! “

Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. “je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, ce que je sais c’est que mon fils s’est brisé la jambe” lance-t-il.

Là-dessus la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés sauf le fils du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit : Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance.”

Le fermier répond alors : “je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose.” »

Pourquoi devoir tirer une conclusion et dire si un évènement est une bonne ou une mauvaise chose. Si vous laissiez la question en l’état et que vous attendiez de voir les évènements suivants.

2ème question : est-ce que je suis dans la bonne émotion. Quand les émotions dysfonctionnent

Si l’on veut être à l’écoute de son ressenti, il est nécessaire d’identifier si on est dans la bonne émotion. Pour cela il est nécessaire de comprendre les dysfonctionnements émotionnels afin de s’assurer de la cohérence entre l’émotion et la situation (ou déclencheur).

Le premier dysfonctionnement est le racket, c’est-à-dire qu’une émotion se substitue à une autre, parce que c’est une émotion que l’on s’autorise par rapport à une autre qui nous a été interdite par notre histoire, notre culture. C’est pour cela que l’on va être en colère parce qu’un garçon ne doit pas avoir peur ou pleurer donc ne pourra pas exprimer de tristesse ou de peur, ou, que l’on va être triste parce qu’une petite fille ne doit pas s’énerver et exprimer sa colère, sinon on dira qu’elle est hystérique. On peut intervertir fille ou garçon dans ce paragraphe, cela dépend de l’histoire familiale.

Il est donc nécessaire de s’interroger par rapport à une situation ; est-ce que ce que je ressens est vraiment la bonne émotion ou est-ce qu’il ne s’agirait finalement pas d’une autre émotion que l’on n’a pas l’habitude d’exprimer. Pour pouvoir en faire quelque chose il est nécessaire de prendre conscience de la bonne émotion

Un autre dysfonctionnement est la collection de timbres ; On se lève le matin et là le réveil tombe, grrr, on met un timbre dans sur sa page, puis on renverse le café à côté du bol, un nouveau timbre. La voiture a du mal à démarrer, sur la route on vous fait une queue de poisson, là un gros timbre parce que vous avez eu peur, vous avez oublié votre badge pour rentrer dans votre entreprise, il faut passer au poste de garde, ouf enfin arrivé au bureau, votre chef vous accueille froidement, hop quelques timbres de plus, et là un collègue vous fait une réflexion, c’est un tout petit timbre, sauf que votre page est pleine, il n’y a plus de place pour ce nouveau timbre et là vous explosez. Toutes vos émotions, tous vos ressentis méticuleusement stockés dans votre collection se déversent sur lui. Evidemment vos collègues ne comprennent pas et plus tard dans la journée, vous vous en voulez.

L’idée pour ne pas collectionner est de nettoyer, d’éliminer au fur et à mesure. Pour cela bien sûr il faut en prendre conscience, ne pas les nier ou les mettre de côté en se disant que ça va passer, mais les laisser venir et les accueillir en conscience, et les évacuer au fur et à mesure. Si on vous fait une queue de poisson sur le coup c’est normale que vous réagissiez, parce que vous avez eu peur, mais après vous vous dites, je n’ai rien, ma voiture n’a rien, est ce je vais me pourrir la journée à cause de ce gros c…. NON, donc s’évacue.

Et vous, êtes-vous un(e) grand(e) collectionneur (neuse) de timbres ?

Enfin il y a les élastiques ou les résurgences ; lorsque le passé s’impose au présent. A force d’écouter vos émotions vous allez vous rendre compte que des mots, des réflexions, des situations vous font systématiquement réagir émotionnellement, alors qu’une autre personne ne réagira pas. Dans ce cas il y a peut-être un travail plus profond à faire, en vous faisant aider par une personne extérieure, pour identifier ce qui dans votre histoire fait écho à cette situation et de pouvoir ainsi couper l’élastique qui vous relie à ce passé et qui vient s’insérer, du fait des similitudes, dans la situation présente.

Concernant les réflexions que l’on peut vous faire, dans les trucs et astuces du petit guide de survie non politiquement correct des personnes douées et hypersensibles, lorsqu’on va vous faire une réflexion, vous allez réagir et ruminer jour et nuit pendant la semaine sur le côté injuste de ce qui vous est reproché. Pensez que la personne, qui vous a fait cette réflexion, a souvent une mémoire de poisson rouge et que 5mn après, elle ne s’en rappellera déjà plus.

