Atypiker
5 mars 2021 à 09:25
Bonjour,

Je me demande de quoi on parle quand on évoque l'empathie débordante des ""zèbres"".

J'ai une vision assez naïve du corps humain, et je suppose que nous sommes connectés les uns aux autres, comme des ordinateurs en réseau, et que nos cerveaux font plus ou moins tilt en permanence en entrant en communication entre eux. Communication qui la plupart du temps est inconsciente bien sûr, d'autant plus que ça ne concerne peut-être pas que le cerveau (je fantasme pas mal, je n'y connais strictement rien, et si quelqu'un peut m'éclairer un peu sur ce que connais la science à ce sujet).

Je suppose que quand on est empathique, c'est que les réseaux de communications sont très fluides...il y a une grosse bande passante, c'est la fibre optique, ou la 5G, entre nous.

Je suppose qu'il y a une partie sensorielle dans cet échange d'informations.

Donc, ma bande passante est un peu trop fluide, c'est pour ça que quand un collègue, par exemple, se fait une entorse, j'ai moi-même très mal à la cheville. Ce n'est pas spécialement par sympathie pour cette personne, je n'ai pas envie de pleurer sur son sort, c'est purement physique. Depuis toujours, quand quelqu'un a mal quelque part, j'ai mal au même endroit moi-aussi. Est-ce que ça fait partie de l'empathie, ou est-ce que c'est un excès d'imagination, ou est-ce que les deux fonctionnent ensemble ? (heureusement, cette douleur ne dure pas longtemps, on dirait plutôt que je l'expérimente un moment).

Ce premier point est une partie assez rigolote de ce que je suppose être le trop d'empathie, mais il y a plus embêtant dans la vie.

Je suis donc très sensible en face des autres (quand je ne suis pas en mode carapace), et souvent totalement envahi.

Quand j'étais plus jeune, j'avais la fâcheuse tendance à devenir littéralement, l'autre. Je me sentais habité et gouverné par l'autre. J'ai donc souvent formé des couples de dominant/dominé, dont j'ai eu beaucoup de mal à me débarrasser.

Au court de la vie j'ai beaucoup progressé, et aujourd'hui je me tiens à l'écart des gens qui ont tendance à vouloir dominer. Il y a donc peu d'hommes (surtout de ma génération, les plus jeunes sont mieux éduqués) dans les gens que j'aime fréquenter.

Mais quand j'apprécie quelqu'un, il y a toujours un peu ce phénomène d'envahissement, qui fait que je suis assez vite préoccupé par cette autre personne. Je m'inquiète pour elle comme si j'étais son propre parent.

Pour faire court, j'ai assez vite beaucoup de meilleurs amis (un peu comme dans le film ""un ami qui vous veut du bien""), pour qui la réciproque n'existe pas du tout.

C'est très blessant (des blessures entretenues pendant des années et qui ne se ferment jamais), d'être toujours dans des amitiés non partagées. Mais parfois aussi extraordinaire, quand au fil des années, la réciproque se met en place et que l'amitié finit par être réellement là.

Et il y a aussi le contraire dans cette trop grande perméabilité aux autres, c'est quand une personne émet des ondes qui nous dérangent, on se met parfois dans une impossibilité totale de l'aimer. Certains deviennent des ennemis à jamais (enfin, pour moi, ça concerne un seul type de profil, la plupart du temps j'aime les gens qui ont beaucoup de défauts).

Voilà exposé, sous forme de témoignage peut-être un peu trop personnel (ça fera peut-être l'objet d'un autre sujet, cette façon de se dévoiler facilement, souvent dérangeante).

Je ne sais pas si c'est bien abordé, ce qu'on entend par ""empathie"".

Et je me demande si le fait de se dévoiler pour aborder ce thème ne fait pas partie du sujet. Ce qui expliquerai que je n'ai pas encore vu de topic consacré à ça.

bon Inch Allah...j'appuie sur ""envoyer"" (ça me fout la trouille quand même)
Merci pour ton témoignage @momosixtrois

Tu as bien fait de le détailler autant et de parler avec ton ressenti, ta sensibilité.
Ca permet à des gens, moi le premier, de se reconnaître non pas nécessairement dans la chose que tu as vécu mais dans le ressenti.

De ce que j'ai lu et constaté, l'empathie est un trait caractéristique des HP.
Il y a peut-être un peu d'ondes qui passent, mais c'est surtout le fonctionnement du cerveau qui permet cette empathie.
Je disais il y a quelques jours à une amie que je détectais dans son regard, dans son sourire, ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait.
Parce que notre cerveau fonctionne vite, que les connexions neuronales sont plus nombreuses, on peut être plus attentifs à tous ces signes.
On va donc "ressentir" si l'autre nous ment ou nous dit la vérité, ce que signifie l'intonation de sa voix quand il/elle dit quelque chose, les mouvement, l'ensemble du langage "non verbal", détecter des incohérences.

Reste ce que tu fais de cette empathie.
J'ai eu une révélation en lisant le livre "les philocognitifs" de Fanny Nussbaum qui distingue deux types de hauts potentiels qui, selon des analyses neurologiques IRM, utiliseraient plus une partie de leur cerveau ou une autre.
Les philocognitifs laminaires (qui ont un QI homogène) sont pleinement dans l'empathie. Ils perçoivent pleinement tous ces signes. Mais pour eux ce sera une information.
Les philicognitifs complexes (qui ont un QI hétérogène) sont dans la sympathie. Quand ils ressentiront une sensation empathique, ils s'approprieront cette émotion. Elle deviendra la leur. C'est exactement ce que tu décris, avec toutes les conséquences que tu décris aussi.

Après on est tous un peu complexes et un peu laminaires.
Mais je suis, et tu sembles être aussi, pleinement complexe :)

Bravo pour m'avoir devancé pour le sujet Alain !

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beren
19 oct. 2020 à 13:16

Nouvelle arrivée

Bonjour à tous, Je viens de m'inscrire et je découvre le site peu à peu. Merci pour ce site. Je...
olivierleprof
18 déc. 2020 à 12:44

La science a-t-elle toujours raison ?

Un sujet dédicace à mon ami @ankou (parce qu'en fait je t'aime bien et je serais ravi d'avoir ton avis...