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L'idéal est une création de la pensée. Au plus profond de notre esprit, nous produisons un espace qui s'alimente de souvenirs, de rêves, de sentiments, d'images de publicité, de sensations. En s'unissant, ces éléments peuvent former une pensée idéale qui s'ancre et devient un moteur puissant dans notre vie. En effet, l'idéal entraîne de nombreuses actions, des découvertes scientifiques, des créations artistiques et des mouvements de révolte. Les convictions des militants politiques leur permettent de fédérer l'opinion des citoyens à l'image de Greta Thunberg, qui à l'âge de 15 ans, a protesté devant le Parlement suédois pour provoquer les politiciens à réagir face au changement climatique. Depuis, son influence a encouragé l'organisation de nombreuses manifestations dans le monde.
L'idéal est parfois tellement élevé qu'il peut aussi entraîner l'inaction. La vision utopique de l'ordre moral de la société peut décourager ceux qui aimeraient s'engager pour mettre en pratique leurs convictions, mais la tâche est tellement ardue qu'ils préfèrent renoncer. Par peur de l'échec ou d'épuisement dans l'action, peu de citoyens choisissent de s'impliquer dans les comités d'entreprises, les conseils municipaux ou le bénévolat.
L'humain peut s'appuyer sur sa vision de l'idéal pour construire sa vie et prendre des décisions concernant un choix d'étude, une orientation professionnelle ou sa vie amoureuse. Le sentiment amoureux nourrit le rêve et l'imaginaire des hommes et des femmes qui espèrent vivre l'intensité d'une relation avec une personne qui comblera tout leur être. Dresser une liste imaginative de critères permet d'identifier ce qui nous attire chez une personne mais peut également s'avérer trop exigeant et nous enfermer dans une quête de l'idéal inaccessible. Ce décalage entre idéal et réalité engendre une vraie insatisfaction. Les Hauts Potentiels doivent souvent éprouver ce genre de difficultés parce que leur sensibilité et leur perfectionnisme les poussent à chercher la personne qui pourra leur ressembler ou, a minima, les comprendre. Caroline Belet-Poupeney, psychologue clinicienne de l'Université de Nantes constate que les personnes HP, souvent empathiques et poussés par l'envie de plaire, ont souvent des idéaux très forts dans les deux sens de la relation. Et cela pousse certaines personnes à chercher à devenir la personne idéale en se métamorphosant. Cela génère une profonde souffrance de se retrouver en décalage entre son masque de perfection et sa vraie personnalité.
L'idéal serait de maîtriser l'exhaustivité du sujet, mais soyons réalistes, il s'agit plutôt d'un partage de réflexions et de lectures pour accompagner les personnes qui s'interrogent sur leur détermination à trouver leur idéal amoureux.
Découvrons ensemble comment se forme l'idéalisation, comment elle évolue et enfin comment la surmonter pour éviter une perpétuelle insatisfaction.
Origines de la formation de l'idéalisation
Florian Brenot, psychologue et psychothérapeute, formé en pédagogie perceptive et spécialisé dans l'accompagnement du HPI, nous présente certains des facteurs qui ancrent la recherche de l'idéal dans la vie amoureuse.
Le mythe du conte de fée
Il existe un formatage social relatif aux histoires d'amour qui s'instaure dès l'enfance car le système familial en est déjà imprégné. Il faut donc en avoir conscience pour pouvoir y résister et lever ce voile, mais également s'extraire des stéréotypes de genres. Ce conditionnement est néfaste pour la découverte réelle de l'autre et la construction de la relation.
La culture populaire abreuve les individus du modèle de l'histoire d'amour parfaite en présentant la formation d'un couple héroïque confronté aux d'épreuves de patience, de force et de courage, mais rarement de communication et de remise en question qui sont pourtant la nécessité absolue pour construire une relation durable.
Pour éviter de rester coincé dans cette illusion, il faut s'y confronter pour s'en détacher et accepter la personne telle qu'elle est et non selon le modèle formaté de ces histoires qu'on essaie de calquer sur elle.
Le modèle familial
L'imitation des parents par les enfants, processus normal de développement, induit souvent l'imitation du modèle du couple parental, ce qui peut générer plusieurs problèmes. Cela peut provoquer la recherche du partenaire qui ressemblerait au parent aimé ou bien la tentative de reproduction ou, au contraire, l'évitement des mécanismes relationnels que les parents ont développés.
