davidadmin
24 nov. 2020 à 08:27
Comment avez-vous vécu votre scolarité en tant qu'enfant à haut potentiel ?
Très mal comme la plupart d'entre nous.
J'étais l'élève qui n'étudie pas mais est toujours tête de classe.
Je n'ouvrais quasiment jamais un cahier chez moi (je m'arrangeais pour avoir fini vite fait les devoirs pendant les cours)
Chaque année ma mère me disait: "tu ne vas pas y arriver cette année si tu ne travailles pas" et chaque année, je n'en faisais pas plus mais j'augmentais ma moyenne d'un 1/2 point pour lui montrer qu'elle avait tord.

Je n'ai pas sauté de classe en maternelle/primaire à cause de mes problèmes de santé (j'avais manqué beaucoup de temps) et, quand j'ai demandé à le faire au collège, le directeur a refusé, donc je me suis ennuyée pendant des années entières (la 4e a été l'année la plus inutile). J'ai également demandé à aller dans un établissement spécialisé, mais on a décidé que "ça ne serait pas bon pour moi" qu'il fallait que je m'intègre parmi les autres.

Côté relationnel, c'était une catastrophe. J'étais une élève très seule, qui subissait des railleries de la part des autres. Il m'est arrivé, certaines années, d'avoir un ami (un autre atypique tout aussi inadapté que moi), mais je n'ai pas eu de chance car ils ont tous changé d'école rapidement et je me retrouvais de nouveau seule. Je n'étais jamais invitée aux anniversaires. Je me souviens d'une année où ma mère avait insisté pour inviter des enfants à mon anniversaire (j'avais 8 ou 9 ans), au final, personne n'est venu. Je n'en ai plus jamais organisé...

Il a fallu attendre mes études supérieures pour que j'arrive à m'intégrer. J'étais dans une école internationale (60 nationalités) et il est plus facile d'être différent au milieu d'étrangers, ça se remarque moins. J'ai fait de gros efforts pour devenir une élève moyenne (juste en-dessous des tout meilleurs) afin de ne pas me faire remarquer.

Quand j'ai eu ma fille, je n'ai pas voulu qu'elle vive le même enfer que moi (en plus, son père, THQI, était, lui, le cancre qui n'acceptait aucune contrainte scolaire et avait eu son bac avec 2 ans de retard, pour ensuite faire de hautes études). Je lui ai donc appris à comprendre le fonctionnement des gens. Elle a eu du mal au début, a même été harcelée au collège (mais ça a été réglé rapidement), et a fait comme moi en augmentant sa moyenne chaque année. Vers 12 ans, elle m'a dit un jour: "Maman, j'en ai marre d'être différente". J'étais effondrée mais ai continué à lui apprendre, chaque jour, à comprendre et accepter les autres, la bêtise et les méchancetés des élèves et les incohérences des profs. Puis, petit à petit, elle a compris. Elle a changé son attitude, a commencé à avoir des amis. Elle est toujours tête de classe sans faire grand chose mais a réussi à se faire accepter par les autres. Elle est bien consciente qu'elle joue un rôle avec eux, elle n'a pas fait une négation d'elle-même, ce qui lui permet de garder sa propre personnalité, ses propres idées, de conserver sa différence, mais d'être bien dans sa vie. Elle est la preuve que, si l'on est bien entouré, on peut réussir à s'intégrer, même en étant différent.
Sympa ce sujet.

Quand je lis les livres sur les HP, c'est la partie dans laquelle je me retrouve le moins. Je n'ai jamais été en tête de classe. Et jamais été dans le peloton de queue non plus.

Je suis un passionné donc je fais tout avec passion. Si un sujet me passionne, je m'y intéresse et m'implique. Sinon, j'y mets moins d'énergie et je donne la priorité à d'autres choses plus passionnantes. Je voyais l'intérêt de l'éducation mais je voulais également explorer d'autres choses.

J'ai eu de la chance :
En 6ème, j'ai eu la chance d'avoir une super prof d'anglais et je me suis passionné pour cette langue. Une passion qui m'habite encore aujourd'hui.
En 5ème, j'ai eu une prof de math qui ne faisait pas l'unanimité mais me convenait vraiment. Et je suis devenu bon en math et intéressé par cette matière.
Bonnes notes en anglais, bonnes notes en math. Deux matières étaient suffisantes pour que ma moyenne générale ne soit jamais trop basse.
Et comme j'étais un élève relativement sérieux, qui allait en cours, écoutait, je me débrouillais dans les autres matières.
Et j'avais du temps pour développer des amitiés, souvent en dehors de l'école.

Au final, une scolarité sympa :)
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Atypiker
6 mars 2022 à 18:32

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