alhorman
4 janv. 2025 à 13:01 · Modifié
Avant de commencer à écrire ce post, je tiens à signaler que je l'écris de façon encore plus spontanée qu'à l'accoutumée.

Il s'agit également d'un titre un peu provocateur, je l'admets. Il vient d'une vidéo sur laquelle je viens de tomber sur YouTube et qui m'a intrigué.

Elle m'intrigue car elle sort du circuit de pensée auquel je suis habitué jusqu'à maintenant sur le recueil de vidéos et de livres que j'ai regardés et lus sur le sujet.

La vidéo s'intitule "HPI : un diagnostic bidon au service des bourgeois ? (analyse sociologique et témoignage)", voici le lien de cette vidéo :



La vidéo fait à peu près 50 minutes et elle part d'un constat assez simple : l'auteur de la vidéo fait une dépression et va voir un thérapeute.

Le thérapeute lui indique que sa dépression peut être liée à un haut potentiel intellectuel et c'est de ce postulat que sa vidéo commence.

Il explique comment la dépression lui est tombée dessus, je vous laisse regarder la vidéo si ça vous intéresse.

Cette vidéo, lors de son développement, confirme ce postulat : la conception du "haut potentiel intellectuel" est un truc de bourgeois, via le pouvoir de l'argent ou de "bobo", soit d'intellectuels ou d'artistes qui possèdent eux la primauté de la culture et de la connaissance, le pouvoir culturel.

Pour résumer, le diagnostic "HPI" serait une construction sociologique plus qu'une construction anthropologique et liée à la génétique.

La construction de l'argumentaire est intéressante, quoique très académique, car elle se base sur des statistiques incontestables : une majorité des "HPI" détectés le seraient dans les catégories socio-professionnelles à hauteur de 60 % pour les cadres et les cadres supérieurs contre près de 3 % dans les catégories socio-économiques dites inférieures comme les ouvriers et les employés.

Il pousse son argumentaire en prenant une autorité intellectuelle en la personne de Bourdieu, que je respecte pour son œuvre, qui confirme cet aspect en mentionnant la nécessité de la reconnaissance d'un individu par la société et ses pairs.

La vidéo se conclut par un témoignage de Franck Gastambide, lui-même détecté "HPI". Il appuie son argumentaire en indiquant que Gastambide appartenait à une catégorie socio-économique défavorisée et que son impérieux besoin d'être reconnu par ses pairs est passé par le diagnostic de "HPI" posé par des professionnels reconnus du corps médical.

Le témoignage montre d'ailleurs Gastambide parlant de ce qui semble correspondre à une dyslexie et une dysorthographie. Il aurait ce que certains appellent une "twice exception", soit une double exception. Il a compensé ce handicap cognitif par des capacités globales au-dessus de la moyenne. Il le reconnaît d'ailleurs à demi-mot pour expliquer pourquoi il a réussi à percer.

Concernant l'auteur, il conclut en indiquant qu'il a "refusé" le diagnostic car il ne se reconnaissait pas dedans, car c'est un truc de bourgeois et de bobo et que dans ce cadre, l'intérêt est ailleurs, dans la prise en charge des troubles anxieux ou encore de la dépression qu'il a développée.

Mon positionnement sur le sujet, c'est un ni oui ni non. Personnellement, ni j'accepte ni je refuse le diagnostic car il s'impose de lui-même. Je suis plus en phase avec le développement de Tinoco, Blasco et Gianola sur le sujet. Nous vivons davantage des situations qui font penser au "HPI" plus le fait que le "HPI" est un diagnostic global qui s'impose à tous ceux à qui on colle cette étiquette.

Ensuite, il confond deux termes qui pour moi sont antagonistes et qui peuvent dans certains cas de figure être plus complémentaires que similaires. Je pense aux notions de "HQI" et "HPI".

La notion "HQI" est une notion liée au test de QI. Il le mentionne d'ailleurs très bien dans la vidéo, ce test a un caractère excluant et élitiste par la suite lié à un contexte eugéniste très développé à l'époque.

Pour faire court, l'instruction scolaire éliminait les "brebis galeuses" en les mettant dans des classes spécialisées qui sont devenues les fameuses "SEGPA" (sic).