Il est nécessaire d'analyser consciemment ce qui plaît et déplaît dans la relation de ses parents, afin de s'en détacher et pour pouvoir construire sa propre relation. En effet, l'union de deux individus conduit systématiquement à la création d'une relation unique. Par conséquent, il est impossible de reproduire exactement le fonctionnement d'un couple que l'on admire, mais il peut être source d'inspirations, sans enfermement.
La reproduction de l'humanité

Dans la nature, la recherche du partenaire est parfois simplement conditionnée à la disponibilité de la même espèce sur le territoire géographique. Mais lorsque le choix s'élargit, la plupart des mammifères et des oiseaux usent de leur singularité pour attirer l'autre, à l'image des oiseaux qui déploient leur plumage dans une parade amoureuse. Cette forme de sélection a pu s'inscrire dans nos gênes, tant cette recherche du partenaire est présente dans nos cultures. Notre fonctionnement d'humain s'avère différent puisque nos besoins sociaux et cérébraux imposent des critères de recherche spécifiques à notre espèce. L'être humain s'intéresse davantage aux compétences, au statut social et au gain personnel qu'il pourrait obtenir au sein d'une relation. L'idéalisation peut, à votre insu, inclure des critères formatés qui ne correspondent pas à vos vraies aspirations mais à un accomplissement pour assurer votre sécurité intérieure.
Le reflet de soi
Pour trouver des affinités et une sécurité affective et physique avec une personne, on cherche souvent des ressemblances avec nous-même. Cependant, il est, en général, insupportable de se confronter, en effet de miroir, à ses propres défauts. Il peut même en résulter des sentiments négatifs forts.
Des personnes vont également chercher à éviter le caractère ou le comportement négatif d'une personne, notamment un membre de sa famille. Ce réflexe de protection peut entraîner un choix sentimental par défaut.
Au contraire, d'autres personnes cherchent quelqu'un qui leur convienne au point de désirer, inconsciemment, retrouver ses valeurs et son fonctionnement à l'identique. C'est réconfortant de se sentir aimé par une personne qui vous ressemble. Cela procure évidement un sentiment rassurant lié à une impression de contrôle sur la relation. Mais, cela est évidemment illusoire, puisque deux personnes ne peuvent pas être en adéquation permanente même si leur fonctionnement semble similaire. L'idéal amoureux diffère selon les caractères et les attentes des individus, et doit rester une aspiration, une motivation à s'améliorer et à accueillir l'autre pour créer un idéal plutôt que son idéal.
L'idéalisation selon Stendhal
Stendhal s'éprend de Matilde Dembowski en 1818, il décide d'analyser le sentiment amoureux dans un traité qui aborde notamment le phénomène de la cristallisation.
Dans le traité « De l'amour », Stendhal étaye sa théorie sur des explications parfois désuètes, caricaturales et centrées sur son point de vue d'intellectuel occidental. Il appuie son analyse sur une relation entre un amant et une femme, mais il est évident que le sujet s'étend à toutes les préférences et orientations sexuelles.
Stendhal décrit le processus de la « naissance de l'amour » qui se déroule en sept étapes. Premièrement, la personne ressent de l'admiration, ensuite, du plaisir, suivi de l'espérance et enfin l'amour réciproque. Mais cette douce progression se heurte à une cristallisation qui provoque la naissance du doute. La personne se demande s'il n'aurait pas idéalisé l'être aimé.
L'effet d'une deuxième cristallisation intervient pour semer un doute encore plus persistant pour piéger l'esprit de la personne dans un balancier, alternant entre la certitude d'être aimé ou rejeté. La personne se demande comment obtenir « la plus grande preuve d'amour possible » pour être rassuré et quitter cet état de doute qui l'empêche de profiter du bonheur présent et risque de compromettre sa relation.

Stendhal décrit le phénomène de la cristallisation de manière métaphorique :
« Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d'arbre effeuillé par l'hiver ; deux ou trois
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Pour ma part, je pense avoir trouvé l'idéal, j'en ai de la chance :)
C'est très bien pour être poète dépressif il ne trouvera pas l'amour sera malheureux toute sa vie mais écrira le spleen avec panache?
Mais ayant vécu pas mal de temps avec des neurotypiques cetait trop dur pour moi dans le quotidien a supporter et toujours tout porter sur les épaules cetait toujours la faute de ma douane toujours a moi de faire les efforts et c'était épuisant....