Lorsque l’on recherche le mot « célibataire » sur les moteurs de recherche, on y trouve des définitions et surtout des « solutions ». On peut trouver des liens vers de nombreux sites de rencontre, mais aussi accéder à des articles, notamment le sujet « Comment sortir du célibat ? » et aussi « Peut-on être célibataire et heureux ? ». 

Les suggestions préconisées répondant à la requête de ce terme sont assez symptomatiques de la considération du célibat dans notre société. Aujourd’hui encore, le célibat reste souvent considéré comme un état qu’il faut changer, comme une « anomalie » qu’il faut rectifier. Fréquemment associé à la solitude et à la détresse affective, le célibat est rarement perçu comme une situation épanouissante et enrichissante. Pourtant, de nombreux célibataires apprécient leur mode de vie et la facilité à prendre des décisions sans consultation extérieure. Nul besoin de compromis ou de négociations, le célibataire agit en fonction de ses envies et de ses préférences. Cette liberté est d’autant plus appréciable concernant les personnes qui n’ont pas apprécié l’expérience de la vie en couple. 

Cependant, est-il si facile d’être célibataire dans notre société quand on a l’impression que tout paraît adapté au couple et que le mariage demeure un objectif d’accomplissement ? Comment se positionnent les atypiques vis-à-vis du célibat ? 

Pourquoi tout semble conçu pour le couple ?

À tort ou à raison, on peut penser que la société favorise les personnes en couple plutôt que les célibataires. En effet, il suffit de mentionner le système des impôts et la mutualisation des coûts de la vie. Par exemple, le prix d’une chambre d’hôtel n’évolue pas en fonction du nombre d’occupants. Donc un célibataire paye le même prix qu’un couple. À l’occasion de retrouvailles amicales ou familiales, les célibataires doivent s’adapter aux autres pour éviter de perturber l’organisation. Pour éviter d’occuper une chambre avec un lit double, le célibataire est relayé au lit d’appoint lorsque tous les lits doubles sont occupés par des couples. Autre possibilité, les célibataires sont rassemblés entre eux dans le dortoir pour des raisons pratiques. Peu importe l’âge des partenaires, le statut du couple impose le respect. Le célibat peut entraîner un sentiment d’isolement et de vulnérabilité au sein d’un groupe ou d’une famille. En cas de situation difficile, le célibataire doit se défendre ou se protéger seul face aux attaques, par exemple dans un débat qui s’envenime pour cause de divergence d’opinion. 

À partir d’un certain âge, le célibataire devient un sujet d’observation et de questionnements. Souvent, de nombreuses questions traversent l’esprit de son entourage : serait-il trop ou pas assez bien pour plaire à un autre ? Serait-il insupportable à vivre ? Serait-il gêné d’assumer son orientation sexuelle ? Serait-il trop exigeant ? Attention, du point de vue de son entourage, l’exigence du célibataire paraît souvent comme un critère inacceptable. D’une part, cela peut insinuer que l’orgueil et la supériorité oriente ses choix. D’autre part, cela inquiète, car cette personne prend volontairement le risque de ne jamais rencontrer le partenaire idéal. Ensuite, l’exigence dérange, car cela remet sûrement en question la solidité des autres relations amoureuses déjà formées. Par conséquent, en général, l’entourage du célibataire cherche à le convaincre de baisser le niveau de ses critères et de ses exigences. Son entourage l’incite donc à rencontrer un partenaire rapidement pour s’engager et fonder une famille, notamment concernant les femmes célibataires qui approchent de la quarantaine. 

La présence d’un célibataire à un événement peut affoler des personnes qui pourraient le visualiser comme une menace ou un chasseur de proie. Pour éviter toute ambiguïté ou situation génératrice de jalousie, le célibataire prudent choisit de s’adresse à la personne du même sexe ou sinon directement au couple. La structure du couple rassure car, a priori, il joue un rôle de barrage aux tentatives de séduction et de tromperie.

À partir d’un certain âge, le célibataire évolue dans un environnement entouré de couple ou de famille et cela peut le conforter dans son choix de rester seul ou bien cela peut lui donner envie de trouver un partenaire de vie. Le choix demeure le critère essentiel. Dans le monde imaginé par Yórgs Lánthimos dans le film « The lobster », les humains ont l’obligation de trouver un partenaire pour survivre. Le film dénonce les injonctions et les absurdités de la nécessité de vivre en couple pour exister dans la société. 


Est-ce que le mariage reste la norme ?

On peut observer des contradictions persistantes dans notre société. Les préférences et les choix en matière de relation amoureuse ont évolué et cela continue. Par exemple, du point de vue morale, les personnes du même sexe peuvent s’aimer. Du point de vue administratif, l’amour échappe au jugement des mœurs, puisque peu importe le sexe des partenaires, le mariage concerne toutes les unions de deux partenaires. 
Cette évolution juridique nous amène à penser qu’il y a mouvement convergeant vers la normalisation du mariage. Ainsi, les partenaires s’engagent pour la vie malgré les difficultés qu’ils pourraient rencontrer. 

