Se découvrir HPI sur le tard : comprendre, accepter, avancer
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Haut Potentiel

Se découvrir HPI sur le tard : comprendre, accepter, avancer

Cam @Marine_BA
23 juin 2024
12 min

Être haut potentiel intellectuel (HPI) sans le savoir est quelque chose de courant, et nombreux sont les adultes qui se découvrent sur le tard. Lorsqu'on n'a pas été « enfant surdoué », on peut parfois avoir du mal à digérer cette nouvelle identité, et ce nouveau regard porté sur le monde. Zoom sur ces adultes HPI qui se sont découverts tardivement.

Être HPI… Et ne pas le savoir

Une idée reçue courante est que les personnes qui présentent une intelligence plus élevée que la moyenne en sont conscientes. En réalité, beaucoup de personnes présentant un haut potentiel intellectuel (HPI) ignorent tout de leurs fonctionnements particuliers. Beaucoup doutent aussi d'eux-mêmes et pourront remettre en cause leur intelligence, même après avoir été détecté !

Il faut dire que les représentations populaires des « surdoués », comme on les appelait encore récemment, n'aident pas à se faire une idée juste. Ils sont souvent présentés comme des petits génies, aux connaissances tentaculaires, capables de résoudre tous les problèmes qui s'offrent à eux. Mais quand on est HPI en échec scolaire, qu'on pratique un métier non intellectuel ou quand on a l'impression d'être à l'écart, il peut être difficile de se rendre compte de sa particularité.

Pourtant, 2 % de la population possède ces capacités « hors-normes ». Le quotient intellectuel (QI), c'est en effet avant tout une affaire de moyenne. Et l'intelligence est quelque chose de multiple. Cela veut dire qu'on peut très bien être nul en mathématiques et HPI. À l'inverse, on peut avoir une maîtrise de la langue exceptionnelle… Mais être dans la moyenne, voire en dessous quand il s'agit de résoudre des puzzles visuels.

C'est par ailleurs souvent le cas chez les personnes qui sont autistes ou qui présentent un TDAH, et qui ont en plus un HPI associé. Leur haut potentiel masque leurs difficultés, qui sont pourtant bien présentes. Résultat : on ne voit parfois ni l'atypie de fonctionnement, ni le HPI. C'est pourquoi la détection est souvent un choc pour les personnes concernées. « Moi, intelligent.e ? Mais comment est-ce possible ? »

Les conséquences d'une reconnaissance tardive du HPI

Les conséquences d'une reconnaissance tardive du HPI ne se résument par ailleurs pas à de la confusion et des doutes. Pour les personnes qui fonctionnent différemment, le décalage peut être source d'une souffrance marquée. Voire, les HPI peuvent se convaincre qu'ils sont plus bêtes que la moyenne !

Les études ne sont pas toujou

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Publié par Cam @Marine_BA

Journaliste HPI/TSA à la recherche du mot juste et d'un monde plus ouvert à la différence. Créatrice du podcast Bande d'Autistes !

50 commentaires sur Se découvrir HPI sur le tard : comprendre, accepter, avancer

Nicolas
il y a 2 ans
J'adore tes articles Cam .
On pourrait aller plus loin dans les conséquences également de l'après identification sur le tard . Des remous oui , des questionnements sur le passé oui , mais en terme de conséquences sur le présent il y a souvent du chamboulement.
Marina C
il y a 2 ans
C'est comme un bol d'air après une vie en apnée 😏
Paul
il y a 2 ans
"D'ici un an, vous vous féliciterez d'avoir commencé aujourd'hui." 😃
~Karen LAMB

En complément sur l'intérêt d'une détection même tardive, je vous partage le chemin en 4 étapes proposé par Sharon LIND (1999) sur les besoins émotionnels de l'adulte doué - qui met en perspective les 4 Étançons de l'Identité (Andrew MAHONEY 1998):
1_ CONFIRMATION (d'où l'intérêt d'un test)
2_ AFFIRMATION (trouver des soutiens, s'affranchir du jugement éventuel de proches)
3_ AFFILIATION (d'où l'intérêt "d'en rencontrer d'autres" pour mieux cerner ses atypismes en miroir, et polir leurs aspérités)
4_ APPARTENANCE (développer son "Ikigai" pour vivre une vie pleine)