Oui, c’est difficile à imaginer, parce qu’on pense que tout le monde fonctionne comme nous. Pourtant, à part vous faire du mal et vous épuiser, quelle est l’utilité de votre rumination, fait-elle du tort à la personne qui vous a offensé ou à vous-même ? N’êtes-vous pas en train de vous infliger une double peine ? Pensez au poisson rouge et laissez glisser la remarque.

J’ai mis en annexe 2 une liste de mots sentiments pour vous donner du vocabulaire émotionnel, je connais le besoin que nous avons de trouver le mot juste, j’espère qu’elle pourra vous aider à exprimer les nuances de vos ressentis.

3ème question quel est mon besoin – La communication non violente (CNV)

Une méthode pour gérer au quotidien vos émotions est d’utiliser les enseignements de la communication non violente. Ce qui est essentiel, c’est de comprendre que derrière toute émotion il y a un besoin non satisfait. Mis à part la joie qui là est plutôt un besoin satisfait.

L’idée, lorsqu’on ressent une émotion (peur, colère, tristesse, dégoût…), est de se demander quel est le besoin non satisfait. Le premier effet, en se posant cette question, est encore une fois de se décaler de la situation, de se mettre en retrait et de s’observer. Et finalement, lorsqu’on cherche à comprendre quel est le besoin, on n’est déjà plus dans l’émotion (Cerveau rationnel versus émotionnel). Pour vous aider, vous trouverez une liste de besoins fondamentaux en annexe 1.

La deuxième étape lorsqu’on a repéré le besoin non satisfait, c’est de rechercher une solution pour le satisfaire et la encore la CNV peut être une bonne alliée pour pouvoir exprimer son besoin et pour qu’il soit entendu.

La CNV est un processus précis que nous devons à Marshall B. Rosenberg

Les quatre étapes de la CNV sont l’OSBD :

  • Observation (O) : décrire la situation en termes d’observation partageable, factuelle, sans jugements, ni reproches ;
  • Sentiment (S) : exprimer les sentiments suscités dans cette situation. En commençant sa phrase par « Je » ( je me sens…)
  • Besoin (B) : clarifier le(s) besoin(s) ,
  • Demande (D) : faire une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement.

Je vous invite à lire le livre de Marshall B. Rosenberg « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la Communication Non Violente ». La méthode à prime abord paraît difficile à mettre en œuvre au quotidien dans nos communications, mais c’est comme le vélo, il faut persévérer. D’autant qu’on ne l’utilise pas en permanence, par contre elle peut être très utile dans certaines situations et elle permet à la fois ;

  • de communiquer avec l’autre d’une manière qui favorise la compréhension et l’acceptation du message, donc pour notre propos de nos besoins non satisfaits.
  • de communiquer avec soi-même pour clarifier ce qui se passe en nous (auto-empathie)

Si on allait creuser un peu plus

Pour revenir sur les résurgences ; si vous avez pu repérer des répétitions, c’est-à-dire les déclencheurs qui vont systématiquement entraîner une réaction, il peut être utile de faire un travail plus en profondeur. Même si nous avons une grande intelligence introspective, ce travail a besoin d’une tierce personne. Il faut à la fois pouvoir se dire et également être entendu dans ce que l’on dit.

Pour cela, Il faut trouver la bonne personne, n’hésitez pas à en changer si vous voyez qu’elle ne vous correspond pas. Le premier psy que j’ai été voir, pourtant psy d’une grande entreprise, ne pouvait plus rien pour moi à la deuxième séance. La suivante, psy expert auprès des tribunaux, m’a diagnostiqué borderline avant la dixième séance et puis plus rien, on tournait en rond.

Je rappelle les deux erreurs de diagnostic classiques nous concernant, on est soit borderline, soit bipolaire, cela parce que nous ne rentrons pas dans les case du DMS-V (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).

C’est normal, la douance n’est pas un trouble mental, mais il y a encore beaucoup trop de psys et de médecins du travail qui n’ont aucune idée de ce qu’est la douance et n’ayant pour seule grille que la classification du DSM, ils essayent de nous faire rentrer dans une case.

Finalement la troisième a été la bonne, psychologue et psychanalyste, elle est capable d’utiliser différentes ressources et paradigmes. Même si elle n’est pas spécialisée dans la douance, elle sait ce que c’est, et ne refuse pas cette idée.