Même s’il existe de nombreuses façons d’aimer, il n’y a qu’une seule façon de se marier. Le mariage, instauré depuis l’ère de l’Égypte antique, selon les historiens, a pourtant résisté à toutes les transgressions. En effet, l’histoire de l’humanité regorge de nombreuses anecdotes sur des relations illégitimes. Pourtant, selon l’opinion majoritaire, le mariage reste une valeur d’accomplissement et de réussite sentimentale. 
La génération des 25-40 ans ne semble pas vouloir suivre cette voie car le nombre de mariages décroît. Quelles sont les raisons du déclin du mariage ? Elles sont sûrement nombreuses : d’un point de vue pragmatique : le coût et l’organisation, d’un point de vue psychique : l’engagement et la vie à deux. En se détournant de la norme du mariage, cette génération démarre éventuellement une nouvelle ère. Aujourd’hui, les jeunes individus souhaitent davantage s’affranchir des règles et affirmer leurs choix de vie. Cela concerne notamment la communauté des personnes atypiques. 

Comment les atypiques vivent le célibat ? 

Les atypiques ne forment pas un groupe de personnes indivisibles quant à leurs choix de relation amoureuse. Les possibilités sont nombreuses : couple monogame, union poly-amoureuse, liaison, relation exclusive ou non sans engagement, etc. Ces types de relations peuvent être entrecoupées de périodes de pause sentimentale mais le célibat peut également durer dans le temps. Il n’y a pas de statistiques qui permettraient d’affirmer que ces personnes connaissent le célibat plus que la moyenne, cependant il semble indéniable que les atypiques ne vivent pas cette situation comme les autres. 

À part leurs grandes capacités cognitives, les HPI ont un autre point commun : une détermination d’acier. Qu’ils soient célibataires par choix ou par contrainte, dans les deux cas, ils sont déterminés à vivre leur situation en se fixant des objectifs définis. En effet, les célibataires malheureux vont tout tenter pour rencontrer l’amour. La difficulté de trouver le partenaire idéal s’accentue pour les HPI parce que ces personnes sont souvent exigeantes et idéalistes. Même si aucune étude scientifique n’a pu établir une corrélation entre le HPI et l’idéalisme, les témoignages dans ce sens abondent fréquemment. 
Des célibataires heureux de leur situation vont généralement pleinement en profiter pour s’accomplir et vivre leurs passions. 
D’autres célibataires à mi-chemin entre ces deux profils peuvent s’épanouir dans leur choix de vie tout en essayant de rencontrer le partenaire qui correspondra à leurs attentes. Ces personnes peuvent rester longtemps célibataires et apprécier leur mode de vie et sont prêtes à accepter de le rester si elles ne parviennent pas à rencontrer leur partenaire idéal. Les personnes surdouées ne ressentent pas forcément le besoin de vivre en couple, elles ont surtout besoin de s’épanouir au niveau intellectuel, philosophique ou créatif. 

Certains célibataires hypersensibles qui éprouvent de grandes difficultés à gérer leurs émotions peuvent choisir le célibat pour stabiliser leur état émotionnel. En effet, construire une relation peut s’avérer difficile pour un hypersensible car cela lui demande des efforts : éviter de sur-réagir, dépasser sa susceptibilité, accepter la présence de l’autre qui peut lui paraître envahissante. D’autre part, comme les hypersensibles sont en général souvent perfectionnistes et ont des attentes et des valeurs très définies, ils peuvent éprouver des difficultés à rencontrer le partenaire idéal. Pour autant, ces personnes ne vivent pas forcément le célibat comme un échec, au contraire, cela leur permet d’organiser leur vie en fonction de leurs besoins : créer un cocon calme et apaisant, se concentrer sur ce qui les anime : une activité artistique, des temps de méditation ou de lecture. Enfin, cela les préserve des situations qu’elles redoutent : les disputes, les reproches, les critiques. Le célibat apparaît donc comme un moyen de vivre dans l’apaisement et l’épanouissement pour certains hypersensibles. 

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À la fois protéiforme et fluctuant, le célibat peut émaner d’un choix temporaire ou définitif, d’une situation subie après une séparation ou d’un besoin de se retrouver avec soi-même pour mieux se connaître. Le célibat ne rime pas avec désert affectif. D’une part, l’amour ne se limite pas au cadre d’une relation sentimentale puisqu’il atteint souvent la même intensité dans un lien amical ou familial. D’autre part, le célibat peut permettre d’expérimenter de nouvelles situations ou relations pour découvrir ses préférences. 

Sortir ou ne pas sortir du célibat, une question essentielle. Pourtant, aucune réponse ou conseil ne conviendrait car toutes les situations personnelles s’avèrent uniques. L’harmonie et la joie dans sa vie de célibataire peuvent s’obtenir grâce à l’acceptation de ses choix et de sa situation, et aussi à la possibilité de pouvoir changer d’avis.

* Malgré le soutien d’Atypikoo pour l’écriture inclusive, elle n’est pas utilisée dans l’article pour faciliter la lecture

 

Publié par Delphine

Auteure et script-doctor sur des projets de films et de séries, j’ai également envie de m’évader sur d’autres sujets, notamment le développement des sentiments amoureux, et la complexité de l’attirance entre êtres humains.
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