La neurodiversité, c’est quoi ?

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La neurodiversité, c’est quoi ?

Essayons en préambule de définir ce qu’est la neurodiversité.

De façon générale et résumée, nous dirons que la neurodiversité est la diversité des cerveaux et des esprits humain.

Le terme de neurodiversité est apparu en 1998 pour la première fois. Judy Singer, sociologue américaine, est la première à l’évoquer en faisant un parallèle avec la biodiversité.

Les principales formes de neurodiversité

Autisme : Il s’agit d’un trouble neuro-développemental qui affecte les interactions sociales réciproques, la communication et le comportement à caractère restreint, répétitif et stéréoptypé.

Syndrome d’Asperger : Il s’agit d’un trouble de la famille de l’autisme ou trouble neurologique du spectre autistique. Il se manifeste par une difficulté à communiquer, à établir des rapports sociaux, à supporter le bruit ou un environnement stimulant.

TDA/H : Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Il s’agit d’un trouble neurologique qui entraîne une difficulté à contrôler son comportement et/ou à maintenir son attention pour les personnes concernées. Il est de façon générale diagnostiqué dès l’enfance et il continue à se manifester à l’âge adulte.

Dyspraxie : La dyspraxie se caractérise par la difficulté à exécuter des mouvements coordonnés alors que l’individu ne présente pas de lésions organiques qui pourraient expliquer cette difficulté.

Dyslexie : La dyslexie correspond à un trouble de la capacité à lire ou la difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit. Elle se caractérise principalement par une lenteur en langage écrit et par des confusions de sons ou de lettres. Il existe trois types de dyslexie : la dyslexie phonologique (difficulté à effectuer une correspondance entre le graphème et le phonème, la dyslexie de surface (difficulté à stocker l’image d’un mot) et la dyslexie mixte (dysfonctionnement de la voie d’assemblage et de la voie d’adressage).

Dyscalculie : La dyscalculie est aux mathématiques ce que la dyslexie est à la lecture : au lieu d’avoir de la difficulté à comprendre et à utiliser les lettres de l’alphabet, une personne dyscalculique a de la difficulté à comprendre et à utiliser les chiffres.

Dysorthographie : La dysorthographie est un trouble spécifique durable de l’écriture. Ces troubles se manifestent par une lenteur d’exécution à l’écrit, des fautes d’orthographe, de grammaire et de conjugaison, des erreurs de copies et des omissions de lettres.

Haut Potentiel Intellectuel : Le Haut Potentiel Intellectuel possède des liaisons neuronales à « haut-débit » entre certaines zones du cerveau avec une capacité de traitement des informations plus rapide.

Un schéma cérébral et comportemental différent

Plusieurs facteurs influencent communément la structuration de la pensée : âge, culture, environnement, … De façon plus exceptionnelle, la manière de penser peut également être la résultante d’une structure cérébrale différente sans que celle-ci soit assimilable à la « maladie ».

Les neuroatypiques présentent un schéma cérébral différent auquel s’ajoute généralement un schéma comportemental, lui aussi, différent.

Les différences de fonctionnement (dites atypiques, hors normes, …) ne doivent pas être envisagées comme un manque par rapport à la norme mais comme une autre manière de fonctionner, tout aussi valorisable et valorisante. Pour s’en convaincre, il suffit de scruter les contributions artistiques, scientifiques et/ou techniques des neuroatypiques. Celles-ci permettent tout autant d’appréhender la richesse de la pensée que de la production.

De plus, il n’y qu’à regarder certaines campagnes de recrutement des géants de la Silicon Valley pour se rendre compte que ces profils atypiques peuvent être recherchés et valorisés, même si globalement le monde de l’entreprise n’est pas toujours enclin à modifier ses habitudes pour intégrer ces profils à forte valeur ajoutée.

La neurodiversité a donc aussi toute sa place dans le monde du travail, comme le souligne Frédéric Vezon, fondateur d’ASPertise

Celles et ceux qui globalement pensent différemment et observent les choses sous un angle inédit sont très utiles pour identifier des failles, des manques dans une architecture systèmes.

Frédéric Vezon

Il est évident qu’un regard inédit ne peut être que pourvoyeur de solutions, surtout dans le monde de la tech.

