Disons qu'il a pu y avoir un progrès : on est passé d'une posture de déni complet ("ah ben moi, des surdoués, j'en ai jamais vu, hein !") à une position un peu bizarre où on reconnaît le phénomène mais sans comprendre de quoi il retourne ; certains profs s'attendent encore à voir des mini-Einstein dans leurs rangs, comme dans les clichés les plus éculés d'il y a trente ans. Même mes plus bienveillants sont assez ignorants en la matière, et la bonne volonté sans infos peut parfois faire plus de mal que de bien. Sans compter que la nature de l'Institution ne favorise pas un enseignement différencié, c'est le moins qu'on puisse dire...
Difficile de répondre sans plus de détails, mais je pense que lorsque les difficultés émergent quand l'enfant/élève EIP ne voit plus de sens à ce qu'il fait. Là, je pense qu'il faut lui en donner un, qui soit autre que les âneries qu'on aura pu lui dire à l'école, parce qu'il sent bien qu'il y a un décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait.
Le plus gros problème à mon sens, c'est que l'école n'apprend pas à apprendre, et ne donne pas de méthode, étant plus proche de l'élevage en batterie avec une bonne dose de darwinisme brut que de l'élévation intellectuelle et sensible. Dans un premier temps, le décalage avec le reste du groupe fait que tout est facile, et que l'on trouve les réponses de façon intuitive. Mais comme on n'apprend pas à questionner son propre raisonnement, on se trouve fort démuni quand on ne peut plus y aller à l'intuition. Ç'a été mon cas à la fin du collège, et il m'a fallu des années pour faire le tri dans le grand bazar qu'était mon cerveau - ce n'est pas avant la fac que j'ai surmonté cela.
Une bonne solution pour prévenir ce danger, c'est de pousser le mouflet/la mouflette à expliquer ce qu'elle fait et pourquoi elle le fait ; ça pousse à comprendre ce qu'on fait et pourquoi on le fait, et ça aide à sortir de la façon intuitive qu'ont les HP de résoudre des problèmes. Ça ne les "casse" pas, au contraire, ça les aide à naviguer des deux côtés de la barrière et à choir le plus adapté selon le cas.
Voilà pour l'instant ; il y aurait sans doute plus à dire dans des cas spécifiques.