Perception de la réalité

Notre cerveau, bien protégé dans notre boîte crânienne, nous permet d’observer la vie à travers lui. En tout temps, il doit tenter de comprendre la réalité qui nous entoure. Vient alors à la rescousse nos processus cognitifs qui captent, trient, organisent et donnent du sens à nos expériences quotidiennes. C’est à travers cette interprétation cognitive de notre cerveau, que nous concevons l’ensemble de notre vie. Malheureusement, ces processus ne sont pas parfaits et de nombreuses erreurs arrivent naturellement, sans que nous nous en rendions compte. Car, un peu comme un ordinateur, chaque cerveau à ses propres programmes, dossiers et informations enregistrées. Et ce qu’il y a sur leur disque dur, est bien différent d’un cerveau à l’autre. Il y a aussi parfois des bugs de la vie et des virus qui se sont glissés. Tout dépend des informations que notre cerveau a captées depuis sa tendre enfance. Est-ce de bonnes informations crédibles et bienveillantes, ou des données périmées et erronées ? Avons-nous laissé les autres nous imprégner de leurs perceptions plus ou moins fiables ?

Croyez-vous que votre cerveau a appris à bien penser ?

Alors quelles lunettes portez-vous face à la vie ? Sur quelles perceptions basez-vous vos choix, vos comportements, vos relations sociales, vos aspirations, vos croyances… vos émotions ? Vos perceptions sont-elles réalistes, négatives, positives, illusoires, rigides, bornées ou ouvertes d’esprit ? Selon vous, la vie permet-elle de faire tout ce que nous souhaitons ? Avons-nous un destin préprogrammé, ou à l’inverse le libre arbitre ? Avons-nous peu ou beaucoup de contrôle sur les évènements de notre vie ? Voyez-vous le verre à moitié vide ou à moitié plein ? La vie est-elle dangereuse et anxiogène à vos yeux, ou plutôt agréable et passionnante? Les gens sont-ils majoritairement bons ou mauvais ? Selon vous, pourquoi vit-on ? Pour réussir au niveau de la carrière, pour faire de l’argent, pour être populaire, pour apprendre… ou pour être heureux ?

Selon vos réponses à ces questions, vos perceptions construiront votre vie. Si vos lunettes de la vie sont anxiogènes et voient du danger partout, ou que les gens sont tous des profiteurs, votre vie risque d’être le reflet de cette vision. De même que la qualité de vos relations sociales. Si vous portez des lunettes de licornes, et que tout est rose, magique et beau, peut-être vivez-vous sur une autre planète que la mienne. Et pour quelqu’un qui porte des lunettes optimistes, faire voir le verre à moitié plein, lorsque l’autre le voit toujours à moitié vide, est presque impossible. Car pour changer nos perceptions, encore faut-il accepter de le faire en premier. Ensuite, nous devons faire des efforts phénoménaux pour y arriver. Car changer « notre programmation cérébrale » est toute une aventure. Nous sommes les seuls à avoir du contrôle sur notre cervelle pensante. Mais cela, bien des gens ne le savent pas. Et entraîner notre cerveau à bien réfléchir demande du temps, des connaissances, de l’énergie, des efforts et une grande ouverture d’esprit. Ce que peu font consciemment et volontairement.

Alors comment percevez-vous les choses? Avez-vous uniquement de bonnes données enregistrées dans votre tête? Votre façon de réfléchir déterminera la qualité de votre vie… ou à l’inverse, de ses souffrances. Les opportunités ou les malchances. Tout part de votre cerveau et de comment vous pensez. C’est lui qui projette le film de votre vie ! Vous croyez que votre perception est juste et que c’est la réalité ? Que vos croyances, vos valeurs, votre façon de vivre sont les bonnes ? Détrompez-vous : il y a plus de sept milliards d’êtres humains sur la Terre. Il a donc plus de sept milliards de perceptions différentes. Et bizarrement, la plupart des gens pensent avoir la bonne ! 

Alors, quelle perception de la réalité avez-vous ? Quelles lunettes portez-vous pour regarder le monde ? Car vos perceptions sont votre réalité. Mais comprenez que ce n’est pas du tout celles des autres. Et que des perceptions peuvent constamment être modifiées. Votre réalité des années passées n'est plus celle d’aujourd’hui. Enfin, si vous avez cheminé.

Les distorsions de notre cerveau

Les distorsions cognitives sont des déformations de la pensée. Elles nous amènent des perceptions déformées de la réalité. Elles nous font mal réfléchir, nous poussent à douter, voire même à entretenir des visions carrément fausses, qui font naître des émotions désagréables et nous rendent malheureux. En plus de déterminer comment on voit la vie, quelle image nous avons de nous-mêmes et des autres, nos perceptions déterminent nos comportements, mais aussi directement nos émotions. Alors si elles sont distordues, illusoires, bornées, violentes ou anxieuses, elles peuvent grandement nous blesser et nous empêcher d’avancer. Et lorsque qu’elles sont dans ces états, nos distorsions dominent et envahissent notre vie, sans même qu’on s’en rende compte. 

Apprendre à bien penser

En psychologie, l’approche cognitivo-comportementale se base sur l’idée que nous pouvons apprendre à « programmer notre cerveau ». Apprendre à penser de façon constructive, réaliste, efficace et surtout heureuse. Les mauvaises perceptions, croyances et rigidités cognitives, apportent plusieurs de nos défis dans la vie en général. Plus nous enrichissons notre cerveau par des connaissances, une ouverture à de nouvelles approches, à développer des stratégies et à avoir des pensées efficaces, plus nos émotions seront calmes, heureuses et bénéfiques. Plus nos choix et actions seront fonctionnels et avantageux. Plus nous verrons les choses  sans déformation, sans illusion et sans jugement.