L'évolution du test a d'ailleurs amené à une forme d'élitisme intellectuel en démontrant que des individus avaient des capacités intellectuelles au-dessus, voire très largement au-dessus de la moyenne. Le score maximal en France est de 160, mais dans d'autres pays, ce score peut être beaucoup plus élevé.

Cette notion soulève une problématique fondamentale : comment les intelligences dites "singulières" peuvent-elles être détectées dans ce cadre de test "académique" ?

Nous évaluons uniquement les capacités cognitives d'un individu sans pour autant s'intéresser à ses capacités dites "kinesthésiques".

Un individu peut être un virtuose du ballon rond sans pour autant cartonner à l'école. C'est un peu cliché, mais c'est pour comprendre.

C'est la raison pour laquelle est apparu ce terme de "HPI". Le terme "HPI" ou de "surdoué" pour Tinoco, Blasco et Gianola, est un terme non excluant et limitatif, c'est un terme inclusif. Un individu appartient à cette catégorie car il n'appartient pas à la catégorie dite des "normo-pensants" ou des "typiques". Son "a-typisme" le caractérise d'un individu "lambda".

Ce qui veut dire qu'un individu "HQI" voire "THQI" (>145) n'est pas forcément "HPI" ou "THPI" et inversement. Les deux catégories ne s'excluent pas l'une l'autre. Vous pouvez être "HQI" et "HPI" aussi ou juste l'un ou l'autre ou aucun des deux et dans ce cas de figure, tout est beaucoup plus simple pour vous.

Rien que le fait de mélanger ces deux aspects me semble problématique car cette vidéo manque de profondeur de raisonnement sur le sujet, je pense.

En effet, je pense que des personnes comme Tinoco ou encore Dabrowski se sont davantage intéressées à la personnalité plus qu'à l'aspect macro-sociétal et uniquement sociologique.

Les "diagnostics" sont souvent posés de façon incomplète et c'est la raison pour laquelle je me positionne dans le camp des agnostiques si un camp devait être choisi.

Ce qui m'intéresse dans sa vidéo, c'est l'aspect tournant autour du développement de son être même s'il le limite au "moi" plutôt qu'au "soi" qui englobe l'environnement mais aussi la perception de la réalité qui peut être très particulière et singulière.

Bien sûr, il indique que cette singularité peut provenir d'autres choses que le "HPI", même si je ne sais pas s'il parle plus de "HQI" que de "HPI" dans sa vidéo.

Évidemment que beaucoup plus de personnes appartenant à une catégorie socio-économique favorisée auront beaucoup plus de propension à s'autodéclarer de cette catégorie que des catégories plus populaires, voire en précarité ou grande précarité, car je rappelle qu'un test de QI reste un investissement financier de plusieurs centaines d'euros parfois.

Ce qui veut dire que la perspective de raisonnement est à inverser, la proportion de personnes étant "HQI" et/ou "HPI" dans cette population est largement sous-estimée.

Son argument expliquant que les personnes parvenant à monter sur l'échelle sociale vont forcément tomber dans le piège de ces catégories socio-culturelles et qu'il s'agit d'une sorte de rite initiatique qui permet à l'individu de pleinement s'identifier à une catégorie.

Nous retombons dans la structure d'un récit collectif qui permet à tout un chacun de s'identifier à quelque chose de tangible car un ensemble cohérent s'y est identifié avant eux.

Je pense qu'au contraire, ceux qui sont "HPI" se cachent très souvent car justement ses arguments très souvent utilisés obligent à une certaine discrétion, comme si nous étions une imposture et des imposteurs permanents ayant mis en place des barrières au péage de notre esprit.

C'est dommage que ce mode de raisonnement se soit développé et que la médiatisation de ce sujet n'ait pas entraîné une étude approfondie sur ce sujet comme dans d'autres pays.

Je pense notamment à Dabrowski en son temps mais aussi à beaucoup d'autres personnalités canadiennes et américaines.

Concernant les milieux intellectuels, je pense être un parfait contre-exemple et j'en ai d'autres qui me viennent en tête.

Pour développer mon point de vue, je vais citer une anecdote lorsque j'étais plus jeune à l'école. J'étais très académique quoique brouillon dans mes réalisations, mais après avoir corrigé la forme, j'ai fini par parfaitement épouser les demandes et les injonctions scolaires. J'étais l'élève que l'on devait détrôner même si je n'en avais pas forcément conscience à mon échelle.