La grille de lecture de la douance n’explique pas tout, nous avons tous notre histoire personnelle, sur laquelle on s’est construit et qui fait que chacun de nous est différent. Par contre la douance fait partie de cette histoire, l’hypersensibilité, les blessures qui en découlent, le sentiment de décalage, le rejet, dans certain cas le harcèlement… Cette grille permet aussi d’avancer dans ce travail.

Tout ce travail sur les rackets, collections de timbres et résurgences va au fur et à mesure créer vos nouvelles autoroutes cognitives et finalement vous allez vous rendre compte qu’il ne sera même plus nécessaire de gérer ces émotions, ces évènements n’auront plus de prise sur vous, plus d’impact, vous ne les ressentirez plus. Vous allez couper les élastiques,

Ce travail, quelle que soit la méthode choisie, thérapie, CNV, méditation, hypnose, coaching, pourra vous permettre également d’analyser vos propres freins, vos croyances limitantes et vos sabordages.

J’ai lu qu’une grande partie des personnes qui consultent sont douées. Pas parce qu’elles en ont plus besoin que les autres mais parce qu’elles sont plus lucides, qu’elles ont cette capacité d’introspection et de remise en question et peut-être aussi le courage d’avancer et de se relever.

Enfin je reprends le texte de Thierry Brunel dans « adultes sensibles et doués » : que ce soit dans l’enfance ou « au cours de la vie adulte, il n’est pas rare de rencontrer un ou plusieurs traumatismes, dont on n’est jamais entièrement libéré. Qu’il s’agisse d’un décès d’un proche sous ses yeux, d’un viol ou d’une tentative de viol, d’un harcèlement important, d’une agression à l’arme à feu d’un employé en colère, d’une perte financièrement tragique, d’un licenciement humiliant, l’important est la perception, le vécu que l’adolescent ou l’adulte garde de l’évènement »

« l’EMDR est une technique d’une grande efficacité pour toute personne hantée par un évènement qui revient en boucle en ruminations successives »

Abaisser son niveau de stress global pour être moins réactif.

Pour commencer, une nouvelle petite histoire :

Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s’était montré injuste envers lui :

 » Laisse-moi te raconter une histoire…

Il m’arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en éprouvent aucun regret.

Mais la haine t’épuise, et ne blesse pas ton ennemi.

C’est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure.

J’ai souvent combattu ces sentiments »
Il continua  » : C’est comme si j’avais deux loups à l’intérieur de moi ;

le premier est bon et ne me fait aucun tort.

Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser.

Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de manière juste.

Mais l’autre loup, ahhhh… ! Il est plein de colère.

La plus petite chose le précipite dans des accès de rage.

Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison.

Il n’est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses.

Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien.

Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l’intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit. »

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda

 » Lequel des deux loups l’emporte, grand-père ? »

Le grand-père sourit et répondit doucement :

« Celui que je nourris. »

Vous, que faites-vous pour nourrir votre bon loup ?

Pour ma part je suis le principe de Florence Servan-Schreiber «3 kifs par jour (et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur) », elle cite Voltaire « j’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ».

Elle explique que le bonheur ne vous tombe pas dessus, même en gagnant au loto, mais qu’il se décrète. Chaque jour vous pouvez décider que votre journée va être intéressante et positive, ou décider de râler ou de vous morfondre toute la journée. Je ne dis pas que nous ne sommes pas parfois rattrapés par des éléments extérieurs, mais si on a décidé de faire en sorte que la journée soit bonne, ces éléments extérieurs ont moins d’impact, moins d’emprise.

Le psychothérapeute Thierry Janssen indique que le bonheur est influencé à 50 % par nos chromosomes et à 10 % par les conditions extérieures (bien que la génétique soit aussi influencée par les conditions extérieures, on parle d’expression des gènes). Restent 40 % de faculté au bonheur qui nous appartient. On peut donc avoir une influence sur pratiquement la moitié de notre capacité à être heureux.

Dans c’est quoi le bonheur pour vous ? Jeanne Siaud-Facchin explique que le bonheur dans sa permanence n’existe pas, c’est une dynamique, de milliers de petits bonheurs minuscules de moments agréables qui vont fabriquer le grand bonheur extraordinaire.

On peut se créer des éléments positifs, en se faisant plaisir et faire marcher « l’ascenseur émotionnel Villani ». Tous ces plaisirs vont abaisser votre niveau de stress et donc votre réactivité émotionnelle.

La bienveillance est également un moyen, d’abord elle vous ouvre des portes, des opportunités, crée des relations apaisées et par effet miroir vous renvoie du positif.