«Lorsque l’on observe des imageries médicales de cerveaux en action pendant la résolution d’un problème, on constate chez les personnes porteuses de troubles neurobiologiques que ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui sont stimulées. Dans le cas de personnes surdouées, le nombre de connexions entre les neurones et la vitesse de ces connexions sont supérieures à la normale»

Frédéric Vezon

Pour en revenir à la notion même de neurodiversité, nous pouvons admettre que le fonctionnement de ces intelligences atypiques est différent d’un mode de penser dit « normal » et qu’aucun n’est supérieur à l’autre.

Que l’individu soit autiste, asperger, ait des troubles de l’attention ou présente une hyperactivité (TDA/TDH), qu’il soit dys (dyspraxie, dyslexie…) ou bien qu’il soit haut potentiel, il présentera une construction, un cheminement mental qui ne suit pas les mêmes étapes qu’un individu dit « normal ».

Le diagnostic du neuroatypisme

Le diagnostic du neuroatypisme demeure encore rare.

Dans les faits, ce sont seulement 10% à 15% des adultes présentant des troubles cognitifs qui sont diagnostiqués dont seulement une partie est prise en charge.

Les professionnels ne sont pas toujours bien formés à la détection et à la caractérisation de ce mode de fonctionnement.

La détection est d’autant plus difficile quand l’individu avance en âge.

Le neuroatypisme souffre encore également d’un manque de prise en compte et de reconnaissance sociétale. Il est trop souvent pris sous l’angle psychanalytique en France à l’inverse d’autres pays comme la Belgique, la Suisse ou le Canada (Québec). Néanmoins, certains textes réglementaires commencent à émerger, symboles d’une évolution (ex : loi de 2005 sur le handicap cognitif, TDAH enfant depuis 2015).

Ces avancées, certes louables, ne sont pas la panacée et les personnes concernées doivent vivre au quotidien avec une particularité à laquelle elles ne peuvent pas toujours rattacher de mots. Elles se sentent isolées, incomprises dans une société qui ne les reconnait pas totalement.

Des conditions difficiles

Du fait de leur atypisme, elles ont un accès limité aux normes sociales, présentent une hypersensibilité émotionnelle ou sensorielle.

Elles doivent faire face à des complications dans les actes simples de la vie quotidienne où une tâche simple peut devenir un vrai problème.

L’estime de soi est également affectée et les neuroatypiques qui vivent une situation qu’ils n’arrivent pas à maîtriser peuvent se dévaloriser.

Les apprentissages sont également perturbés. Il est important de rappeler que les neuroatypiques présentent trois fois plus de risques d’être en échec scolaire ou d’être touchés par le chômage ou la précarité professionnelle.

Ils sont également plus sujets au burn-out ou à la dépression, aux ruptures ou à l’instabilité affective.

Ils sont également plus concernés par les problèmes d’addiction, par les accidents, par les difficultés financières et enfin par le suicide.

Il y a, par exemple, neuf fois plus de suicides chez les autistes « Asperger » que pour le reste de la population.

Les neuroatypiques représentent donc une population en souffrance à qui on ne donne pas les moyens de mettre des mots sur les maux.

Comme évoqué ci-dessus, les neuroatypiques mettent donc en place des stratégies personnelles et parfois dangereuses pour compenser : addictions et troubles alimentaires, appui émotionnel ou matériel sur les proches, décrochage social, centres religieux ou sectaires, sur-adaptation sociale (fausse identité, épuisement) et recours à une sur-médication (antidépresseurs, …)

La (neuro)diversité, un atout à valoriser

Lorsque l’on parle de neuroatypique ou de neurotypique, nous avons tendance à appréhender les faits par modèles, par grands groupes, par grandes cases qui permettent de définir des caractères partagés ou communs.

Dans une approche holistique, il est important de partir du postulat que la neurodiversité (et la diversité au sens large) est un atout dans le monde de l’entreprise comme un enrichissement dans les relations humaines.

Les individus neuroatypiques n’ont certainement pas la même perception du monde que les neurotypiques.

Ils ne perçoivent pas les codes sociaux de la même manière. Ils peuvent avoir du mal à déchiffrer le langage corporel tel qu’interprété communément.

Et c’est indéniablement un obstacle supplémentaire à franchir.

Néanmoins, tout individu que nous sommes, neuro(a)typique affirmé ou qui s’ignore ne peut que s’enrichir des autres formes de « penser ».

Dans les entreprises, l’idée commence à faire son chemin même s’il y a encore beaucoup de blocages à lever.

Dans les relations entre individus, il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire, de pédagogie à développer pour que les gens acceptent ces différences.