Un camarade vient vers moi et il m'indique qu'il m'a battu d'un dixième de point dans la moyenne. Il est tellement heureux que je ne souhaite pas contrarier sa joie. Je constate qu'il a sûrement travaillé très dur pour en arriver là alors que pour moi rien de plus simple, il suffit d'appuyer sur "ON" et la machine fonctionne un peu toute seule.

Ce qui comptait à ce moment précis, ce n'était pas le fait qu'il m'ait "battu". C'est que je me suis rendu compte de l'injustice vis-à-vis de lui. Personnellement, je n'ai pas besoin de travailler autant que lui pour obtenir les mêmes résultats scolaires.

J'ai ressenti ce sentiment d'imposture à ce moment précis, car venant d'un milieu populaire, de père ouvrier et de mère employée puis agent de maîtrise, je n'ai pas forcément accès à la culture comme les cadres ou encore les intellectuels.

L'appartenance aux catégories supérieures de la population, nous repasserons me concernant. Je ne cherche d'ailleurs pas à faire de la maille, du "pèze", de l'argent quoi.

Ceci n'a pas empêché mes parents de m'expliquer que j'appartenais à cette catégorie des "HQI" même si nous n'en avons jamais trop reparlé par la suite.

Alors les mélanges "HQI", "HPI", "zèbre" ou que sais-je encore, d'accord, je suis en phase avec ce raisonnement.

Ce qui compte au bout du compte, c'est bien ce que sont les individus plus qu'à quelle catégorie socio-économique ils appartiennent. Se limiter aux œuvres de Bourdieu me semble réducteur même s'il s'agit d'un intellectuel très intéressant.

Pour conclure, le terme "brillant" est souvent mentionné dans cette vidéo. Je pense qu'il s'agit d'un mot et d'un biais cognitif assez commun.

Libre à lui de ne pas s'identifier à ce terme, si cela lui permet de se construire en tant qu'individu, je dis tant mieux. Nous avons besoin d'individus ayant une pleine et entière vision critique de la société et de leur environnement.

Me concernant, je ne veux pas m'enfermer dans une boucle de pensée "confortable". Des difficultés liées à mon fonctionnement singulier, j'en ai eu, j'en ai et j'en aurai encore.

Cependant, je ne veux pas me limiter à cet aspect, raison pour laquelle je ne m'auto-proclame pas forcément "HPI", juste "HQI". J'ai déjà écrit un post sur le sujet.

Je reste convaincu qu'il s'agit d'un passage obligé pour certaines personnes pour comprendre, en effet, qu'elles cachent peut-être des "maux" derrière ce qu'elles n'arrivent pas à exprimer derrière des "mots".

Le fait d'être "HQI" ou encore de vivre des situations "HPI" n'est pas une maladie, c'est juste un fait.

J'espère avoir un peu plus approfondi le sujet. Il y a énormément à dire sur ce sujet, nous n'en sommes qu'au stade embryonnaire.

Je remercie encore celles et ceux qui m'ont lu jusqu'au bout.

Je laisse la porte ouverte pour discuter du sujet. J'ai sûrement oublié un tas de choses, ça reste un billet d'humeur sans réelle prétention.

PS : Nous descendons d'un cran encore dans la réflexion
Au moins l'auteur de la première vidéo avait le mérite d'entamer un vrai raisonnement de fond.
J'ai trouvé une autre "pépite", j'avoue qu'ils m'ont bien fait rire par moment mais ça me conforte vis à vis de l'adage "pour vivre heureux, vivons cachés" surtout concernant ce sujet, la société est impitoyable
Ils énoncent toutes les raisons du pourquoi du comment je n'en parle jamais à ce genre d'individus.
Si vous avez 50 minutes de votre vie à perdre en faisant le ménage, comme je l'ai fais en "écoutant" cette vidéo plus que je ne l'ai regardé, j'avoue qu'il n'y avais pas grand chose à voir à part deux types affalés sur une chaise faisant de la psychologie de comptoir.
Après vous n'avez pas grand chose à perdre à part du temps, le lien de cette vidéo :


Atypiker
22 juil. 2020 à 00:59

Covid-19 et HP

Bonjour à tous et toutes, Je souffre de la covid-19 depuis fin mars, et après la période ""grave"" vient la...
leemarvin12
12 déc. 2022 à 22:19

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