La bienveillance fait aussi partie d’un autre type d’intelligence, l’intelligence sociale.

Pour être bienveillant envers les autres, il faut d’abord commencer par être bienveillant avec soi-même, en s’autorisant à ne pas être toujours parfait et en tordant le cou aux tyrans internes, les drivers en analyse transactionnelle (sois fort, sois parfait, fais plaisir, dépêche-toi, fais des efforts), pour nous qui sommes des amplificateur sur pattes, ses drivers sont des poisons.

La bienveillance ne veut pas dire tout accepter, mais partir d’un a priori positif et essayer de comprendre la position de l’autre.

Avec certaines personnes, vous n’arriverez pas à donner de la bienveillance, parce qu’elles sont trop négatives, qu’elles vous pompent beaucoup trop d’énergie. Ces personnes peuvent être en souffrance et n’ont pas suffisamment cheminé.

On en trouve aussi dans notre communauté. Parfois elles ne se rendent pas compte à quel point elles peuvent être réactives, exigeantes, dures, agressives et maltraitantes ou pour certaines manipulatrices. Vous n’êtes pas responsable de leur souffrance, vous n’êtes pas thérapeute, vous devez aussi vous protéger, rien ne vous oblige à dilapider votre énergie dans un puit sans fond, vous n’avez pas la vocation de Mère Teresa, dans ce cas pourquoi ne pas tout simplement les fuir.

Donner du sens à votre présence sur cette Terre, par exemple en donnant aux autres, l’altruisme fait partie de nos qualités et crée du positif dans votre vie. Trouvez votre cause, plus jeune j’ai été secouriste à la Croix-Rouge, puis plus tard écoutant à SOS Amitié, aujourd’hui j’essaie d’apporter ma contribution au travers de notre réseau. J’ai décidé de faire de ma douance quelque chose de positif.

Vous pouvez aussi créer. Mettez-vous en mouvement pour faire quelque chose dans quoi vous allez exprimer votre créativité. « L’engagement dans un processus créatif donne la sensation de vivre plus intensément. La fièvre de l’artiste devant son chevalet, celle du scientifique dans son laboratoire, sont proches du sentiment de plénitude que nous attendons de la vie et qui nous est si peu souvent offert. » Mihaly Csikszentmihaly -i La créativité : psychologie de la découverte et de l’invention.

Enfin exprimez de la gratitude pour ce que vous avez, pour les personnes ou les situations qui vous apportent quelque chose. «Les personnes qui éprouvent de la gratitude repèrent davantage les événements positifs de la vie et les retiennent plus que les personnes moins reconnaissantes», explique Rébecca Shankland, maître de conférences en psychologie clinique, à l’université de Grenoble 2 et auteur de La Psychologie positive (Dunod).

Une étude a également montré que la gratitude est un outil pour évoluer positivement au travail.

La psychologie positive est une science qui s’intéresse à ce qui rend les humains résilients, heureux, optimistes. L’idée est de s’inspirer de ces stratégies pour affronter les difficultés.

Un dernier lien : Beau, Bien, Bon, programmez votre cerveau pour le bonheur | Elisabeth GRIMAUD | TEDxRoanne

Penser de façon plus globale.

D’abord notre cerveau n’est pas tout seul, il y a un réseau de deux cents millions de neurones dans le ventre qui est directement relié à notre cerveau par l’intermédiaire du nerf vague (le deuxième cerveau). Il y en a aussi beaucoup autour de notre cœur.

Les avancées scientifiques ont montré le rôle de l’intestin, notamment pour les maladies neurodégénératives, comme Parkinson. Des améliorations notables, montrant les relations entre intestin et cerveau, ont aussi été observées sur des personnes atteintes de troubles autistiques, en changeant simplement leur microbiote (flore intestinale). Voir le livre de Dr David Perlmutter « L’intestin au secours du cerveau ».

Je pense que vous avez déjà tous expérimenté le lien entre les émotions et ce que vous pouvez ressentir dans votre ventre (vous avez peut-être déjà eu les intestins noués par le trac avant un examen). On peut penser que ce deuxième cerveau est directement lié au cerveau émotionnel, pourquoi ne pas l’utiliser pour l’influencer.

Autre piste pensez aux hormones comme l’endorphine, la sérotonine, secrétées en pratiquant de l’exercice physique (au moins trente minutes à un rythme soutenu). Vive la salle de gym et les nouveaux appareils de cardio connectés.

