Atypiker
30 avr. 2020 à 06:42
J'aimerais savoir s'il y a un écho dans la communauté des atypiques sur la notion de ""paradis perdu"".

En effet, ce paradis perdu correspond à un manque toujours effectif. Quoique nous fassions, quoique nous éprouvions.

Comme s'ils nous manquaient par immanence quelque chose. Que l'on se mettait à rechercher à travers différentes stratégies mais le point commun que l'on pourrait observer est la recherche de la perfection, du beau, et surtout de la paix.

Comme si au final le paradis nous a été enlevé comme tout le monde (neurotypique y compris) mais que notre différence est dans le souvenir de celui ci dans la sensation du beau et de la paix.

Qu'en penses-vous ?
Salut JB,
Tu pointes là une question existentielle et spirituelle... Si ce n'est LA question existentielle.
Je crois tout comme toi qu'elle est commune à tous, zèbres ou non, mais que ce degré de questionnements profond chez nous la rend plus présente.
Je rejoins le post précédent sur le moment présent, et je me propose de l'aborder autrement.
Depuis des millénaires, des hommes ont cherché à décrire le chemin pour retrouver ce paradis perdu, que la bible décrit initialement comme étant "sur terre", et perdu à cause du "désir d'accéder à la connaissance". Il est très intéressant de remplacer ça par... "le mental". Jésus dira "heureux les simples d'esprit ils seront les 1ers au royaume du seigneur". Mais aussi "le royaume du seigneur est en chaque homme". Je cite Jésus en retenant sa nature d'eveillé, et sans dimension religieuse. D'ailleurs l'évangile selon Marie madeleine, qui a été évincé par les machistes lors du 1er concile et qui est aujourd'hui à Berlin dans un musée, est édifiant à ce propos. Elle appelle Jésus "l'enseigneur". Aucune dimension religieuse ou mystique ne s'y trouve, purement philosophique.
Bouddha lui aussi a vécu la même expérience d'une très profonde et longue meditation dont il est ressorti en ayant justement découvert l'illusion du mental, et sa nature de souffrance.
D'innombrables individus souvent inconnus ont eux aussi réalisé ce chemin "d'éveil", le plus connu de nos jours étant probablement Eckart Tolle que tu peux lire ou écouter sur YouTube d'ailleurs.
Ce qui est aidant aussi, c'est de constater que de nombreux courants de spiritualité ("pratique de l'esprit"), ont décrit ce chemin d'éveil, jusqu'à ce que la sociologie et la psychologie l'abordent à leur tour d'une manière plus froide et scientifique... mais étonnamment similaire.
Je pense que tu trouveras tes réponses dans ces domaines qui décrivent tous la même chose, de Bouddha à Maslow, de Jesus a Carl Jung, etc...
En résumé extrêmement court et réducteur : l'homme de par son mental, vit dans des illusions qui le coupent de lui-même et de la vie et le mettent en souffrance. Il nait dans un sentiment de séparation et d'incompletude, appelé la dualité, qui selon moi est le fruit du langage dans ce qu'il génère de logiques d'étiquetage et de classification separative. On se définit avant tout par ce que l'on n'est pas, dès notre 1er mot (maman), et cette logique du OU est le 1er écueil mental qui créera de l'opposition et non de l'union. C'est la peur et le manque qui dominent nos émotions et que le mental cultive en l'homme. Ils sont associés au futur et à nos tentatives de contrôle sur lui, ou au passé et à notre résistance à ce qui est, ce qui est arrivé, ce que nous avons été. Donc toujours au jugement du mental sur les choses, donc aussi sur soi. Ainsi ni la vie ni nous mêmes ne sommes parfaits, paradisiaques puisque nous les jugeons. Est ce que ce qui arrive est bien OU mal ? Ai je bien fait OU pas, etc...
Mais pourtant chacun ignore en quoi un échec, une frustration, une difficulté, peuvent être de magnifiques opportunités pour celui qui sait les regarder ainsi. C'est dur ET c'est une chance. C'est triste ET cela me permet d'identifier là où je suis encore trop dans une logique de manque ou d'attachement...
Pourtant dans le moment présent, si l'on fait taire le mental, nous avons accès au bonheur et plus encore à une connexion à soi-même si profonde, qu'elle peut nous connecter à la nature de toute chose, et au paradis que tu recherches. Il s'agit donc bien d'utiliser le mental pour observer et deconstruire le mental, et permettre un état d'être beaucoup plus présent, au présent, sans jugement ni résistance, pour accéder à ce paradis qui pour ceux qui l'habite est décrit comme innefable.
Ce chemin est décrit dans de nombreux textes spirituels, dans le bouddhisme, dans certains travaux de sociologie, mais aussi dans les travaux de CG Jung, ou encore dans les textes de Krishnamurti, d'eckart tolle ou de nombreuses personnes. La pleine conscience en est une des voies, mais aussi le yoga et mille autres manières.
Il est accessible à chacun et ce qui pour ma part est la vraie question existentielle derrière la tienne est: alors que le chemin du bonheur est connu et décrit depuis des millénaires et que l'internet a offert à presque tous un accès à ce savoir mais que nous en ignorons la pertinence, l'homme peut il collectivement sortir de sa souffrance ou bien cette expérience ne peut elle résulter que d'un déclic individuel ?
Vu mon travail tu comprendras que j'ai choisi de croire qu'on peut aider les autres et le Monde a ouvrir les yeux. Mais comme chaque pensée, c'est un choix et non une vérité.
Belle journée à toi et bon chemin vers ton paradis "pas si perdu"

