fletcherlynd
1 juil. 2021 à 18:36
Être soi même....

Facile non ? Suffit de ""lâcher prise"", ""arrêter de réfléchir"", ""ne pas se prendre la tête""...

J'ai été diagnostiqué HPI aux alentours de mes 10 ans. On disait encore ""surdoué"" à l'époque. Angoissant ce terme non ? ""Surdoué""... Doué à quoi ? A me poser des questions, ça oui c'est sûr. A trouver des réponses, pas vraiment... Ce que je voyais surtout c'est que malgré mes efforts, j'étais pas comme les autres. Pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de faire comme les autres. Peur d'être rejeté. De subir leur regard inquisiteur, leur jugement. ""Moi aussi je suis comme vous"" que je me disais intérieurement. Alors je copiais les comportements que j'observais autour de moi. Je me rapprochais des ""cools"" de l'école, du collège, du lycée, de l'école d'ingé. De temps en temps ça marchait. De temps en temps j'étais rejeté. Quelle horreur ce sentiment de rejet... Lorsque ça m'arrivait, je perdais toute confiance. J'ai pourtant persisté à jouer ces personnages, à ne pas m'accepter. Au final ça a bien marché. En école d'ingé je faisais partie des personnes populaires. Des inconnu.e.s me reconnaissaient. Les gens venaient me parler. Chouette non ? J'avais ce que je voulais non ? Alors pourquoi j'étais au plus profond de mon abîme précisément à ce moment là ? Pourquoi je m'enfermais chez moi, effrayé de mettre le pied à la fac, effrayé de rencontrer du monde ?

Ce sentiment que je fuyais était toujours là. J'étais toujours un imposteur... Un imposteur envers moi-même. Un imposteur envers les autres. Tu parles d'un ""surdoué""... Incapable de savoir ce que je veux. Incapable d'""être moi-même"". Tellement peur de moi que j'en suis venu à me persuader que je ne croyais pas en l'amour. Que j'allais mourir seul... Que je voulais mourir... Bref, j'étais perdu. Seul. Populaire, certes, mais seul... Grâce à un pote j'ai pu sortir de cet état, finir mes études et retrouver un peu de joie de vivre. Maintenant je sais que je ne veux pas mourir. Du moins je le crois. J'ai compris que je jouais à être comme tout le monde. Je commence à peine à accepter mon diagnostic, même si j'ai quand même toujours du mal avec le terme HPI. Mieux que ""surdoué"" c'est sûr. Par contre je suis pas moins paumé, ça non. Je n'arrive pas à distinguer qui je suis de qui je joue. Toujours ce syndrome de l'imposteur. J'ai peur de moi, vraiment.

Par exemple je suis persuadé que je crois en l'amour. Je l'ai connu, je le connais encore. Je pense encore être amoureux des femmes que j'ai aimées dans ma vie même si elles ne m'ont jamais aimé en retour (ou alors je ne le sais pas car trop effrayé pour avouer mes sentiments). Pourtant, au fond de moi, j'ai toujours cette angoisse que c'est faux, que je me mens à moi-même. J'aime la vie, les choses qui m'entourent, les hirondelles dans le ciel, la caresse du vent, la musique... Ou est-ce que je me mens à moi-même ?

""Arrête de réfléchir"". Si seulement... J'aimerais tellement ! Mais lorsque je ""lâche prise"", je vrille... Je ne fais que me poser des questions sans arrêt. Est-ce que je suis vraiment respectueux des autres ? Est-ce que vraiment j'aime m'enrichir des points de vues différents ? Ou est-ce qu'au fond je ne fuis pas quelque chose de sombre ? Est-ce que je ne me cache pas derrière un faux-semblant de gentillesse pour dissimuler une haine profonde ? Ou bien l'inverse ?

J'ai découvert le théâtre depuis 3 ans. J'adore cet art ! Je me sens moi-même sur scène, vraiment ! Parce que sur scène, je ne suis pas moi-même, je suis un personnage. Je me sens moi-même lorsque je ne suis pas moi-même. C'est pour cela que j'adore mon métier. Parce qu'il ne me correspond pas. Ou alors là aussi je mens ?

J'ai peur de moi car j'ai l'impression d'être mon pire ennemi. J'ai la chance d'avoir un travail par ces temps compliqués, un travail qui paie bien, un travail stable. Je pratique un art dans lequel je m’épanouis. J'ai des amis, une famille qui m'aime. Mon entourage trouve en général que je suis quelqu'un de sympa avec qui on rigole bien. Je reçois souvent des compliments. Pourtant, je ne suis pas heureux. Je me sens souvent seul, très seul. S'en dégage une culpabilité énorme. J'ai ce que beaucoup rêvent d'avoir et pourtant je me plains.

