Atypiker
14 mai 2021 à 13:28
Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait plusieurs années que j'ai eu l'occasion de rencontrer les terminologies zèbre, HP etc. mais pour des raisons personnelles je n'ai jamais cherché à avoir de diagnostic ou de reconnaissance officielle de quoi que ce soit. Par contre je cherche à améliorer en permanence ma compréhension et ma communication autour de la manière dont je vis le monde, les autres et moi-même.
Je veux aujourd'hui en partager un aspect avec vous car je suis intéressée de savoir à quel point certaines personnes d'entre vous peuvent se reconnaître ou non. Je suis aussi curieuse de tout autre commentaire ou retour d'expérience qui pourrait être constructif par rapport au sujet que je tente d'aborder et d'éclaircir.

(Il m'arrive de parler du thème que je veux aborder ici avec quelques personnes mais c'est la première fois que j'essaye de le mettre par écrit, donc j'espère arriver à me rendre compréhensible).

Pendant longtemps j'ai cru que j'étais sujette à une sévère dépendance affective. Depuis très jeune je ne peux m'empêcher de jeter mon dévolu sur quelqu'un, qui va concentrer mon intérêt et mes projections en tout genre (pas seulement affectives mais aussi intellectuelles, cad par exemple besoin de partager tout un tas d'envies, de questions ou de découvertes).
Avec les années et grâce à une expérience qui m'a été salutaire, j'ai fini par comprendre que ce qui prenait la forme d'une dépendance affective dans mon cas n'en était pas une, mais qu'elle cachait en fait ""simplement"" un immense besoin de partager, de communiquer, d'être stimulée, mise au défi de me dépasser etc. et que, ayant été, enfant et ado, dans une certaine ""pauvreté"" relationnelle, je choisissais une seule personne, que j'investissais sur le seul mode qu'un certain conditionnement m'avait appris : le mode affectif.
Je passe les détails et autres péripéties. Aujourd'hui, j'ai pris de la distance par rapport à ce voile d'extrême affectivité qui recouvrait mon besoin interactif, mais je me rends d'autant mieux compte que la complexité de mes vécus à la fois affectifs et intellectuels (pour n'utiliser que deux grandes catégories) ne rentre pas dans les cases de mes interlocuteurs, qui ne parviennent pas à interpréter mes modes d'interaction et se sentent souvent dans un certain malaise face à moi.
Concrètement, quand je rencontre des personnes qui m'intéressent (ça arrive assez rarement mais il y en a), il y a d'emblée un décalage d'investissement (dont je peux modérer l'expression aujourd'hui du fait d'avoir ôté une part faussement affective) : je me sens toujours à un niveau d'implication et d'intensité largement supérieur à celui de l'autre personne, et cela même quand la personne semble pourtant dans un intérêt réciproque vis-à-vis de moi. Vous aurez compris que je ne parle pas spécifiquement d'un cadre de relations amoureuses, mais - là où je veux en venir ! - quel que soit le cadre relationnel dans lequel s'inscrit la rencontre, je ressens tous mes vécus comme très unifiés, et j'ai l'impression que c'est le point principal de mécompréhension entre ces personnes et moi.
Je vais essayer de préciser ce que je veux dire par ""unifiés"". Je crois que les gens ne comprennent pas - n'envisagent pas - la complexité (et l'évidence (unicité) de cette complexité pour moi!) de mes vécus, c'est-à-dire le fait que je vive comme au même niveau et simultanément différentes strates qu'eux ont l'habitude de séparer de manière très stricte. Par exemple, quand quelqu'un m'intéresse, il y a toujours pour moi différents niveaux qui sont intrinsèquement liés : mon appréciation d'une personne est tout à la fois intellectuelle-émotionnelle-affective-éthique-professionnelle-etc. Ce n'est pas que je ne sache pas distinguer ces différents aspects mais c'est très naturel pour moi de vivre ces vécus comme un tout unitaire. Là où ça pose problème dans mes interactions c'est que par exemple si j'échange sur mes recherches (études de philo) avec une personne (intéressante pour moi) qui est en couple (ou pas, d'ailleurs, mais c'est pour l'exemple), elle (ou la personne qui partage sa vie) va rapidement trouver suspecte la grande attention que je vais lui porter, par exemple en lui envoyant souvent des références que je lis qui peuvent l'intéresser, ou en lui posant des fois des questions (trop?) personnelles, etc. Ça va être perçu comme potentiellement excessif, déplacé ou en tout cas comme signifiant que j'ai d'autres intentions/attentes que seulement professionnelles, alors que pour moi ce n'est pas le cas ! Ou plutôt c'est tout à la fois, mais dans une certaine neutralité : si je partage ou questionne c'est du fait d'une sorte d'excès par lequel je me sens traversée, mais je peux être en même temps dans une certaine absence d'attente. Concrètement je peux poser des questions très personnelles parce que le témoignage de l'autre m'intéresse, ou répondre de manière très affective à un moment donné pour une raison ponctuelle, mais sans que ça implique aucune projection relationnelle de ma part. Je sais que ça m'arrive de fonctionner comme ça simplement du fait de mes hyper""activités"" (hyper stimulations intellectuelle, sensitive, émotionnelle) qui font que j'ai envie d'échanger sur tout ce que je vis avec les quelques personnes avec qui je suis en interaction (en fait, en général je ne communique qu'entre 10 et 20% de toute ce que je pourrais/voudrais partager, et ça semble déjà bcp pour les autres).
Même quand je rencontre quelqu'un qui me plaît beaucoup sous différents angles, je n'ai pas d'attente spécifique à son égard parce que je suis très occupée et vis bien ma solitude quand elle est là donc je n'ai pas d'attente relationnelle déterminée (je ne cherche pas de relation de couple par exemple et ne ressens pas le besoins de remplir mon temps libre avec des amis etc.), et pourtant j'ai l'impression que même un partage minimal mais sincère/ouvert de mes vécus / questions / pensées etc. est très vite considéré comme trop investi, donc étrange et inconfortable pour les personnes en face.

