Avant même d’être une mécanique utile, je crois que c’est surtout un comportement instinctif, vital, codé probablement dans nos gènes. Le premier système de reconnaissance de formes que développe notre cerveau est la reconnaissance du visage (après le pouce, la tétine et le biberon évidemment). Une zone entière du cerveau y est dédiée et traite à tout hasard tout ce que nous regardons. La prosopagnosie (incapacité à reconnaitre les visages) est majoritairement causée par des lésions dans cette partie du cerveau.
Ensuite, nous avons aussi un logiciel très développé pour interpréter les mouvements de n’importe quel animal, principalement l’homme, et qui nous sert aussi à apprendre nos mouvements. C'est ce qui fait que nous différencions instantanément un robot d'un être humain. C'est pour cela que les jeux vidéo "immersifs" fonctionnent mieux avec des personnages caricaturaux qu'avec des personnages imparfaitement réalistes.
Mais tout ceci est vrai apparemment au moins chez tous les mammifères, et ça fonctionne même entre mammifères (le tigre ferait du tigromorphisme, le loup du lupomorphisme, et ce serait pour cela que la posture debout des bipèdes les dérange…). Ca ne remet pas en question l’article, bien-sûr.
Je suis plus mal à l’aise avec le passage de l’anthropomorphisme (fonctionnement du cerveau) et l’anthropocentrisme (dogme ou doctrine, principal obstacle à un écologisme raisonné et universel).
Enfin, le dernier article me dérange un peu : les scientifiques sérieux prennent déjà en compte ces biais, et ça ne remet donc pas en cause les découvertes sur les animaux. Sommes toutes, ils ne sont qu’à des stades de développement du cerveau un peu plus primitifs que nous, mais ce développement est stimulé par les mêmes impératifs de survie, donc certainement similaires sur beaucoup de points (et parfois supérieur !).