On a évoqué la méditation et son enseignement pour accueillir les ressentis et les émotions, les observer et les laisser passer. Elle permet aussi de travailler la respiration, très utile lorsqu’on ressent les effets du stress. Il y a des applications comme « Petit bambou » sur smartphone qui permettent de faire des méditations partout par exemple avant un entretien, une prise de parole en public… On peut aussi faire des méditations guidées ou autoguidées pour se retrouver dans un lieu qui pour nous est positif et ressentir la chaleur du soleil, le souffle d’une brise, l’amour des personnes autour de vous… L’idée encore une fois est de se créer des moments positifs.

David SERVAN-SCHREIBER parlait également de cohérence cardiaque dans « Guérir le stress, l’anxiété, la dépression sans médicaments, ni psychanalyse », il évoquait aussi le rôle des omégas 3 et des vitamines sur la régulation de la sérotonine, « l’hormone du bonheur ».

L’idée encore une fois est de prendre le sujet des émotions, de façon plus globale, en augmentant le bien-être général et en abaissant le niveau de stress, en passant par l’interconnexion entre le corps et le cerveau.

J’espère que ces quelques éléments pourront alimenter votre réflexion et vos recherches. Je suis passé trop vite sur certains, je voulais vous donner le maximum de pistes. Je vous laisse faire le travail d’aller creuser les différentes théories, concepts et techniques. Les solutions sont multiples et complémentaires. Maintenant c’est à vous de jouer, je vous souhaite le meilleur.

Les principales idées développées dans cet article :

Il faut différencier le déclencheur, l’émotion et la réaction à l’émotion. L’intelligence émotionnelle est une intelligence qui s’apprend. Notre cerveau a la capacité de créer de nouvelles connexions, c’est la plasticité neuronale, on peut donc reprogrammer nos réactions. Nous ne partons pas de zéro, car notre hypersensibilité nous permet de percevoir les émotions des autres. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions, toutes ont un rôle de protection, cette idée permet de les accueillir plus facilement. Ce serait une erreur de s’en couper car les émotions font partie de notre intelligence. Elles nous permettent de faire les bons choix et de booster la machine. Être à l’écoute de ses émotions, permet de ressentir la montée de stress et de la désamorcer avant que le seuil de stress ne soit dépassé. Il est nécessaire d’identifier si on est dans la bonne émotion, une émotion pouvant se substituer à une autre, de ne pas collectionner les timbres et de repérer les résurgences ou rackets. De petites histoires peuvent nous aider à nous décaler et prendre du recul par rapport à une situation. Derrière chaque émotion, il y a un besoin non satisfait, la CNV permet de repérer et d’exprimer ces besoins pour qu’ils soient entendus. Afin de travailler en profondeur sur les répétitions, ses propres freins, ses croyances limitantes et ses sabordages, une tierce personne est nécessaire. L’EMDR peut être utile pour traiter des traumatismes. Pensez de façon plus globale. « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ». 40 % de faculté au bonheur nous appartient. On peut se créer des éléments positifs, en se faisant plaisir et faire marcher l’ascenseur émotionnel. Pensez bienveillance, donnez du sens, exprimez de la gratitude (ocytocine). La bienveillance commence par soi-même. Tordre le cou aux tyrans internes. Augmenter le bien-être général en passant par le corps pour abaisser le niveau de stress global. Pensez à la relation entre intestin et cerveau, le microbiote, à l’endorphine et la sérotonine par le sport, la méditation de plein conscience, la respiration, le rôle des oméga 3 et des vitamines sur la régulation de la sérotonine « l’hormone du bonheur ».

Annexes : https://www.atypikoo.com/wp-content/uploads/2020/10/emotions-atypikoo-.pdf

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By Christian

Christian a découvert sa Douance à 48 ans et lancé un an plus tard, en mars 2016, avec Céline TOVAR, une initiative innovante « My Gifted Network ». Une communauté sur le thème de la douance et des diversités cognitives qui regroupe plus de 900 employé(e)s dans Airbus. Depuis la création de My Gifted Network, il a accompagné (mentoring) nombre de ses collègues venant de se découvrir dans leur douance ou se trouvant en difficulté.

25 thoughts on “Hypersensibles et doués, que faire de nos émotions ?

  • Sandrine

    Merci pour cet article.
    Je me suis reconnue sur plusieurs points et j avais intuitivement mis en place certaines des stratégies évoquées.

