lemisa
30 nov. 2020 à 14:49
De mon point de vue, tous les DRH et tous les cabinets de recrutement devraient être sensibilisés à la douance et devraient connaître et reconnaître leurs collaborateurs zébrés.

Or c’est très loin d’être le cas et la plupart des personnes travaillant dans les ressources humaines ne connaissent pas les particularités de ces collaborateurs qui représentent tout de même 2,3% de la population française et qui sont présents à tous les niveaux de la société, du balayeur au PDG. De fait, ils en côtoient tous ou seront amener à en côtoyer au cours de leur carrière, d’autant plus s’ils évoluent dans une grande entreprise.

Le fait de ne pas connaître ces profils crée de gros trous dans la raquette ! Alors qu'ils pourraient être un réel atout pour l’entreprise s’ils étaient identifiés.

Faudrait-il aussi qu’ils soient connus…

Les clients zèbrés que je reçois me parlent d’ennui, d’avoir fait le tour de leur mission, de différence de notion de temps entre eux et les autres, d’un fort sentiment de décalage avec leurs collègues, d’incompréhension, de harcèlement… qui les poussent à partir à aller voir ailleurs, souvent bien avant d'avoir dépassé les 2 ans d'ancienneté, où l’histoire a tendance à se répéter. Ils se posent beaucoup de questions sur leur place dans l’entreprise, ils rêvent d’autres choses, de tout changer, de créer leur propre activité.

Les zèbres sont-ils incompris dans leur entreprise ? Oui et non.

Oui, ils sont incompris en tant que salarié lambda : le perfectionnisme agace, les nombreuses questions font douter sur leurs capacités de compréhension, l'humour n’est pas compris, l' hyper sensibilité finit par être ressentie comme de la sensiblerie, les sorties du cadre étonnent, le trop plein d’énergie fatigue, le vocabulaire interpelle…

Non, ils ne sont pas incompris en tant que zèbre ; ils ne sont juste pas connus !
Et là, la responsabilité est partagée.
Du côté des ressources humaines, les recruteurs ne sont pas informés et encore moins formés aux atypiques. Donc, s’ils ne sont pas eux-mêmes HPI, ils ne sont pas sensibilisés au sujet.

Et de l’autre côté, partant du principe que pour vivre heureux, vivons cachés, le zèbre se noie dans la masse et fait tout son possible pour passer inaperçu. La faute aux préjugés très vivaces dans notre société où les zèbres sont considérés avant tout comme des surdoués. Et « surdoués » rime avec omniscients et s’entend encore comme supérieurement doués et intelligents laissant la place à tous les raccourcis connus de tous comme : ""Pour toi ça devrait être facile, puisque tu es surdoué-e !""
Les préjugés et les malentendus ont décidément la vie dure !

ALORS COMMENT SE DEVOILER SANS PASSER POUR QUELQU’UN QUI VEUT SE METTRE EN AVANT OU QUI SE CROIT SUPERIEUR ?

Pas d’autre choix que d’informer et d’expliquer.
Mes clients viennent me voir pour être coaché sur leur problématique professionnelle et au fur et à mesure de ces belles rencontres, je fais le constat d’un immense gâchis.
Par manque de connaissance, les entreprises sous exploitent leurs collaborateurs HPI alors qu’elles pourraient utiliser leur atypisme au bénéfice de leur réussite. Dans un partenariat gagnant-gagnant, chacune des deux parties pourraient s’appuyer sur l’autre pour avancer.
Pour l’entreprise cela implique d’avoir une ouverture d’esprit suffisamment large pour laisser les atypiques travailler de façon différente et leur faire confiance. Cela signifie aussi être à l'écoute de leurs besoins et en particulier celui d'être nourri intellectuellement pour ne pas s’ennuyer, et aussi pour rester. Cela peut se traduire par mener plusieurs missions en même temps dans des domaines variés, travailler sur plusieurs projets simultanément, demander à travailler en 4/5 pour s’adonner à ses propres activités, changer de poste, faire partie de groupes de travail sur des sujets qui n’ont rien à voir avec son métier,…

La route est longue avant que les zèbres avancent à visage découvert dans leurs entreprises, mais pourquoi ne pas rêver du jour où la couleur sera annoncée sur le CV, aussi simplement qu’on indique son âge : Marie Durand, 35 ans, HPI – QI 132.

Et vous, qu'en pensez-vous ?
Bonjour Isabelle,

Je trouve votre suggestion très intéressante: en effet le profil atypique jouit d'une mauvaise réputation dans le monde de l'entreprise. Je suis cependant sceptique quand à votre approche des problèmes soulevés:

1. Le problème de sous-exploitation des ressources et de l'ennui au travail touche un pannel de personne bien plus larges que les HP. Sensibiliser les RH a une utilisation plus large de leurs ressources et la stimulation intellectuelle est selon moi une necessite, mais je pense que le presenter sous l'angle "inclusion des HP" serait une erreur, car cela serait a la fois inexact et reducteur. Plus le nombre de personnes concernees par un probleme est important, plus il est facile de convaincre quelqu'un en face que le probleme merite d'etre resolu.

2. Le diable est dans les details pour ce genre de sensibilisation. Comme vous l'avez bien dit, HP et zebre est souvent synonyme de surdoue. Demander des amenagements supplementaires pour des gens qui sont deja "privilegies" d'une certaine maniere peut tres mal passer au-pres de la plupart des gens. Ici aussi, l'ouverture d'esprit et la felxibilite d'une entreprise pourra accomoder des profils bien plus divers et varies que les HPI, je pense aux personnes qui ont une famille, qui travaillent loin de leur lieu de domicile ou ceux a qui ont un rythme de vie particulier qui leur impose une tranche horaire de productivite decalee...

Sur une note plus personnelle, je ne pense pas qu'anoncer son profil neurotypique sur un CV soit quelque chose de souhaitable a mes yeux. Je souhaite en effet me distinguer par mes competences plutot que par mon profil neurologique. Je pense que c'est une information tres personelle et le partager me rend mal-a-l'aise. Je chipote un peu sur ce dernier point, j'en conviens. C'est juste que cette idee m'a fait peur. J'ai deja du mal a mettre ma photo de peur qu'on s'attarde plus sur mon visage et mes yeux enfantins plutot que sur la variete des langues que je maitrise.

Est-ce que vous pensez pouvoir m'en dire plus sur la facon dont vos clients HP ont reussi a gerer des situations en rapport avec leur particularites? Les RH etaient-ils a l'origine d'un meilleur dialogue ou cela s'etait effectue a la discretion des managers?

Excusez la disparition des accents, j'ai un clavier qwerty et j'ai abandonnee l'idee de mettre des accents a mi-chemin car je ne me souviens pas du layout des claviers azerty.
@lemisa

Bonsoir,

Je suis pour une reconnaissance : j'ai eu une expérience avec l'APEC où j'avais fait part de ma douance, pour expliquer qu'a priori certains contextes pourraient être toxiques pour moi et/ou ne permettraient un épanouissement ni pour moi ni pour les autres, et mon interlocuteur de l'époque m'a indiqué que ce n'était pas quelque chose de significatif…

Par contre, je ne souhaiterais pas non plus être regardé comme quelque chose à part : comme beaucoup ici, je pense que l'on cherche à ce que nos différences soient reconnues, tout en se fondant dans la masse, ce qui est paradoxal.

Plus globalement, ce sont les managers qui devraient être formés. Pour l'avoir vécu, je sais combien un management toxique peut être nuisible.
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