Dans mes moments de doutes intenses, je trouve du réconfort dans l'observation du monde, dans l'écriture ou dans le théâtre. Je trouve du réconfort dans l'idée que je ne suis rien d'autre que de la poussière d'étoile, que ma vie est insignifiante et que tout cela n'a au final pas de sens. Je trouve du réconfort dans l'inexistence.

J'ai du mal avec ce que je suis en train d'écrire.
Est-ce que je me mens encore ?
Qui suis-je ?

Cette question m'effraie et me paralyse...
Salut Jonathan, je te donne mon avis ou plutôt mon impression. Il me semble que tu ressens en toi même le besoin d’aller au fond des choses. Est il bon d’aller ainsi au fond des choses.?

À moi il me semble qu’on y est invité, et qu’il existe non pas un mais des chemins de recherche. Ainsi on peut chercher à découvrir patiemment d’aller en venue, d’écarts en écarts des approches qui sont en harmonie avec ses possibilités, d’ouvertures.

Je voudrais que tu prennes conscience à quel point tu arrives à être précis dans la description de ton trouble, de tes angoisses, de tes culpabilités. Bon sang! quand on lit cela on voit bien que tu as fait une grande cartographie de tes rapports avec les émotions, avec l’amour la joie. Je parle de cartographie car il y a une recherche de ne pas te mentir.
Ton mental te dis que cette région est comme ça.... non tu ne le crois plus sur parole. Tu laisse là question de ces cotes lointaines, comme tes sentiments amoureux encore convexes ou concaves.
Tu t’infliges la souffrance du doute, de l’ignorance de ce va être vient douloureux. La souffrance est bonne elle nous oblige a trouver autre chose.

Petit à petit tu vas découvrir lés failles, lés dorsales de l’existence qui te permettront de sentir ce qu’il y a là-bas parce que tu connais les mouvements les formations sous-jacentes. Ses questions alors cesseront de te troubler constamment.

De grandes philosophies, approches psychologiques, pratiques thérapeutique traitent de la découverte de ce phénomène étrange que nous vivons en étant en vie.

Quand on recherche, on les passe en revue, on s’immerge dans l’une, saisi au passage le parfum d’une autre, lutte avec soi même pour savoir si l’on peut accorder a untel le bienfondé de sa croyance même si l’on ne l’a partage pas forcément. On ressace son rapport avec le sexe opposé. On peut avoir l’impression que l’on avance pas. Mais cela je ne le pense pas, encore moins quand je te lis.

Tu es pour moi sur le chemin de l’expérience absolue. Auras tu des réponses absolues ? Je ne crois pas , trop honnête pour cela:) mais ta quête elle, l’est. Ton engagement envers toi même envers la vie se rapproche de cela. Mais les réponses ne le sont pas forcément ce qui est tant mieux car le but est de vivre tous ensemble. De permettre à tout ce qui peut naître de naître, la diversité, la surprise.

Peut-être qu’il n’y a que toi qui puisse t’apprendre des choses, peut-être pas, mais l’autre par son existence peut te surprendre et te faire sentir par là que la vie est juste trop trop bonne...

Pas de conseils pour toi Jonathan juste de l’affection, du soutien.

Vincent
Salut goéland Jonathan ! @fletcherlynd

Quand est-ce que tu passes à la vitesse absolue ? ;)

Tu as peur de mentir ?

Tu es sincère et vrai dans ta peur, tu es sincère et vrai dans ta non-connaissance de ce qui fonde ton identité ...
Accueillir la peur et le doute, sans lutter contre eux, juste comme une réalité que tu éprouves ici et maintenant, et qui fonde, ici et maintenant, ta perception de toi-même. Ce n'est pas*** ta nature profonde, c'est l'éprouvé authentique que te donne à vivre ton intériorité.

Qui es-tu ?
La proposition ci-dessus pointe un début de réponse : tu es là conscience qui accueille tout ce que tu peux éprouver, l'éprouvé n'est pas toi, mais participe à l'émergence de ta conscience.

Qui es-tu ?
Pourquoi, en quoi cette question t'effraye-t-elle ?

Qui/quoi que tu sois, tu es conforme à ta nature. S'il y a de la peur, s'il y a doute, cela a été rajoutée par ton expérience vécue.

Quelques pistes. Peut-être cela te parlera-t-il ? Bonne soirée.
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Atypiker
13 févr. 2021 à 18:21

Recherche de témoignages de surdoués ayant été en échec scolaire

Bonjour, J'ai lu en général que Surdoué peut rimer avec réussite scolaire (pourquoi pas double diplôme ?) comme échec scolaire....
Atypiker
5 avr. 2021 à 12:40

Pensées mutines

Bonjour à tous, Il est étrange comme il peut être difficile de se présenter, même à l’écrit. Enfin, ça l’est...