L’histoire humaine semble montrer que les changements de paradigme et l’acceptation des différences sont des processus longs et difficiles à mettre en œuvre.

La neurodiversité a ceci de précieux qu’elle agrège des intelligences multiples et nous aurons raison de parier que toutes ces intelligences seront la clef d’un mieux-vivre ensemble.


Pour aller plus loin dans la thématique de la neurodiversité au travail, nous vous recommandons la série « La beauté de la neurodiversité au travail » https://emploi.handicap.fr/a-neurodiversite-travail-video-10734.php présente et sensibilise à la valorisation des compétences de tous types de travailleurs neuroatypiques. Gabrielle Blinet, l’initiatrice de cette série, elle-même autiste Asperger, a eu l’idée de ce format pour présenter plusieurs profils de personnes neuroatypiques qui prennent du plaisir dans leur quotidien professionnel.

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By Clement

5 thoughts on “La neurodiversité, c’est quoi ?

  • Lucie

    Merci Clément pour cet article. La douance peut-elle être considérée comme un handicap au sens de la loi de 2005 que vous évoquez ? Avez-vous des exemples d’entreprises qui ont adopté une démarche d’inclusion de la neurodiversité et particulièrement de la douance ? Possibilité de me répondre en MP. Merci

  • Kristell

    Bonjour Clément, ce qui m’interroge surtout c’est qu’en France le TDA/H n’est pas reconnu ou du moins pas si la personne peux vivre de manière a peu prés normale et par voie de conséquence les enfants ou adultes présentant des troubles du comportements font souvent des thérapies chez le psy. Cela provoque un stress supplémentaire car le psy ne trouve pas de dysfonctionnement dans la famille qui pourrait expliquer les difficultés et pour cause le problème est organique Pb de recapture de la dopamine dans le cerveau.

  • Prescillia

    Un grand merci pour cet article richissime et bienveillant, enclin notamment à la reconnaissance et à la compréhension des neuro-atypiques, dont je fais visiblement partie.
    La reconnaissance est un mot qui veut dire beaucoup pour des personnalités si singulières que nous et qui tendent particulièrement à se sentir incomprises et encore trop méconnues.
    Je réalise aujourd’hui la dimension dans laquelle je vis depuis toujours sans en avoir la certitude et l’importance de comprendre et de mieux faire connaître cette « dimension »… elle est source de tant de souffrances…
    J’espère de tout coeur pour toutes les personnalités atypiques et moi-même, qu’un jour le monde nous verra au grand jour comme les êtres uniques que nous sommes, et non au travers des filtres de la marginalité que la société a façonné autour de lui.

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  • Anita

    A tout bien réfléchir , je pense que ma voie est plus dans le style Amour Universel
    plus facile à atteindre pour moi , pas le plus simple pour tous
    Mais ayant plus de prédispositions et avec le constat que c’est la voie la plus ouverte pour moi
    Que celle du cas particulier où je n’excelle pas vraiment , voir j’ai le truc pour être fondamentalement seule !
    De toute façon je fini par avoir tellement de craintes , qui me conduisent à un malaise que çà pourris tout !
    Mon gouffre béant à ce niveau , ne sera que difficilement ou jamais comblé , par trop de retard affectif
    Autant que je me fasse une raison afin de ne plus rien attendre , passé , présent et avenir , ni de personne .
    Pour trop de questions sans réponse par partage réciproque souhaité en harmonie sympathique de résonance
    Qui est ma réelle attente que je ne peut légitimement ni demander ni ne reprocher à personne
    Il y a j’espère une raison dans l’absolue pour ce qui est ainsi comme une destinée , un passage obligé pour où?
    Mais dont je ne peux pas faire abstraction ni l’aveugle ! Il faut bien continuer à avancer même ainsi !
    Ma vie est loin d’être comme tout le monde et sans repère , je n’ai pas d’autre choix que de l’accepté comme telle !

    çà fait un peu bizarre de marcher sur un terrain miné dès qu’il est question de mon affectif , je ne sais pas faire
    de toutes évidences : ami , famille , amour autre ! C’est trop compliqué , je ne sais plus faire j’ai perdu le mode d’emploi , la notice !

    je suis une femme de ménage , ( du mien ) de base !

  • Nathalie

    Excellent texte! Merci de l’avoir partagé. Je partage immédiatement. Impatiente de lire ce que tu as de plus a partager.


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