Je ne suis pas sûre d'avoir réussi à vous communiquer clairement ce que j'avais en tête. Ce qui m’intéresse particulièrement est de connaître vos expériences sur la différence que j'essaye de mettre en mots entre d'une part, chez moi, un entremêlement des vécus et une tendance à communiquer intensément sur les différents plans sans séparer selon des catégories qui, je suppose, seraient censées correspondre à différents types de relations sociales; et d'autre part, pour les autres, une classification nette des vécus avec une communication très inégale (ne pas partager d'aspect émotionnel ou affectif avec qqn avec qui on a une très bonne relation mais censée être professionnelle/intellectuelle par exemple). Et le paradoxe qui naît de ça entre la retenue dans laquelle je me sens et le sentiment que les autres ont d'une trop grande implication de ma part.

Merci à celles et ceux qui m'ont lue jusqu'au bout, et au plaisir de vous lire à mon tour !

P.S.: Est-ce que c'est le bon endroit pour poster ce sujet ?
Bonjour

C est complètement incroyable de se reconnaître aussi bien dans ce que tu as décrit initialement Electre et que d autre ont aussi si bien développé ou confirmé...

Pour ma part j ai presque 50 ans et je vis toujours avec ce démon !
Passion ou rien tel est le dilemme qui me ronge avec tjs autant de force
Car oui au final il reste presque des choses qu on aurait pu vivre dans un roman
Des choses que l on aurait jamais imaginé
Honnêtement je ne sais pas comment guérir de cette particularité qd bien même on se dit non tu vas pas recommencer

Mais la passion emporte tout en une fraction de secondes

Le déclic se fait et il est deja trop tard

Au vu de tout ce qui est dit je me demande même si on ne devrait pas créer une communauté des intensifs passionnés ! Et se rencontrer tous ensemble ! Avec les risques que cela pourrait comporter ?

En tout cas merci Electre d avoir lancé un sujet qui montre au fond qu il n est pas et loin de la un cas isolé !

Bon dimanche !
@vibcent parce au au final t apparais comme un extra terrestre aux yeux des autres et que souvent tu n as pas qu une histoire mais plusieurs ...
Je te rassure je crois que je n en guérira jamais et qu on fond j adore les symptômes !?
Quid de la création de la communauté ?
Une sorte de communauté ou on pourrait partager sur cette thématique... quitte à faire notre congrès annuel ;)
Skype zoom ? Autrement
A votre bon cœur
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Natt
19 avr. 2021 à 08:37

Recherche thérapeute pour HPE en Corrèze

Bonjour à toutes et tous .... Je suis domiciliée en Corrèze .... si quelqu'un pouvait me conseiller un ou une...
Atypiker
21 déc. 2020 à 19:22

Présentation, et premières questions 🤔

Bonsoir ! Je suis Ludovic, je suis du Grand Est, et c'est ma première visite sur ce curieux forum !...