@sylph
J'ai 3 enfants, le premier a été diagnostiqué à l'âge de 8 ans, à l'époque (il a 31 ans) on ne parlait pas d'hérédité, mais j'ai toujours pensé que cela venait de son père.

J'ai eu une adolescence mouvementée, ou j'étais très timide mais en même temps besoin de frôler les limites. J'expliquais par la suite, à l'âge adulte à un psy que je devais rouler à 200km/h sinon je tombais (c'est une image bien sur), en fait, j'avais besoin de vivre très intensément sinon je mourrais, c'était ça en quelque sorte.

Après m'être mariée, j'ai eu comme tout le monde une vie rangée, heureuse certes, mais routinière et je suis tombée en dépression, qui aura duré 20 ans et qui c'est soldé par un divorce.

Quelques années après, j'avais 52 ans et suite à une très longue période d'insomnies insupportables, je suis allée consulter, et c'est là que mon médecin m'a parlé du haut potentiel. Sur le coup, je l'ai pris pour un fou, moi qui m'étais toujours considéré comme nulle, "pas comme les autres", qui avait décroché une licence au forceps, qui n'ait jamais aimé l'école ou la fac, n'y trouvant pas d'intérêt, rasoir à souhait, moi que les psys avaient diagnostiqué "bipolaire", qui ait bouffé des antideps à gogo, et qui, du coup, se pensait folle... On m'annonçait ce potentiel. Evidemment, il a fallu que je sache, que j'aille consulter un psy spécialisé pour être sure et ne pas me faire bercer d'illusions. Le verdict étant tombé, il fallait que je digère tout ça et refasse mon histoire sous ce nouveau prisme...

Effectivement, je rejoins cette analyse dans le fait d'une suradaptation, ayant toujours été convaincue que c'était moi qui clochait, je me suis évertuée pendant ces longues années à "faire comme les autres", à me dire que je devais ressembler à ces femmes "normales", à penser comme elles, à accepter leurs sujets de discussions, que c'était ça la norme. C'est ce qui m'a fait plonger en dépression, car à l'intérieur je souffrais le martyre de cette normalité qui ne me correspondait pas.

Depuis, j'apprends à accepter ma différence et à vivre comme je suis, et ça va beaucoup mieux ! ;-)