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  • Marina C

    Bravo et grand merci Christian pour ce partage riche et généreux.
    Ça me parle beaucoup « ressentir la vraie émotion » et la méthode du poisson rouge fonctionne à merveille pour moi 🐠💖

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  • Stephanie

    Bonjour Christian
    Merci pour cet article très intéressant et permettant de mettre des mots sur des ressentis.
    Pour canaliser nos émotions, comme tu le dis il y a le sport, la méditation…. Cela dépends de l’intérêt de chacun. Pour moi c’est la musique et le chant.

    La thérapie avec des psychologues ou psychiatre peut aider mais j’ai essayé la kinésiologie et cela a été une vraie révélation pour moi. Je me sens grandie, plus posée et réfléchie. Je n’avais jamais ressenti ce positif avec des psys auparavant.
    Cela peut-être une piste pour certains. 😉

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  • Clotilde

    Merci également. Je trouve ton analyse très très juste.

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  • Céline

    Merci,
    Votre article arrive pile au bon moment !
    🙏🙏🙏

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  • Gilles

    Merci beaucoup

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  • Sylvie

    Très bel article !
    Merci beaucoup 😊

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  • Elisabeth

    Merci Christian pour ta générosité. Toutes ces précisions vont nous permettre d’avancer (pas en aveugle). De mettre des mots et comprendre enfin ce qui ce passe en nous.

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  • Stéphanie

    Merci pour cet article, de mon côté c’est la pratique de la méditation vipassana (d’où est issu la pleine conscience) qui m’a complètement transformée. Comme si cette méditation avait permis à la plasticité de mon fonctionnement neuronal de se réguler. Travail psy évidemment aussi (car trauma) et j’ai aussi eu cette suspicion de borderline en faisant mon WAIS. Cette question m’a surprise d’ailleurs de la part de la psy, car il me semblait évident que cette « impression » était liée à mon mode de fonctionnement (intense) plutôt qu’à une réalité.

    Cependant, cela ne fait pas tout, et je reste assez facilement dirigée par mon cerveau reptilien ;), mais ton article met en lumière la baisse d’écoute de musique ces derniers mois. Il y a certainement un lien de cause à effet…Donc, play on !!

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  • Gregory

    Des mots très justes…merci

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  • Chris

    Merci Christian pour ce sujet, que je vais garder en favori et me relire en temps utiles.
    La danse me permet de canaliser ou transcender mes émotions je ne sais pas vraiment mais je sens que c’est vital pour moi, entre autre… puisque tu partages des pistes que je n’ai pas encore explorées et qui me parlent néanmoins.
    Merci encore 😉

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  • Isabelle

    Merci beaucoup à toi Christian pour ce très bon et bel article !!!🙏😊👍. A très bientôt au plaisir de te revoir, je t’embrasse, Isabelle ( une consœur toulousaine 😉).

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  • Richarbraz

    Merci pour cet article, travail intéressant.

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  • Jean-Armand

    Bonjour,
    Merci pour l’article. Cependant après l’introduction j’attendais les deux cotés « de la force », J’

  • Laurent

    Quand j’anime des ateliers Mastermind (https://laurent-derauglaudre.systeme.io/groupe-mastermind), je donne toujours une place importante aux ressentis des participants. Certains n’arrivent jamais à parler de leur ressenti, comme si ils/elles en étaient déconnectés. Au lieu de dire « je ressens cela », le propos vire très rapidement au raisonnement, au jugement même « je pense que tu… ».
    L’autre jour, quelqu’un m’a fait remarquer qu’exprimer son ressenti dérange. Or, je me sus interrogé dans cet article : « sans émotions, les leaders nous emmènent-ils à la catastrophe ? » (https://je-suis-manager.com/sans-emotions-les-leaders-nous-emmenent-ils-a-la-catastrophe/)
    Merci beaucoup pour cet article !

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  • Jean-Armand

    (mauvaise manip). J’ai, à mon avis, compris »La conscience de soi : comprendre et percevoir ses propres émotions ». Mais en ce qui concerne « La conscience sociale : comprendre et percevoir les émotions des autres », je n’ai rien vu ou rien voulu voir dans cet article. Mais là est mon problème (ou ma demande).
    Si j’ai loupé des infos dans l’article, veuillez m’excuser et m’indiquer les passages concernés
    Amicalement.
    J-A.N

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    • Christian

      Il y a deux sujets, comprendre et percevoir les émotions des autres, si on est empathique, que l’on met nos sens en éveille et qu’on est au clair avec ses propres émotions, je ne pense pas alors que cela soit difficile de ressentir et d’interpréter les émotions des autres. Après il y a comprendre le fonctionnement et la culture de l’autre, et accepter qu’il ne fonctionne pas comme nous. Cela fait partie du cheminement nécessaire pour faire de sa douance quelque chose de positif. Je l’explique lors de mes mentoring avec mes collègues dans Airbus.

