À la recherche de l’idéal amoureux

L’idéal est une création de la pensée. Au plus profond de notre esprit, nous produisons un espace qui s’alimente de souvenirs, de rêves, de sentiments, d’images de publicité, de sensations. En s’unissant, ces éléments peuvent former une pensée idéale qui s’ancre et devient un moteur puissant dans notre vie. En effet, l’idéal entraîne de nombreuses actions, des découvertes scientifiques, des créations artistiques et des mouvements de révolte. Les convictions des militants politiques leur permettent de fédérer l’opinion des citoyens à l’image de Greta Thunberg, qui à l’âge de 15 ans, a protesté devant le Parlement suédois pour provoquer les politiciens à réagir face au changement climatique. Depuis, son influence a encouragé l’organisation de nombreuses manifestations dans le monde. 

L’idéal est parfois tellement élevé qu’il peut aussi entraîner l’inaction. La vision utopique de l’ordre moral de la société peut décourager ceux qui aimeraient s’engager pour mettre en pratique leurs convictions, mais la tâche est tellement ardue qu’ils préfèrent renoncer. Par peur de l’échec ou d’épuisement dans l’action, peu de citoyens choisissent de s’impliquer dans les comités d’entreprises, les conseils municipaux ou le bénévolat. 

L’humain peut s’appuyer sur sa vision de l’idéal pour construire sa vie et prendre des décisions concernant un choix d’étude, une orientation professionnelle ou sa vie amoureuse. Le sentiment amoureux nourrit le rêve et l’imaginaire des hommes et des femmes qui espèrent vivre l’intensité d’une relation avec une personne qui comblera tout leur être. Dresser une liste imaginative de critères permet d’identifier ce qui nous attire chez une personne mais peut également s’avérer trop exigeant et nous enfermer dans une quête de l’idéal inaccessible. Ce décalage entre idéal et réalité engendre une vraie insatisfaction. Les Hauts Potentiels doivent souvent éprouver ce genre de difficultés parce que leur sensibilité et leur perfectionnisme les poussent à chercher la personne qui pourra leur ressembler ou, a minima, les comprendre. Caroline Belet-Poupeney, psychologue clinicienne de l’Université de Nantes constate que les personnes HP, souvent empathiques et poussés par l’envie de plaire, ont souvent des idéaux très forts dans les deux sens de la relation. Et cela pousse certaines personnes à chercher à devenir la personne idéale en se métamorphosant. Cela génère une profonde souffrance de se retrouver en décalage entre son masque de perfection et sa vraie personnalité.  

L’idéal serait de maîtriser l’exhaustivité du sujet, mais soyons réalistes, il s’agit plutôt d’un partage de réflexions et de lectures pour accompagner les personnes qui s’interrogent sur leur détermination à trouver leur idéal amoureux. 

Découvrons ensemble comment se forme l’idéalisation, comment elle évolue et enfin comment la surmonter pour éviter une perpétuelle insatisfaction.

Origines de la formation de l’idéalisation

Florian Brenot, psychologue et psychothérapeute, formé en pédagogie perceptive et spécialisé dans l’accompagnement du HPI, nous présente certains des facteurs qui ancrent la recherche de l’idéal dans la vie amoureuse.

Le mythe du conte de fée

Il existe un formatage social relatif aux histoires d’amour qui s’instaure dès l’enfance car le système familial en est déjà imprégné. Il faut donc en avoir conscience pour pouvoir y résister et lever ce voile, mais également s’extraire des stéréotypes de genres. Ce conditionnement est néfaste pour la découverte réelle de l’autre et la construction de la relation. 

La culture populaire abreuve les individus du modèle de l’histoire d’amour parfaite en présentant la formation d’un couple héroïque confronté aux d’épreuves de patience, de force et de courage, mais rarement de communication et de remise en question qui sont pourtant la nécessité absolue pour construire une relation durable. 

Pour éviter de rester coincé dans cette illusion, il faut s’y confronter pour s’en détacher et accepter la personne telle qu’elle est et non selon le modèle formaté de ces histoires qu’on essaie de calquer sur elle.

