ericsingulier
5 août 2021 à 11:04
Si on doit croire le plus célèbre des philosophes, il faut douter de tout et de tout le monde. Suivant cette maxime, il semble profitable de douter et de tout remettre en question, c'est en quelque sorte la porte ouverte qui nous invite à la fameuse déconstruction suivant les règles de l'art et qui devrait nous garder de céder à la démolition systématique. Ainsi la raison devrait l'emporter sur la croyance en tout genre.
Les esprits dits rationnels sont maintenant adeptes de la nouvelle tendance versus nouveaux croisés modernes qui traquent les fameuses fausses informations et pratiquent assidument une nouvelle forme de chasse aux sorcières. La Zététique est donc à la mode et compte même des adeptes qui frisent la forme radicale.
Cette attitude devrait permettre un certain équilibre ou du moins une tendance à relativiser ou prédisposer à un certaine mise à distance évitant tout excès de position ou d'adhésion par principe ou par idéal à une posture disons stéréotypée ou figée.

Cependant et paradoxalement Il semble qu'au dessus de la croyance ou du doute rationnel sur chaque sujet posé, plane une autre forme de certitude ou a l'opposé d'apologie disproportionnée du doute, qui finit par devenir une posture idéologique et pire un état d'esprit formaté et parfois même une véritable structure mentale bornée : Ainsi on peut voir des individus aborder chaque thème chaque question suivant la même focale ou la même approche figée en certitude d'analyse ou de culture du doute versus complot supérieur de l'état et de toutes formes de pouvoirs.
Si l'on en croit l'histoire, l'auteur de la maxime n'a pas su ou pu mettre à profit sa propre vision ou philosophie et après avoir fort pensé, a sombré lui même dans le mutisme et la folie. Pêchant à incarner ses préceptes et loin de parvenir à devenir ce surhomme censé évoluer au dessus des maux humains, rattrapé sans doute par ses propres incohérences il n'a eu sans doute pas d'autre alternative que de passer de l'autre coté du miroir de la raison et de la conscience, certainement parce que la grande lucidité sur la condition humaine peut entrainer un certain fracas sur le mur du réel.
Finalement même le doute peut rendre fou, surtout quand il est élevé au rang d'idéologie extrémiste ou de culture radicale ou qu'il devient obsessionnel, force de constater une tendance à tourner en boucle pathologique chez certains prophètes de l'art du doute.
Seule la quête constante de l'équilibre précaire semble viable, qui réside dans notre capacité à pencher d'un coté puis de l'autre afin d'appréhender en cohérence tout ce que la vie propose. Ou seul le funambule demeure roi au dessus de l'illusion qui nous attire inexorablement vers les nimbes du savoir et peut précipiter notre propre chute par abus de conviction que ce soit suivant notre certitude de Preuve de la culpabilité de son interlocuteur, ou bien par notre certitude fondée sur des preuves évidentes de l'erreur d'autrui.
Bonjour,
Et si l'équilibre entre doutes et certitudes était à construire dans la nuance ?
Juste une suggestion de lecture pour tenter de réensemencer le dialogue apaisé :
"Le courage de la nuance" de Jean Birbaum.
Belle journée
Pour ma part, il n'y a qu'en mathématiques que je vois des vérités "fortes" apparaître et encore, même dans ce cas, elles reposent sur un jeu d'axiomes de départ qui ne sont évidemment pas démontrables.

En sciences, on trouve des réponses partielles et approchées que l'on espère se rapprocher d'une vérité, dans un intervalle de valeurs. Mais, comme le dispositif de mesures est très souvent bâti sur une hypothèse forte voire sur le modèle que l'on cherche à valider, il faut se méfier des mesures. On peut trouver plein de fréquences, de sinusoïdes dans du bruit avec un outil conçu pour en trouver, mais, cela ne permet pas de re-synthétiser le bruit, juste une approximation d'autant moins mauvaise qu'on a suffisamment de fréquences ou de sinusoïdes pour tromper soit le sens mis en œuvre, soit l'analyseur.

Pour le reste, dès que le facteur humain entre en ligne de compte, j'ai l'impression que l'on ne trouve que des vérités subjectives, qui ne fonctionnent que pour chacun et ne satisfont au mieux que chacun.

Peut-être que, comme dans certaines traditions spirituelles pas forcément religieuses, la vérité est une quête personnelle qui prend plus d'une vie. Ainsi, on s'approcherait d'une vérité qui nous conviendrait, pour ceux qui s'engageraient sur une voie de sa recherche au sens japonais du terme (dô), mais qui ne serait pas susceptible de convenir à un autre. Il s'agirait donc de trouver "sa" vérité, ce qui pourrait peut-être donner un sens à la vie ?

En tout cas, dans ma pratique de la science, je doute et je doute même beaucoup trop, ce qui me conduit à revérifier certaines choses, certains principes, certains calculs de manière récurrente et peut-être un peu obsessionnelle. Et, cela me conduit à revenir aux bases et à les questionner assez violemment.

Pour les autres champs de la vie, j'avance pas à pas, sans certitude et ce d'autant plus que je ne comprends pas à peu comment fonctionnent les autres, ni même moi.

Mais, dans les domaines politiques où j'ai quelques compétences ou connaissances, je fais très très souvent le constat que les décisions prises ne vont pas vraiment dans le sens du "bien commun" et que des petits groupes de pression sont à la manœuvre et que leurs projets politiques survivent et se perpétuent malgré l'alternance proclamée et rabâchée dans tous les médias.

Cela ne concerne évidemment pas tous les domaines de la politique, juste principalement ceux relevant des questions d'éducation, d'enseignement et de recherche. Et là, il y a un projet qui se déploie de manière continue depuis au moins le quinquennat de Mme Pécresse. De plus, les décisions sont prises contre l'avis des communautés concernées et sans non plus demander leur avis aux électeurs.

Je crains que l'on ne s'aperçoive des dégâts graves générés que dans 10 ou 15 ans quand les arbres (prix Nobel ou médailles Fields) ne cacheront plus la forêt dévastée. Pourquoi ? Parce que les décideurs ne sont pas compétents sur ces sujets et que leurs "conseillers" ont des intérêts plus ou moins personnels à mettre sous la coupe de petits kapos certains secteurs. Mais, il faut aller chercher l'information pour pouvoir se faire une idée et décider si ce que je pressens est effectivement pertinent.

Par contre, je doute très fortement que des professionnels de la politique puissent réellement agir pour le "bien" du plus grand nombre ne serait-ce que parce que leur objectif est de conserver un pouvoir ou un bout de pouvoir leur permettant de continuer à en vivre, et, pour certains très grassement. Je suis donc intéressé à discuter de la limitation en nombre et dans le temps des mandats politiques, d'une part, et, d'autre part, à ce que l'on veille à avoir un chœur d'experts qui ne pensent pas tous la même chose ou ne soient pas tous issus du même moule. Et ce dans chacun des domaines que peut recouvrir l'action politique.

Je ne suis pas un opposant systématique mais il y a quand même beaucoup d'expériences ou d'exemples qui posent a minima quelques questions... Et ce depuis pas mal de temps.
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