chrispanda
5 nov. 2021 à 11:36
Bonjour à toutes et tous,

Je lance cette discussion car j'aimerai avoir vos avis et expériences sur ce point qui me trotte dans la tête depuis quelques temps : j'ai l'impression d'avoir toujours bridé mon cerveau, de continuer à le faire aujourd'hui et j'aimerai arriver à comprendre pourquoi, d'où ça vient, pourquoi je le fais, et surtout est ce qu'arrêter de le faire est quelque chose de souhaitable ?

Voici mes pistes de réflexion (où j'en suis aujourd'hui) :
ATTENTION : ce qui va suivre n'a en aucun cas vocation à être revendiqué comme des vérités universelles absolues, ce ne sont que des avis personnels qui n'engagent que moi. Merci de votre bienveillance :)

Pourquoi je fais ça plus ou moins consciemment ?
- pour être au calme, parce qu'une fois que la machine est lancée...
- pour m'empêcher de constater que je ne maitrise pas grand chose de mon environnement, ce qui est assez inconfortable pour moi,
- pour m'empêcher de constater l'ampleur de ce que je ne sais pas, ce qui est aussi inconfortable pour moi,
- pour essayer de me protéger des difficultés que j'ai peur d'affronter, si je les regarde pas, elles n'existent pas... (si seulement c'était si simple...)
- parce que l'être humain est un être de sensations et donc valorise la rentabilité à court terme plutôt que celle à long terme (cf les problématiques sur l'environnement et les brides de solutions disproportionnées) et qu'il faut donc agir plus et réfléchir moins,

Est ce que c'est souhaitable de lâcher un peu la bride ?
A la fois oui
- parce que des fois il y a de bonnes choses qui en sort,
- retenir c'est se protéger,
- des fois je suis compris, et valorisé pour ça,

Et non
- mais des fois il y a des mauvaises choses aussi,
- relâcher c'est s'exposer,
- des fois on trouve que je réfléchis trop, que paradoxalement je ne suis pas assez naturel ou spontané, et on me le reproche,
- la très mauvaise estime que j'ai de moi même biaise tout mon environnement pour le ramener à moi et à des choses que je n'aime pas chez moi, et c'est très souvent elle qui pilote mon cerveau,

Comment s'y prendre ?
-J'en sais fichtrement rien :(

Qu'en pensez vous ?
"Faut il laisser son cerveau vagabonder" mon instinct me hurle que oui.

Mais bien sûr pas n'importe quand ni n'importe comment...

Je ne crois pas m'être jamais bridé à ce sujet là, je pense que l'idée me paraitrait insupportable même si j'ai conscience de moments ou ce n'est juste pas le bon moment :)
Donc la vie en société fait qu'on est obligé de mettre un couvercle; mais il faut bien se ménager des moments ou relâcher la pression.

Je n'ai jamais conscientisé ça mais pour rebondir sur ton sujet je dirais que :

- j'aurais une crainte éventuelle ce serait l'addiction. Je lis ici et là qu'une caractéristique des cerveaux qui cogitent vite c'est la procrastination. Je ne sais pas si c'est une vérité absolue, mais en tout cas c'est un risque de préfèrer l'univers intérieur à la réalité de la mise en oeuvre car cela peut paraître bien moins satisfaisant et plus futile.

- cultiver son univers intérieur est pour moi une façon de s'accepter soi-même.
Ca permet aussi de cultiver ses paradoxes :D mais c'est salutaire : par exemple faire la part des choses entre sa réalité personnelle et sa projection sociale.

- savoir se fixer ou se reconnaître des limites. Par exemple t'es tu déjà demandé jusqu'ou tu arrivais à penser et si il y avait des notions ou des chemins de pensée que tu n'arrivais pas à prendre ?
Plus simplement, apprendre à reconnaître les impasses et s'éviter les touments inutiles en s'autorisant justement a être incomplet.

Il y a quantité de problèmes qui acceptent des réponses multiples, ou qui créent des paradoxes et n'acceptent aucune solution définitive. La multiplicité des réponses et des points de vue est en soit au moins aussi intéressante qu'une réponse définitive !

- tu n'es pas un problème :) personne n'est un problème, pas toi plus qu'un autre ! Tu n'as pas à chercher de solution à toi, il n'y a pas d'impasse à être qui tu es !

-"relacher c'est s'exposer" : oui ! Je ne peux pas dire le contraire, j'ai ressenti ça toute ma vie. J'ai l'impression que c'est au coeur des rapports sociaux de beaucoup de profils "zebres" (good lord que je n'aime pas ce mot!)
Je commence tout juste à comprendre les choses autrement, mais ça entraîne beaucoup de questions.
La question principale : POURQUOI ?! Relacher c'est s'exposer, ok, et ... ?
Il y a un genre de couche de peur entre sa personnalité consciente; celle qui est généralement pour beaucoup d'entre nous très construite et souvent ressentie comme illégitime (imposture) et ... et quoi ?? quelque chose de plus enfoui, de l'ordre de l'inconscient, qui se protège et qui est ressenti consciemment comme une mauvaise estime de soi.

C'est un décalage qui est justement accentué par le fait que la personnalité sociale est vécue comme construite et illégitime, qu'on a l'impression qu'elle est ressentie par l'entourage comme pas naturelle, etc, c'est un cercle vicieux.

Alors qu'en fait.... il n'y a pas vraiment de risque concret à s'exposer, mais moi je n'ai compris ça que très tard dans ma vie; c'est à dire après beaucoup d'expérience et d'expérienceS.
C'est juste une façon différente d'exposer ses faiblesses en fait mais il ne faut pas croire qu'elles ne sont pas exposées avant !
Comme je le lisais dans un autre sujet : les sarcasmes sont souvent une marque de faiblesse pour qui sait les lire. Un genre d'armure sur le principe que la meilleure défense est l'attaque.
Vaut-il mieux présenter une grosse armure bien visible qui tient tout le monde à l'écart et ne cache pas grand chose de ses faiblesses; ou une tranquillité sereine à être soi-même, distance, joies et faiblesses comprises ?
@chrispanda
Lâcher la bride dans le cadre d'une activité inventive (rap, jonglage ou colloque d'architectes : même bienfait) aide à faire sortir et circuler les idées : d'abord le "moisi de la confiture" qui déclenche des discussions, puis les brillantes trouvailles qui patientaient dessous et seraient mieux dans l'air que dans un crâne.

Un moyen qui a porté ses fruits pour moi : élever ce moment de pensée vagabonde les yeux plantés dans l'horizon au rang d'activité hebdomadaire, avec un horaire défini et dans un lieu précis.
Rendre ce moment et actf, le distinguer d'une simple rêverie, pour permette un retour à une concentration efficace ensuite.
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D-aventure
30 sept. 2024 à 10:23

HPI et biais cognitifs

La tentation serait grande de croire , un peu naivement certes, qu 'etre surdoué permettrait d'éviter de tomber dans la...
Atypiker
30 mai 2021 à 21:47

Être HP. Le dire ou ne pas le dire a son entourage?

La question est simple. Dites-vous que vous êtes HP et pourquoi? A qui dite-le vous , a qui pas? Comment...