https://web.archive.org/web/20131208170323/https://www.spherick.net/spip.php?article407
Guillaume
il y a 2 ans · Modifié
Merci pour cet article, Cam ! J'ai moi même connu une prise de conscience tardive à 39 ans, après avoir été dans le déni de ma différence pendant tout ce temps, et tes mots résonnent fortement en moi.
Pourquoi un tel déni ? Parce que ça aurait abattu toute ma construction mentale de "je suis comme les autres, je suis normal, j'appartiens à un groupe". Pas facile de se réveiller un jour en prenant conscience qu'on est en pleine dissonance cognitive et qu'on a vécu toute sa vie en n'étant pas soi par peur d'être différent, alors qu'on l'est de façon structurelle.
Il faut alors se réinventer ou plutôt refaire connaissance avec soi-même, et je recommande chaudement la lecture de Dabrowski sur la désintégration positive, qui m'a beaucoup aidé au cours de cette transition, et aussi de discuter et rencontrer des atypiques qui sont passés par là (merci Atypikoo <3) pour parler du sujet avec des tiers qui peuvent comprendre et partager leur propre expérience (on est déjà au bon endroit ici). Le choix suivant n'est pas aisé, car se débarrasser de son faux-self crée un changement qui peut être parfois radical pour les proches si on ne leur explique pas un minimum (pas forcément la peine de parler de HPI et de faux-self si l'audience n'est pas éduquée sur le sujet dans un premier temps, on peut simplement dire qu'on a trouvé une voie plus harmonieuse et qu'on veut changer, comme pour le fruit de n'importe quelle introspection), ce n'est pas aisé car ce changement potentiellement important induira probablement du rejet (car en redevenant soi-même, on devient atypique plus ouvertement), mais c'est presque une question de survie pour retrouver sa santé mentale. On pourrait être tenté de garder ce faux-self dans un coin car l'hyper-adaptabilité permet effectivement de se tirer de n'importe quelle situation et d'être intégré, mais si c'est au prix de tolérer ce qui nous blesse, ça n'en vaut pas la peine à long terme et on vit bien mieux quand on est aligné avec ses véritables valeurs et envies (et là, c'est aussi tout un travail pour les identifier).
Personnellement, les conséquences concrètes immédiates de la prise de conscience ont été d'arrêter de manager des humains (ô combien passionnant, mais comment bien se comprendre quand il y a tant de décalage ?) pour me concentrer sur les activités stratégiques, et j'ai rompu avec ma compagne de l'époque... Malgré tous les remous que cela a occasionné dans ma vie, 3 ans plus tard les conséquences positives de ce réalignement mental compensent largement et c'est sûrement la meilleure chose qui me soit arrivée :) Chamboulement, mais soulagement pour reprendre les mots de Simpson un peu plus tôt.

Je plussoie donc sur tout cet article, encore merci ! Mon seul bémol serait sur le fait de révéler son atypisme à un entourage typique.
Autant TSA, TDA, TDI, dys sont assez bien accueillis et compris car la culture collective inculque depuis longtemps que ça induits des difficultés pour celles et ceux qui présentent ces profils, autant dire qu'on est HPI ou THPI au travail est un risque potentiel d'attirer plus d'ennuis qu'autre chose car si votre entourage professionnel est suffisamment nombreux (ou juste bête) il y aura statistiquement une ou des personnes à l'esprit étriqué qui penseront des choses du genre "puisqu'il est si intelligent, il n'a qu'à...", et ne se priveront pas de parler dans votre dos et causer tout un tas de problèmes aussi mesquins que délétères. Je pense que les choses évoluent et que ça devient de plus en plus facile d'en parler, grâce à la série HPI qui - aussi grossièrement caricaturale soit-elle - à le bénéfice de montrer au public qu'avoir un cerveau qui carbure mieux que la moyenne implique aussi son lot de complications, mais ça reste toujours délicat et j'engage les lecteurs à bien se poser la question de l'impact de cette révélation sur ses collègues avant de passer à l'acte.
Au final je dirais qu'avec ses proches ça peut-être dur ou facile en fonction de leur ouverture d'esprit (et de leur propre atypisme ^^), mais si vous tenez à eux c'est important qu'ils vous connaissent pleinement, donc je recommande d'entreprendre ce travail au moins avec ceux qui comptent pour vous. Dans le monde professionnel, c'est à vous de voir si vous êtes en confiance ou pas, mais si c'est pour régler une situation conflictuelle, c'est un argument qui pourrait avoir l'effet inverse de celui souhaité.
Liednaè
il y a 2 ans · Modifié
Mille mercis de la simplicité de l'article, et si je ne rencontre pas des personnes amicalement ou amoureusement ici, vos partages me font du bien. 51 ans, reprises d'études et encore tellement sans de décalages. Mes changements et mes envies me fatiguent, et vivement l'Ikigaï pour sortir de la fatigue mentale, encore plus angoissée par l'avenir de ce pays où exclusion et ostracisation risquent de devenir un quotidien encore plus malsain que ce néoliberalisme , qui a déjà bien planté le cadre... d'ailleurs, on n'en parle pas ici? Que le vote sera decisif? Que nous avons des pervers qui installent des fous? Je fais campagne pour la NUP, et vous? Je crois à l'intelligence collective, à l'amour et à l'union. Nous avons les moyens de persuader, d'impliquer, de nous prendre en main différemment, De rompre avec l'oligarchie. Du moins, de rompre avec cette degueulasserie de Paraud, d'Hanouna, comme certains disent dans le quantique, l'alignement, les valeurs partagées et en égrégore national. Ne laissons pas cette chance passée, celle du vivant, de la solidarité, de l'écologie. Celle de la non discrimination, il s'agit de nous, de vous, de nos aîné es, nos enfants, nos avenirs. Ne gâchons pas notre puissance.
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