Le modèle familial 

L’imitation des parents par les enfants, processus normal de développement, induit souvent l’imitation du modèle du couple parental, ce qui peut générer plusieurs problèmes. Cela peut provoquer la recherche du partenaire qui ressemblerait au parent aimé ou bien la tentative de reproduction ou, au contraire, l’évitement des mécanismes relationnels que les parents ont développés. 

Il est nécessaire d’analyser consciemment ce qui plaît et déplaît dans la relation de ses parents, afin de s’en détacher et pour pouvoir construire sa propre relation. En effet, l’union de deux individus conduit systématiquement à la création d’une relation unique. Par conséquent, il est impossible de reproduire exactement le fonctionnement d’un couple que l’on admire, mais il peut être source d’inspirations, sans enfermement. 

La reproduction de l’humanité 

Atypikoo Réseau Social Atypique

Dans la nature, la recherche du partenaire est parfois simplement conditionnée à la disponibilité de la même espèce sur le territoire géographique. Mais lorsque le choix s’élargit, la plupart des mammifères et des oiseaux usent de leur singularité pour attirer l’autre, à l’image des oiseaux qui déploient leur plumage dans une parade amoureuse. Cette forme de sélection a pu s’inscrire dans nos gênes, tant cette recherche du partenaire est présente dans nos cultures. Notre fonctionnement d’humain s’avère différent puisque nos besoins sociaux et cérébraux imposent des critères de recherche spécifiques à notre espèce. L’être humain s’intéresse davantage aux compétences, au statut social et au gain personnel qu’il pourrait obtenir au sein d’une relation. L’idéalisation peut, à votre insu, inclure des critères formatés qui ne correspondent pas à vos vraies aspirations mais à un accomplissement pour assurer votre sécurité intérieure. 

Le reflet de soi

Pour trouver des affinités et une sécurité affective et physique avec une personne, on cherche souvent des ressemblances avec nous-même. Cependant, il est, en général, insupportable de se confronter, en effet de miroir, à ses propres défauts. Il peut même en résulter des sentiments négatifs forts.

Des personnes vont également chercher à éviter le caractère ou le comportement négatif d’une personne, notamment un membre de sa famille. Ce réflexe de protection peut entraîner un choix sentimental par défaut.

Au contraire, d’autres personnes cherchent quelqu’un qui leur convienne au point de désirer, inconsciemment, retrouver ses valeurs et son fonctionnement à l’identique. C’est réconfortant de se sentir aimé par une personne qui vous ressemble. Cela procure évidement un sentiment rassurant lié à une impression de contrôle sur la relation. Mais, cela est évidemment illusoire, puisque deux personnes ne peuvent pas être en adéquation permanente même si leur fonctionnement semble similaire. L’idéal amoureux diffère selon les caractères et les attentes des individus, et doit rester une aspiration, une motivation à s’améliorer et à accueillir l’autre pour créer un idéal plutôt que son idéal

L’idéalisation selon Stendhal 

Stendhal s’éprend de Matilde Dembowski en 1818, il décide d’analyser le sentiment amoureux dans un traité qui aborde notamment le phénomène de la cristallisation.  

Dans le traité « De l’amour », Stendhal étaye sa théorie sur des explications parfois désuètes, caricaturales et centrées sur son point de vue d’intellectuel occidental. Il appuie son analyse sur une relation entre un amant et une femme, mais il est évident que le sujet s’étend à toutes les préférences et orientations sexuelles.  

Stendhal décrit le processus de la « naissance de l’amour » qui se déroule en sept étapes. Premièrement, la personne ressent de l’admiration, ensuite, du plaisir, suivi de l’espérance et enfin l’amour réciproque. Mais cette douce progression se heurte à une cristallisation qui provoque la naissance du doute. La personne se demande s’il n’aurait pas idéalisé l’être aimé

L’effet d’une deuxième cristallisation intervient pour semer un doute encore plus persistant pour piéger l’esprit de la personne dans un balancier, alternant entre la certitude d’être aimé ou rejeté. La personne se demande comment obtenir « la plus grande preuve d’amour possible » pour être rassuré et quitter cet état de doute qui l’empêche de profiter du bonheur présent et risque de compromettre sa relation.