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  • Virginie Rachel

    Merci pour cet article!
    Un des plus complet que j’ai pu lire sur les émotions.
    Il aborde l’essentiel et je suis très heureuse de le trouver ici.
    J’aimerais tellement que chaque personne ait conscience du beau rôle qu’elle a à jouer face à ses émotions pour être actrice de sa vie.
    Au plaisir de vous lire sur un autre sujet.

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  • LORRAINE

    Bonjour Christian!
    Merci pour ce partage, que je partage!
    🙂
    Belle synchronicité, je voulais revenir aux fondamentaux de l’expression de Soi!
    J’explore le Récit de Soi pour alléger, inspirer, éclairer celui qui se dit, comme celui à qui le texte est destiné… J’écris aussi pour moi (et au-delà!), je redeviens « vivante » après avoir cloisonné si longtemps, en sur-adaptation. Arrêter de se faire du mal, de donner notre pouvoir aux tyrans intérieurs déjà…
    S’amuser en effet, se jouer du Je !
    Merci Christian et au plaisir de vous lire!
    Lorraine Grunen-Well

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  • Lila

    Un grand grand merci. Je me réjouissais de découvrir l’interview de Cédric Villani, mais la vidéo n’est plus disponible… Sniff ! Je vais donc relire encore plus soigneusement ce que vous en dites, je vais aussi me reporter aux autres articles ou livres que je n’ai pas encore lus (Damasio fait partie de mes précieux depuis 25 ans , Servan-Schreiber et Siaud-Facchin depuis leur parution) et je verrai alors si j’ai un vrai commentaire à vous faire autre que la gratitude. Pour l’instant, il y aurait peut-être une question….

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    • Christian

      Désolé Lila pour la vidéo de Cédric Villani qui effectivement à apparemment était supprimée, vous allez pouvoir trouver une copie de moins bonne qualité en suivant le lien ci-après.

      https://www.youtube.com/watch?v=fdXginzYWPQ

      Vous avez évoqué une question ?

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  • Thibaud

    Bien le bonjour !

    Comme toujours, je viens foutre mon grain de riz dans cette affaire (Laissez les Balkany en dehors de ça.) :

    Commençons par le titre : « Hypersensibles et doués, que faire de nos émotions ? »
    L’hypersensibilité est effectivement une caractéristique qui définit les surdoués par le fait d’avoir des SENS hyperdéveloppés. Le fait d’être à moitié aveuglé par la lumière du jour peut mettre en colère, mais autrement il y n’a pas de rapport avec l’HYPEREMOTIVITE ! Les mots ont un sens, merci de les respecter.

    « Ce que je vous propose, comme dans toutes vos lectures, c’est de prendre ce qui vous correspond et de vous appuyer dessus pour avancer dans la connaissance de vous-même. » C’est ce qu’on appelle communément l’effet Barnum (https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Barnum). Je ne suis pas certain que ce soit vraiment la meilleure chose à faire dans la vie ; et encore moins ici où les gens cherchent à savoir qui ils sont.

    « On va commencer par plusieurs bonnes nouvelles pour nous, liées à l’intelligence émotionnelle :… c’est ce qu’on appelle la plasticité neuronale » La plasticité neuronale n’est pas directement liée à l’intelligence émotionnelle, mais soit, on va dire que.

    « Utiliser et gérer les émotions des autres, inspirer et influencer avec intégrité, tout en favorisant le développement, gérer les conflits » Je ressors vite fait les cours sur la manipulation que j’ai pu avoir à la fac pour faire la synthèse suivante : « La manipulation et l’influence ne diffèrent que par le fait que la première est consciente et la seconde non. » Alors, le fait de le faire « avec intégrité » (qui est une notion subjective puisqu’elle dépend de la morale de chacun) fait, en théorie, changer la finalité, mais la méthode reste la même.

    « Si l’on prend les cinq émotions de base » techniquement, il y en a une sixième, qui est la surprise. Mais n’ayant pas lu le bouquin de Goleman, je suppose au vu de ce qui est écrit ici qu’il n’y fait pas référence.