La plupart des gens ne savent pas qu’ils peuvent apprendre à mieux réfléchir, et qu’ils ont du pouvoir sur leur cerveau. Beaucoup pensent avoir raison, et sont totalement persuadés que leur vision du monde est la bonne. Vous comprenez que ceux et celles qui ont des perceptions mentales, dignes de drames des plus tristes, ou de réflexions chaotiques, auront une vie bien compliquée. Modifier tout ça et apprendre à utiliser notre cerveau efficacement est possible. Cela dit, c’est un entraînement exigeant et à long terme. Comme n’importe quel autre apprentissage, nous devons y mettre du temps, des efforts et de l’énergie. Il faut accepter que notre cerveau ait besoin d’un petit ménage neuronal de temps en temps, et que des bugs se soient assurément glissés. Et je vous imagine déjà, pensant à des personnes qui devraient entamer cette démarche selon vous. Mais sachez ceci : tout le monde, sans exception, ont des distorsions cognitives! Vous n’y échappez pas. 

Notre vie est en fait toujours le résultat de comment nous pensons. Alors mieux vaut apprendre à utiliser notre cervelle de la bonne façon !

Chaque fois que nous remettons en question nos distorsions cognitives, nous nous donnons la chance d’augmenter notre bonheur au quotidien. Nos pensées forment nos croyances, nos valeurs et dirigent même nos actions. Elles nourrissent l’estime de soi et la confiance : leur importance est donc phénoménale !

Voici quelques raisons qui expliquent pourquoi il est plus facile de rester dans nos distorsions cognitives, que d’apprendre à bien penser. 

  • Il est plus facile de se décourager, que de trouver l’énergie et la volonté de faire face aux défis et aux difficultés. Il semble que se laisser souffrir, est plus facile que de se mettre en action pour changer et guérir.
  • L’être humain cherche naturellement à satisfaire rapidement ses désirs, plutôt qu’à attendre des avantages à long terme. Plusieurs préfèrent se donner l’impression d’avoir raison aujourd’hui, que de s’ouvrir à la possibilité d’avoir tort. Ainsi, devoir découvrir tout ce qu’ils ne savent pas, assumer leurs erreurs passées, pour éventuellement dans l’avenir, avoir une vision plus juste et équilibrée des choses. C’est difficile pour l’égo d’admettre ses torts. 
  • Lorsque nous sommes frustrés, souffrants ou que nous vivons des émotions désagréables, nous avons tendance à nous rebeller, à éviter, à ignorer ou à nous refermer sur nous-mêmes, plutôt qu’à nous ouvrir et à rechercher des solutions. Bouder la situation ou faire comme si elle n’existait pas, est toujours moins énergivore que d’y faire face. Disons à court terme. Car à long terme, c’est plutôt l’inverse ! Ce que nous ne réglons pas aujourd’hui, reviendra éventuellement nous hanter dans l’avenir. Et alors, nous nous comporterons comme des victimes de la vie : mais pourquoi est-ce que la vie est si difficile avec moi ?!
  • Croyant que notre perception de la vie est très juste, et que nous ne voulons pas la remettre en question, malgré les sept milliards de perceptions différentes sur cette planète, nous avons tendance à constamment confirmer nos croyances, plutôt qu’à les réfuter. Pour les curieux qui veulent aller plus loin dans la réflexion, je vous invite à vous renseigner sur le biais cognitif de la confirmation
  • Il est plus facile de conserver nos perceptions, même lorsqu’elles sont fausses, que de les modifier. Bref, il est plus difficile de corriger nos erreurs de pensée, que d’obliger notre cerveau à réfléchir différemment. Car à chaque nouvel apprentissage, notre cerveau doit se réorganiser au niveau cérébral. 

 

Eh oui, notre cerveau peut faire son enfant et bouder lorsqu’on lui pointe ses erreurs. Il n’aime pas devoir faire le ménage de ses neurones, et dépenser de l’énergie qu’il pourrait garder pour faire autre chose. Il préfère souvent s’entêter à vouloir avoir raison dans ses illusions. Notre égo et notre fierté sont aussi de la partie. Mais une fois que nous prenons conscience de ce fait, nous pouvons choisir de bien programmer notre cerveau et finalement, apprendre à penser efficacement. 

Alors, quel type de film votre cerveau vous projette-t-il de la vie ? En espérant qu’il vous soit agréable. Mais si ce n’est pas le cas, pourquoi ne pas devenir vous-même votre propre réalisateur ! 

 

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Votre enfant montre des signes de douance ? Alors ce livre est pour vous ! Est-ce que votre enfant s’ennuie en classe ? Son désintérêt se manifeste-t-il par un manque de participation, voire des troubles du comportement ? Autodidacte, il préfère apprendre mille et une choses par ses propres moyens ? Ou, au contraire, s’agit-il de l’élève modèle qui collectionne les trophées et les 100%, et est incapable de composer avec l’échec ? Dans ce livre, vous aurez l’occasion de voir plus loin que le cliché du petit génie à lunettes !

Publié par Rachel

Auteure et propriétaire du site le Centre Hapax, dédié aux besoins des enfants et des adolescents. Rachel a écrit des livres sur l'autisme et sur la douance dans la collection la boîte à outils des éditions de Mortagne. À travers ses livres, ses articles et son blog, elle prône la beauté de la neurodiversité humaine.
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1 commentaires sur Notre perception de la réalité est-elle fiable ?