Stendhal décrit le phénomène de la cristallisation de manière métaphorique :

« Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d’arbre effeuillé par l’hiver ; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d’une mésange, sont garnies d’une infinité de diamants mobiles et éblouissants ; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif. 

Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections.

[…] Ce n’est que par l’imagination que vous êtes sûr que telle perfection existe chez la femme que vous aimez. » 

Selon Stendhal, la personne, au cœur de ce processus, devient ébloui par la vision de l’être qu’il aime. Non seulement, il amplifie ses qualités mais en plus, il en découvre de nouvelles. À ce stade, il est impossible de se souvenir de l’être aimé au moment de la première rencontre, il est dorénavant perçu comme un être embelli et magnifié. Un réflexe se déclenche alors dans l’esprit de la personne. Par un mécanisme d’introspection sur ce qu’elle vient de vivre et ressentir, la personne s’interroge sur la réalité. Le doute apparaît. Aurait-elle idéalisé l’être qu’elle aime ?

Stendhal a analysé le processus de l’idéalisation amoureuse à partir d’une rencontre dans le réel. Si la naissance des sentiments au XIXème siècle n’échappait pas à l’idéalisation de l’être aimé, que peut-on dire aujourd’hui, à l’heure où un grand nombre de rencontres amoureuses se développent de manière virtuelle sur des sites de rencontre ?

La cristallisation 2.0

S’inscrire sur un site ou une application de rencontre requiert un bon esprit d’analyse et une vraie force intérieure. Les étapes qui conduisent vers l’idéalisation sont bien différentes de celles exposées dans le traité sur l’amour. Pour commencer, il faut choisir les mots et les photos les plus fidèles en adéquation avec les goûts de notre cible pour se faire remarquer par les bonnes personnes. Ensuite, il faut être intuitif et sélectionner les profils de personnes qui nous correspondent en se basant seulement sur des photos et des mots. Il faut parfois accepter l’arrêt et ou l’absence de conversation. Le doute survient pour révéler nos failles, nos peurs, et notre envie de construire une relation. Lorsque l’attirance est réciproque et que les échanges nous confirment l’envie d’une rencontre, il existe une nouvelle difficulté à surmonter : résister à l’idéalisation

Notre esprit génère automatiquement des images qui s’animent sans que l’on puisse l’en empêcher. Comme nous mettons automatiquement en scène les personnages d’un roman, nous imaginons la personne que nous nous apprêtons à découvrir IRL (in real life). Nous rêvons au premier contact, de sa voix, de son odeur, de son rire. La difficulté de ne pas idéaliser toutes ces attentes s’avère compliqué parce que le processus de la découverte virtuelle s’appuie justement sur notre capacité à détecter ce qui nous plaira chez l’autre à partir de quelques éléments que la personne a voulu dévoiler. Pour limiter l’idéalisation de la personne, on peut la rencontrer le plus rapidement possible et commencer une page blanche au moment de la rencontre. On peut se forcer à oublier les photos qui ne sont que le reflet d’un moment suspendu, les détails qui nous ont séduits et les messages qui nous ont touchés. Cela peut permettre de découvrir la personne réelle en évitant de la comparer à son double virtuel et de se laisser porter par l’instant présent

Certaines personnes refusent de vivre une éventuelle déception et préfèrent se contenter de la satisfaction des conversations néo-épistolaires pour préserver leur relation. Le décalage entre le virtuel et la réalité provoque effectivement de nombreuses déceptions. La personne est rarement celle espérée et imaginée surtout si elle ne correspond pas physiquement ou intellectuellement à celle avec qui vous échangiez, c’est ce qu’on appelle aujourd’hui un « tinder surprise », donc rassurez-vous s’il existe une expression, vous n’avez pas été seul(e) à être dupe. Également des personnes qui inventent volontairement des atouts pour vous plaire, soit il s’agit d’une personne très éprise de vous ou bien d’une personne qui joue à vous séduire.