JB @rumi, je pense très bien comprendre ce dont tu parles. C’est quelque chose que j’ai ressenti depuis toujours je crois.

Je partage aussi ce que dit Jo à propos de la priorité de vivre dans le présent puisque c’est aussi mon choix, plus encore actuellement.
Pourtant, ce ressenti d’un paradis perdu peut très bien se vivre encore au présent et dans ce cas, je pense qu’il est bon de s’en préoccuper, car je l’interprète comme un véritable appel de l’âme. Et quoi de plus essentiel que d’écouter et de répondre à l’appel de notre âme et donc en même temps du divin puisque les deux sont liés ?

J’ai longtemps souffert de ce sentiment de paradis perdu et il y a une vingtaine d’année environ, au cours d’une formation à une pratique de thérapie naturelle, j’ai suivi un stage sur la naissance et la mort, stage pendant lequel nous avons fait différentes pratiques pour nous y connecter autrement que mentalement, notamment qui nous ont permis de revivre notre naissance.
Au cours d’une méditation guidée, dont je ne me souviens plus du contenu, ni de l’objectif, j’ai vécu quelque chose de très différent. J’ai eu le sentiment de me retrouver juste avant mon incarnation et je me sentais tellement vaste, lumineuse, libre, en paix, en amour, etc. notre vocabulaire est beaucoup trop limité pour exprimer ces sensations. Puis, peu à peu, je me suis sentie aspirée vers le bas et tout s’est assombri, s’est resserré et j’ai perdu le contact avec le lieu et l’état dans lequel je me trouvais. Très vite c’est devenu très pénible, voire insupportable, car j’ai vraiment eu le sentiment de tomber dans l’obscurité et le froid et j’ai eu le sentiment de mourir, puis à la fin d’être morte...et j’ai pleuré, pleuré, pleuré, tellement c’était un choc et horrible. Puis j’ai réalisé que je venais de revivre ma naissance sous un autre angle...et j’ai compris alors d’où me venait ce sentiment de paradis perdu qui m’accompagnait depuis si longtemps. Pour moi c’était clairement de notre « chute » dans l’incarnation !

Ensuite, je me suis raccrochée à cela, en me consolant avec l’idée de savoir que je retrouverai cela après ma mort. Ca n’en restait évidemment pas moins souffrant.

Puis, au fur et à mesure que j’ai avancé sur mon cheminement intérieur, spirituel, j’ai commencé à comprendre qu’en fait nous avons oublié tout cela en naissant et qu’une de nos « missions de vie », probablement même la principale, est de se souvenir de cela, de qui nous sommes, d’où nous venons et d’y retourner tout en restant incarnés ici sur Terre, car tout cela est en nous !
Le chemin de retour à ce paradis perdu se trouve en nous et c’est là le défi de le retrouver pour pouvoir ensuite vivre ce paradis ici sur Terre.
Je pense que c’est à cela que nous sommes tous appelés et que beaucoup d’entre nous redécouvrent aujourd’hui. Et c’est en même temps le cadeau de cette période de confinement, car quelle meilleur opportunité que celle-ci pour nous empêcher de nous disperser dans tous les sens dans 1001 activités et nous inviter à prendre le temps de revenir à nous et à l’intérieur de nous ?

Voilà, ce que j’avais envie de te partager et de partager à ceux qui me liront, même si je sais que pour certains je risque de passer pour une illuminée, mais peu m’importe, car mon message s’adresse avant tout à ceux en qui il résonnera...tout en précisant, que je ne prétends pas détenir la vérité et que je suis moi-même encore en chemin, précisément sur ce chemin-là, mais que je ne suis pas encore arrivée non plus !
Par contre, je dois reconnaître, que plus j’avance et plus je ressens à nouveau des « petits moments de paradis », moins je ressens le manque de ce paradis perdu et plus je me sens appelée à avancer sur ce chemin…
🔒 6 autres réponses sont accessibles après inscription
Remois
2 août 2023 à 12:31

Qui est intelligent et sensible ?

Est ce que vous trouvez que Lady Gaga Freddy Mercury et Amy Winehouse sont des génies !
Atypiker
25 oct. 2021 à 08:35

Alors, diagnostic ou révélation ?

Lorsque je pense au jour ou la neuropsychologue m'a confirmé ma douance, à l'aube de mes 57 ans, je parle...