paulette
26 févr. 2020 à 10:28
J'ai publié ce billet il y a quelques mois, à un moment particulier de ma vie (oui, ils sont tous particuliers quand on vit intensément.... bref). J'ai été très surprise des nombreux retours qu'il a suscités et d'une certaine parole qu'il a libérée. En filigrane, il traite de dépression. Disons-le franchement. Mais ça finit bien.
En découvrant Atypikoo, je me dis que c'est ici qu'il sera le mieux.

« Différent(e) », « compliqué(e) », « instable », « créatif(ve) », « dérangeant(e) », « hyper sensible »… Autant de qualificatifs que tu entends depuis toujours. Tu n’es pas normal(e). Tu n’es pas adapté(e). Tu le sens au fond de toi, ou du moins c’est ce qu’on te renvoie, alors tu te construis et tu grandis en faisant semblant, souvent. Tu trouves des palliatifs qui t’aident à rester connecté(e) à cette société qui ne veut pas te reconnaître, que tu gênes. Tu es une personne intense qui développe des addictions : cela permet de t’échapper, mais aussi de te mettre au niveau de ceux qui t’entourent. Rigolons et festoyons ensemble au lieu de refaire le monde à travers des questions métaphysiques et philosophiques, les seuls vrais sujets qui t’animent. Mais qui ennuient tellement les autres.

Il y a toi qui réussis brillamment une carrière. Jusqu’au burn-out qui te submerge, te dévaste, puis très vite t’interroge : « qu’est-ce qui m’arrive, à moi qui ai tout fait si bien ? » Il y a toi encore qui te sait capable de plein de choses mais qui n’en fais rien. Tu ne sais pas où est ta place. Tu ne sais pas quoi faire de ta vie. Sa vacuité et le désordre environnant te figent. A quoi bon ? Et toi encore qui excelle dans un domaine créatif. Et puis, parce que la vie nous rattrape toujours, il y a nous tous qui franchissons un jour la porte de chez un psychologue, parce qu’au fond, il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a ce bonheur qui nous échappe. Car si l’estime de soi est là, la confiance, elle, fait souvent défaut. Et selon l’environnement dans lequel on a grandi, le besoin de reconnaissance et d’amour est souvent exacerbé chez le zèbre, sans qu’il sache l’exprimer correctement ou simplement… On franchit donc cette porte en douceur, ou avec brutalité parce qu’on n’y arrive plus. Et le verdict tombe : vous êtes haut potentiel. A vos souhaits ! Et parce que l’une de nos caractéristiques communes est une insatiable curiosité, on lit, on se renseigne sur le sujet, et c’est la révélation, la claque, la délivrance souvent : alors en fait je ne suis pas fou/folle. Alors en fait je ne suis pas seul(e).

Mais après ? Il y a toi qui a tapé à la bonne porte, celle de ce psy qui maîtrise le sujet, va te faire passer les tests (ou pas. Un chiffre c’est quoi après tout quand on sait au fond de soi… ?), puis t’accompagner pour adapter ton comportement et faire de cette révélation une force. Et puis il y a toi qui, en pleine crise anxieuse généralisée tombe sur cette psy qui te dit : « il y a plein de HP en HP ». Ça fera 90 euros, merci bonsoir, à la semaine prochaine. Tu aurais pu te jeter directement dans la Seine (rapport au trou de la sécu), ou bien enfouir cette information au fond de toi. « Je suis haut potentiel, grand bien m’en fasse ». Tu en parles quand même un peu autour de toi parce que tu es content(e) de pouvoir dire que tu es « normal(e) », juste un peu différent(e) dans ta manière de penser en arborescence, mais après tout qui n’est pas différent ? Sauf que le sujet reste encore assez méconnu, et certains vont te dire « quoi t’es plus intelligent(e) que les autres ? Ça va les chevilles ? » Merde encore raté le petit appel du pied. Alors tu continues de faire semblant, de te battre pour avancer en tentant de rester dans les clous que la société t’impose. Tu y arrives plus ou moins bien. Tu nages souvent à contre-courant. Il y a des hauts (très hauts), des bas (très bas), il y a la fuite souvent. Il y a ces angoisses tapies. Elles doivent certainement faire partie de toi maintenant. Et puis il y a la rechute. Tu n’y arrives plus. Tu es épuisé(e) de faire semblant. Tu es figé(e). La porte est fermée. Il n’y a plus rien derrière. Seule la dévalorisation t’anime. Elle est devenue ta compagne. Des lunettes noires sont venues se poser sur ton passé, ton présent et ton éventuel avenir. Tu fais une dépression. Mais cette fois, une accumulation de petites chances, de petits signes, te font toquer à la bonne porte, parce que personne n’est destiné à être malheureux. La différence n’est pas une fin en soi. Une prise en charge, un suivi, un accompagnement sont possibles. Tu n’es plus seul(e). C’est peut-être naïf comme réflexion, mais ça fait du bien parce que c’est vrai, et cela paraît simple. Enfin plus ou moins. Le haut potentiel est avide de simplicité…. Caractéristique qu’il/elle n’a absolument pas.

Tu n’es pas plus intelligent(e) que les autres. Tu as un QI plus élevé que la moyenne qui te permet de réfléchir relativement vite certes. Mais, être haut potentiel, zèbre, ou philo-cognitif comme l’appelle dorénavant la psychologue Fanny Nusbaum , c’est aussi, et surtout, avoir un cerveau qui ne s’arrête jamais. Jamais. Qui part dans tous les sens. Dans ta tête les idées sont reliées, mais tu as souvent du mal à les exprimer clairement à l’oral. C’est ressentir les émotions des autres comme si elles étaient siennes. C’est souffrir au plus profond de son être de la misère humaine, comme si elle était nôtre. C’est comprendre des choses sur la personne que l’on a en face de soi, avant qu’elle ne les ait comprises elle-même. Parfois. C’est ne pas comprendre pourquoi tout le monde ne réfléchit pas comme soi. Ce qui entraîne (avant que le diagnostic ne soit posé) des conflits familiaux, amicaux, amoureux, professionnels. C‘est être toujours en décalage. Alors, non, être « haut potentiel », ce n’est pas être plus intelligent que les autres, c’est être en souffrance la plupart du temps. Jusqu’à ce que l’on toque à la bonne porte, et que l’on fasse, comme de chaque différence, une force.

Nous sommes les sentinelles de la société, comme le dit le docteur Revol, et c’est en réunissant nos forces, nos potentiels, notre créativité, notre sensibilité que nous pourrons être fiers d’apporter notre pierre à l’édifice de ce petit monde en construction. Notre manière de penser nous donne un coup d’avance sur les autres, là aussi faisons-en une force pour faire bouger les lignes. Nous avons la chance d’être à la fois créatif(ve) et organisé(e).Une des nombreuses caractéristiques du philo-cognitif. Ça vous paraît prétentieux ? Tant pis pour vous. Nous, désormais, nous serons heureux. A hauteur de notre complexité…

Les philo-cognitifs. Ils n’aiment que penser…et penser autrement. De Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominique Sappey-Marinier. Ed. Odile Jacob, 2019.
Atypiker
13 févr. 2020 à 23:16

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