Il suffit parfois d’un seul « date » ou parfois d’une trentaine pour rencontrer une personne avec qui la réalité est meilleure que le virtuel. Les aventuriers de l’amour continuent parfois d’idéaliser l’autre. Découvrons ensemble trois types d’idéalistes.

L’idéaliste qui se jette à l’eau

En effectuant du rangement, Emma retrouve une serviette en papier où elle a noté, des années auparavant, la liste des critères de la personne idéale. Au cours d’une soirée, elle a suivi le conseil d’une amie, férue de livres de développement personnel, et s’était laissé convaincre de noter la liste de ses souhaits.

Très idéaliste, Emma ne parvenait pas à s’épanouir dans une relation sentimentale, elle souhaitait rencontrer un homme avec qui elle pourrait partager les mêmes convictions politiques et idéologiques. Elle désirait également qu’il soit cultivé, drôle et charmant. Aucun homme ne lui convenait. Elle préférait son statut de célibataire plutôt que de céder au conformisme de la vie à deux. 

Quelques années plus tard, dorénavant en couple, en retrouvant la liste, elle s’amuse à comparer les critères. Elle ne pourrait pas cocher tous les éléments de la liste mais cela ne l’empêche pas d’aimer son compagnon et de le considérer comme son partenaire de vie. 

Emma a été attirée par cet homme et s’est laissée porter par la construction de leur relation. Avec lui, elle a arrêté de chercher à calquer l’homme sur son idéal, mais elle a progressivement découvert son véritable idéal à partir de cet homme.

Si Emma parvient à conserver l’attirance qu’elle ressent pour lui et si elle ne dresse pas l’énumération de ses imperfections ou de ses attentes déçues, elle aura réussi à dépasser l’exigence de la liste idéale qu’elle projetait sur son partenaire rêvé. Elle a choisi la construction plutôt que la passion.

Caroline Belet-Poupeney préconise de remplacer l’action de « tomber » amoureux par « monter » amoureux pour encourager les personnes à dépasser leur absence d’attirance immédiate pour prendre le temps de découvrir les qualités humaines d’une personne

L’idéaliste qui renonce

L’idéaliste qui renonce

Renoncer est un sentiment souvent négatif. Pourtant le fait de prendre une décision implique fréquemment de renoncer à d’autres options. En s’engagent dans une relation, certaines personnes peuvent craindre de renoncer à leur idéal. Ce choix les priverait de quelque chose qui pourrait se produire ultérieurement. 

On peut renoncer à son idéal parce qu’il n’existe pas ou parce qu’il est inaccessible, par exemple si l’être aimé est déjà engagé dans une relation. On peut aussi renoncer parce que l’idéal provoque trop de sentiments négatifs dans notre vie ou bien parce qu’il n’est pas socialement accepté par notre entourage.  

Par conséquent, la personne qui a renoncé peut choisir de se jeter à l’eau, de continuer d’idéaliser ou de s’engager dans une relation qui a le mérite d’être idéale du point de vue de la conformité sociale. Par peur de la solitude, de la précarité, ou par envie de fonder une famille, des personnes choisissent de partager leur vie avec un partenaire qui va combler un besoin précis. 

« J’ai rencontré mon idéale lors d’un week-end entre amis. Elle me comprenait sans que je parle, sa présence me rassurait et elle me donnait l’énergie de me dépasser. Elle a même réussi à me convaincre d’escalader un rocher alors que j’ai le vertige. Elle avait raison, le coucher de soleil en valait la peine. 

Après, j’ai pris mes distances, parce qu’elle n’est pas de confession juive. J’ai épousé une femme juive et fondé une famille avec elle. De temps en temps mon esprit s’égare à repenser à ce coucher de soleil, mais je ne regrette pas mon choix. » Raphaël 

L’idéaliste qui continue d’idéaliser

L’idéaliste qui continue d’idéaliser

Maxence, artiste et marin dans « Les demoiselles de Rochefort » de Jacques Demy, déplore de ne pas avoir trouvé son idéal féminin, pourtant il l’a cherché partout « a fait le tour du monde. De Venise à Java, de Manille à Angkor. » 

Il a peint son portrait, précisément les traits de Delphine, Catherine Deneuve. En escale à Rochefort, où elle habite, il pourrait enfin la croiser (attention, la fin va être révélée) mais le destin ne les réunit pas. Maxence refuse d’aimer une autre femme. Il est conscient qu’il doit cesser de rêver, mais il ne peut pas s’en empêcher. 