    « Donc en partant de l’idée que toutes les émotions sont bonnes,  » Les émotions ne sont pas bonnes ou mauvaises. Elles sont positives ou négatives par leur nature et leur effet sur le corps à plus ou moins long terme.

     » il est en permanence dans un yoyo émotionnel. » Ya une pathologie qui a des symptômes semblables, c’est la cyclothymie.

    « Pour ma part, peut-être l’avez-vous vous aussi expérimenté, lorsque je suis dans l’émotion, cela me donne beaucoup d’énergie et mon cerveau tourne à plein régime. Je trouve des solutions, des idées, des concepts que je n’aurais pas pu trouver autrement. » C’est principalement dû à l’adrénaline et à d’autres substances produites par le cerveau qui sont indépendantes d’une émotion en particulier.

    « Pour parler encore du lien entre émotion et intelligence, les neurosciences ont montré que les personnes dépourvues d’émotion étaient incapables de prendre les bonnes décisions  » C’est d’ailleurs pour cela que le neuromarketing et les techniques de vente se basent uniquement sur la capacité de raisonnement logique des clients afin de leur vendre des produits (Notez le sarcasme)…
    Plus sérieusement, je voudrais savoir quelles sont les « bonnes décisions » dont il est question. (Ce qui veut dire que je ne rejette pas ces études mais que j’attends de voir les conditions de passation.)

    « Commençons par un peu de théorie. D’abord il faut savoir que votre cerveau émotionnel va beaucoup plus vite que votre cerveau cognitif, qui pourrait lui, tempérer les réactions émotionnelles. »
    Ah ! Donc on part sur le mythe des deux cerveaux ? Je peux mettre quelques liens à la demande, mais il faut arrêter avec « le gauche versus le droit ».

    Autant pour moi, il apparaîtrait qu’il est question de cerveau reptilien… https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurobiologie/avez-vous-un-cerveau-reptilien-1483.php

    « Je rappelle les deux erreurs de diagnostic classiques nous concernant, on est soit borderline, soit bipolaire, cela parce que nous ne rentrons pas dans les case du DMS-V »
    Ah ? Et sur quoi est basée cette affirmation ? (https://www.les-schizophrenies.fr/definitions-et-point-de-vues/definition-officielle/article/surdoue-ou-schizophrene-une-distinction-difficile-pour-les-psychiatres)
    Et en France on ne se base pas sur le DSM pour poser un diagnostique, mais sur la CIM.

    « J’ai lu qu’une grande partie des personnes qui consultent sont douées. « … De la parole. Autrement, j’attends de voir comment on fait vivre le nombre de psys qu’on a en France avec 2.3% de 70 millions d’habitants. (Réellement, si vous avez un théorème là dessus, je suis preneur.)

    Et pour le reste… Il y a des choses pertinentes, et du blabla.

    Bref, je suis là prêt à discuter si le coeur vous en dit.

    • Christian

      Merci Thibaud pour ce feedback. Je ne commenterai pas, même si il y aurait beaucoup de chose à dire. Mais justement je n’aime pas perdre mon temps. En général je fuis les personnes qui n’apportent rien et ne fond que critiquer ceux qui essaie d’apporter leur pierre. Passez une très belle journée, Christian.

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    • Thibaud

      @mgn31 : C’est clairement dommage que tu ne veuilles pas chercher à contre-argumenter, à étayer, à justifier. C’est ce qui fait avancer le Schmilblick.

      « En général je fuis les personnes qui n’apportent rien et ne fond que critiquer ceux qui essaie d’apporter leur pierre. » Si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’il faudrait que tu sois dans une fuite perpétuelle de toi même, étant donné que j’essaye de faire évoluer ta compréhension des choses : « Il correspond donc à ma compréhension du sujet à ce jour, »

      Après, si tu veux partir dans le commentaire cinglant et le jugement de valeur, on peut s’en donner à cœur joie. Mais pour le coup, on ne serait vraiment pas constructifs.

  • Stéphanie

    Merci Christian pour ce bel article. Moi qui a été, depuis peu, diagnostiqué hypersensible douée et qui en doute encore, je me reconnais dans beaucoup d’éléments!!!
    J’ai beaucoup de mal à gérer mes émotions, dans certaines situations, ça peut même entrainer un malaise, avec parfois perte de connaissance. J’essaie de comprendre mon fonctionnement et je vais mettre en pratique tes conseils.
    Bonne soirée


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