La fin du film donne de la liberté à notre imagination puisque les chemins de Maxence et Delphine les mènent tous les deux à Paris. Ils pourraient finalement s’y rencontrer et s’aimer pleinement. Mais ils pourraient également être déçus et s’éloigner. Maxence ne rencontrera peut-être jamais Delphine mais il préfère renoncer à toutes les femmes plutôt que de sacrifier son idéal.

Au XXIème siècle, Maxence aurait pu profiter de la profusion des applications et des sites de rencontres pour augmenter ses chances de trouver le profil de Delphine. Il se métamorphoserait alors en Sisyphe en enchaînant les rencontres décevantes à l’infini. Dans une frénésie d’espoir, il continuerait de sélectionner les candidates selon ses critères. Convaincu qu’aucune autre femme ne parviendra à atteindre son cœur qui est fidèlement réservé à son être idéal, il pourrait, malgré tout, décider de laisser une chance aux élues qui attisent sa curiosité. Il chercherait à combler son besoin de passion avec l’une d’entre-elles. La passion n’étant pas éternelle, il la savourerait jusqu’à son ultime épuisement avant de la chercher à nouveau avec une autre. Caroline Belet-Poupeney nomme ce zapping le « système excitation-dépression ». Concrètement, la personne éprouve la nécessité de se maintenir dans la phase de la passion amoureuse sinon elle se désintéresse spontanément de son partenaire. Cette personne ne parvient pas à se satisfaire de la phase qui suit la passion amoureuse et a besoin de rechercher une nouvelle passion.

Devenir l’idéaliste qui prend du recul

L’idéaliste qui prend du recul

Vous enchaînez et multipliez les rencontres, mais vos attentes ne sont jamais satisfaites. Pourtant des personnes provoquent une petite flamme qui vous anime mais cela ne vous suffit pas, vous êtes convaincu que votre quête de l’idéal vous mènera vers le bonheur. Vous vous êtes déjà demandé si vous étiez passé à côté de votre idéal(e) parmi toutes vos rencontres du passé ?

Le Petit Prince, au sujet de sa rose, avoue qu’il avait « pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux. » Loin de sa planète, il réalise qu’il n’aurait jamais dû partir et qu’il était « trop jeune pour savoir l’aimer. » 

Cela demande un travail introspectif et d’assourdir son orgueil pour admettre que son idéal ne l’était pas au moment où il était présent.   

Florian Brenot conseille de définir ses besoins et ses envies pour former un cadre : ce que vous n’accepterez jamais, ce qui est difficile, acceptable, désirable, et enfin nécessaire. Ainsi, l’idéal devient plus clair, mais aussi plus réalisable

Il précise également que la condition indispensable est d’accepter de vous aimer pour rencontrer des personnes qui vous correspondent. Il insiste aussi sur la nécessité d’arrêter de vous fixer des critères qui ne sont pas toujours justes. Cela augmente considérablement la probabilité de vivre la relation idéalisée et rêvée dans la mesure où l’on prend conscience que la perfection n’existe pas.

Pygmalion désire tellement trouver son idéale qu’il façonne une statue à son image. Éperdument amoureux de sa création, Galatée, il fait intervenir Aphrodite pour lui donner vie. Le mythe ne précise pas si Pygmalion continue de louer les qualités idéales de Galatée après plusieurs années de vie commune.

Avez-vous renoncé à rechercher l’idéal amoureux, l’avez-vous trouvé ou le cherchez-vous encore ? 


Présentation des 2 professionnels qui ont contribués à cet article :

Caroline Belet-Poupeney, psychologue clinicienne diplômée de l’Université de Nantes en Psychologie de l’enfant et de l’adolescent et spécialisée dans le Haut Potentiel Intellectuel.  Elle conseille l’ouvrage « Ces femmes qui aiment trop » de Robin Norwood pour les femmes qui rencontrent systématiquement le même genre d’homme pour réparer une blessure. 

Vous pouvez consulter son site : psychologue-enfant-ado-nantes.vpweb.fr


Florian Brenot, psychologue et psychothérapeute, formé en Pédagogie Perceptive, spécialisé HPI, famille, scolarité, et harcèlement.

Vous pouvez retrouver son actualité et ses conseils sur son site : florianbrenot.com


Rejoignez la communauté Atypikoo

Atypikoo est un réseau social bienveillant dédié aux rencontres amicales / amoureuses / professionnelles entre adultes (sur)doués, Hauts Potentiels, Hypersensibles, Zèbres, Aspies, Hyper-fonctionnants...
Inscription gratuite
avataravataravataravataravataravataravataravataravatar

By Delphine

Auteure et script-doctor sur des projets de films et de séries, j’ai également envie de m’évader sur d’autres sujets, notamment le développement des sentiments amoureux, et la complexité de l’attirance entre êtres humains.

11 thoughts on “À la recherche de l’idéal amoureux

  • David • Admin

    Merci beaucoup pour ce bel article Delphine !

    Pour ma part, je pense avoir trouvé l’idéal, j’en ai de la chance 🙂

    avataravataravataravatar
  • mel

    Merci pour cet article !

    avataravatar
  • Nicolas

    J’aime beaucoup l’expérience d’Emma ! Il me semble qu’elle soit la plus proche d’un certain pragmatisme… D’une certaine acceptation de la perfection de notre imperfection… Mais, il me semble qu’il manque ici dans le développement de ‘ces idéaux,’ cette notion d’alchimie qui émane, se développe et se conjugue au contact de l’autre… Pour moi, plutôt qu’un idéal, j’aurais simplement tendance à rechercher un tout qui soit simplement plus que la somme de ces (nos) deux êtres… Une compréhension mutuelle, de la tendresse, l’acceptation de nos parfaites imperfections… Mais plus que tout, il me faut cette volonté, cette dynamique mutuelle, naturelle et réciproque du vouloir construire… Et si construire se fait forcément sur les fondations de cet ici et maintenant ; fondations érigées sur le passé, sur notre passé, sur l’expérience, nos expériences et notre expérience, dans cet ici et maintenant… Construire se fait surtout dans une projection vers le futur, dans cette dynamique pour/vers ce devenir ; et ici, cette projection se doit de bâtir également cet idéal commun, ou tout du moins le contour de cet idéal commun… En d’autres termes: Une direction, ce vers quoi tendre, aller, cheminer… Route, chemin, cadre, ou idéal satisfaisant ces bâtisseurs que nous sommes… A chaque bâtisseur sa construction ! A chaque bâtisseur son idéal de construction ! A chaque bâtisseur son chemin également… Mais plus que tout une construction se devant d’être trait de liaison de la projection vers cet idéal commun, ce chemin commun, cette route, qu’il nous faut, ensemble, construire ! Sans ne jamais oublier que chacun doit pouvoir y trouver sa place….

    Merci pour ce très intéressant article !

    Nicolas

    avataravataravatar
  • Florent

    Comment fantasmer sa vie et passer a coté, l’idéalisation est l’ennemi numéro 1 du bonheur sentimentale, il empêche de vivre ce qui se présente de positif et nous fait choisir des partenaires nocifs car les seules personnes qui peuvent répondre a un idéal sont des menteurs manipulateurs qui exploitent ce biais.
    C’est très bien pour être poète dépressif il ne trouvera pas l’amour sera malheureux toute sa vie mais écrira le spleen avec panache🤣

    avataravataravataravatar
  • Pénélope

    Je n’ai pas d’idéal mais je dois idéaliser l’amour… ou juste espérer croiser un homme sincère et vrai…

    avataravataravataravatar
    • Florent

      y en a, mais ils ne sont pas majoritaire, comme les femmes d’ailleurs.

      avataravatar
  • Anne

    Merci Delphine pour cet article ☺️

    avatar
  • Jessica

    Merci pour cet article…. defois cest culpabilisant cette recherche d d’idéal car on sait aussi quon est pas parfait…
    Mais ayant vécu pas mal de temps avec des neurotypiques cetait trop dur pour moi dans le quotidien a supporter et toujours tout porter sur les épaules cetait toujours la faute de ma douane toujours a moi de faire les efforts et c’était épuisant….

    avatar
  • Sabrina

    Bravo pour cet article très bien mené ! Quelle belle analyse ! Merci pour ces éclaircissements.

    avataravatar
  • René

    J’ai lu cet article avec intérêt, je connaissais la cristallisation qu’évoque Stendhal – De l’Amour.
    L’idéal amoureux, en outre, donne un aperçu du concept platonicien de la beauté, et de l’amour, qui, comme l’on sait, a été recyclé par le christianisme, pour définir la quête d’un royaume supposé quelque part dans le ciel, une sorte de paradis retrouvé dans une autre vie…
    J’ai par contre la certitude que l’idéalisation amoureuse, peut conduire à l’obsession amoureuse, et c’est très négatif sur le plan de la relation si elle peut advenir dans le réel, et non plus restée dans le fantasme.
    J’ai publié sur mon blog un petit article que j’ai nommé Des affaires de cœur ❣ je porte un regard froid sur ces choses autour du partage amoureux, parce qu’il s’agit bien d’un partage, sans omettre le rappel de cette puissance mythique, que les grecs ont appelé Eros.

    ➡️https://wp.me/s8iHka-amour

  • Sebastien

    L’idéalisme (ou autre perfectionnisme) enlève le droit aux défauts de l’autre. Dès lors plus d’humanité, juste la recherche d’une machine. Et si le partenaire de demain était un cyborg ?

    J’espère bien qu’on laissera toujours à l’Homme ses imperfections.


Laisser un commentaire

5 raisons pour vous donner envie de méditer

5 raisons pour vous donner envie de méditer

La simplicité de la méditation est déconcertante, il suffirait d’y consacrer dix minutes par jour pour profiter des effets sur le long terme. Pourtant, il existe une situation paradoxale concernant cette pratique : nous entendons vanter ses bienfaits à longueur d’années mais nous la repoussons sans cesse. Vous avez songé à méditer mais vous n’avez jamais essayé ?

Trop intelligent pour être heureux ?!

En vous inscrivant sur Atypikoo, vous pourrez rejoindre une communauté bienveillante afin d'échanger avec d'autres atypiques qui vous ressemblent et vous comprennent. Alors ne soyez pas trop intelligent pour être heureux et rejoignez la communauté !

Rejoignez la communauté Atypikoo

Atypikoo est un réseau social bienveillant dédié aux rencontres amicales / amoureuses / professionnelles entre adultes (sur)doués, Hauts Potentiels, Hypersensibles, Zèbres, Aspies, Hyper-fonctionnants...
Inscription gratuite
close-link

« Ce site est indéniablement différent des autres et pour cause, il propose aux Zèbres, Hypers sensibles, Hypers Empathiques, HPI non détectés et autres êtres en douance ou surdouance de se retrouver, d’échanger et de partager voire de se remonter le moral. »

« Atypikoo c’est un lieu de partage, d’échanges, entre personnes atypiques ou qui se sentent comme telles. Et puis, si l’alchimie se fait, on peut y trouver des amis, ou plus si affinités. Ce n’est pas un site de rencontres. C’est un site où on peut faire de vraies rencontres. »

« J’ai trouvé sur Atypikoo des personnes partageant le même mode de fonctionnement et avec plus d’expérience que moi. Cela m’a permis de mieux me comprendre, de me sentir moins seul et d’avancer plus vite. »

« Ce site m’a permise de trouver enfin une communauté avec qui échanger. J’y trouve de l’écoute, du respect, de l’entre-aide et cette bienveillance me fait du beaucoup de bien. »

 
Voir + de témoignages
close-link