fanny-laug
25 oct. 2020 à 14:16
Bonjour à toutes et à tous,

Je m'appelle Fanny, j'ai 21 ans dans quelques temps et je suis localisée vers Strasbourg.

J'ai été récemment reconnue comme HPE, ce qui a pu expliquer beaucoup de choses inexplicables.

Etant gamine, j'étais une petite fille que l'on qualifiée toujours d'hyperactive, de pipelette, de boule d'énergie qui ne s'arrêtait jamais.

Il m'arrivait souvent en moyenne section et au collège d'apprendre mes poésies couchée sous la table à manger, en marchant ou en faisant autre chose dans la maison. Une chose qui était impossible pour mes parents qui trouvaient que je manquais de concentration et pourtant, cela marchait. C'était ma manière à moi de me concentrer et d'intégrer de nouvelles notions.

J'ai depuis toute petite été à l'écart des autres, incomprise et regardé de travers ce qui a fait de mes années scolaires une souffrance énorme. J'étais toujours seule que cela soit en classe, en cours de récréation, lors de projets de groupe. J'étais là sans être là. Je passais des heures à regarder les autres jouer, discuter et échanger sans pouvoir y prendre partis par peur de leurs réactions.

C'est au collège que cela a été le plus dure. J'étais dans un collège privé qui plaçait la barre très haute, beaucoup trop haute pour moi.

Niveau résultats scolaires, l'objectif était toujours de pouvoir avoir la moyenne et encore quand cela était possible.
Dans certaines matières je pouvais être plutôt bonne et dans d'autres tout l'inverse.
J'ai travaillé des weekends entiers, j'ai eu des cours particuliers, bref j'ai fais mon maximum mais cela n'a pas suffit.
Les mathématiques je n'y arrivais pas. Je ne comprenais pas. Je n'avais jamais assez de temps. Cela m'a d'ailleurs causé un redoublement pour pouvoir être à la hauteur avant d'aller au lycée.

Au niveau relationnel, des liens se faisaient puis se défaisaient.
J'ai réussi sur les 2 dernières années à appartenir à un groupe. Je passais de la fille toujours seule à une fille qui avait des amis. Mais voilà, l'orientation de chacun dans des lycées différents nous a éloigné.

Une fois au lycée, ma vie a clairement basculée.

Au départ, c'était compliqué autant scolairement que socialement mais cela a vite évolué.

Je suis passée de celle qui était toujours dernière au collège, la nulle de service, à celle qui était première de classe, l'exemple à suivre au lycée.
Concernant les mathématiques, cela restait par contre très fragile mais j'arrivais plus ou moins à obtenir la moyenne.

L'équipe pédagogique se posait donc des questions sur moi et ce brutal changement.
Mais au fond, je n'avais pas changée. J'avais juste pu me diriger vers ce qui me plaisais et exceller dans les matières spécifiques.

Mais voilà il y avait encore un problème. Comment expliquer d'un côté une moyenne de 18 en sanitaire et social et de l'autre une moyenne de 8-9 en maths.

Ma prof de maths du moment a quand même vite compris que ce n'était pas une question de travail mais qu'il y avait sûrement un autre problème.
Elle voyait que je pouvais y arriver mais qu'il me fallait juste plus de temps. Elle a donc commencé à m'en accorder davantage par rapport aux autres pour tester mes capacités.

Cette prof a remarqué que j'étais tout à fait capable d'obtenir de bons résultats mais que les méthodes utilisées pour y arriver n'étaient pas communes, ce qui en effet pouvait me demander plus de temps que les autres.
Elle m'a donc fait part de ses observations et m'a conseillée de réaliser des tests intellectuels chez un professionnel.

Je suis donc allée voir un neuropsy qui m'a fait ces fameux tests de QI.
Mais là, les résultats n'étaient pas là, mon QI était soit disant dans la norme. Pour autant, le besoin de temps à vite était mis en évidence.

Ce besoin de temps a été justifié par une charge mentale de travail qui soit vite saturée notamment lors de calculs et j'ai donc été reconnue comme pouvant être dyscalculique.

J'ai donc obtenu un tiers-temps pour le bac qui m'a clairement permis d'obtenir la moyenne partout et d'avoir mon bac haut la main.

Mais là encore une fois je ne parle plus que de résultats scolaires, de QI, mais où est passé le côté relationnel ?

Pendant mes années de lycée, je me suis faite beaucoup d'amis et j'étais enfin à l'aise.
Néanmoins, cela restait pas forcément stable car très émotive, sélective, craintive, déçue des gens, je ne restais pas souvent entourée par les mêmes personnes.
Et j'ai fini par découvrir que le fonctionnement / les qualités des personnes en situation d'handicap correspondaient aux miennes et que oui j'avais peut-être un handicap mais qu'en étant parmi elles je pouvais être normale.

Je me suis donc lancée en études supérieures dans un métier qui a surpris beaucoup de monde : éducatrice spécialisée.
Cela me permettait de me dire que mon investissement ne serait pas réalisé pour rien. Et aujourd'hui je peux le confirmer, ce n'est pas pour rien.
Ce sont des personnes entières qui jamais ne feront de mal volontairement à quelqu'un puisqu'elles même espèrent que l'on leur fasse du bien.
C'est peut-être un moyen de protection pour moi mais aussi de reconnaissance.
Professionnellement, tout va bien donc, car j'ai fais de ma différence une force.

A côté de tout cela, cela reste actuellement compliqué amicalement et amoureusement.
Certes au niveau scolaire et professionnel, j'ai su trouver des solutions mais ce n'est pas encore le cas pour ces relations là.

Je suis donc suivie psychologiquement depuis 1 an environ afin de pouvoir agir sur mon implication dans ces relations.

C'est cette année, grâce au suivi psy, que je suis passée du profil dyscalculique au profil HPE.
Je savais déjà ne pas être HPI suite aux résultats de QI mais je n'avais pas envisagé d'être HPE, et pourtant... Tout correspond.

Je ne détaillerai pas toute ma vie sentimentale ici mais oui j'ai un profil atypique à ce niveau là.
A toujours tout anticiper, à vouloir tout contrôler, à tout prendre à cœur, à s'investir et à attendre de trop de l'autre, on finit par ne plus vivre normalement et sainement.

J'en suis là, et j'espère que ça puisse encore évoluer.

Je me suis battue sur tous les plans pour pouvoir avancer malgré tout et je me battrai encore s'il le faut.

Je ne sais pas si des personnes prendront le temps de lire ce récit et de réagir en conséquence mais j'espère que des personnes pourront s'identifier et pourquoi pas me faire avancer également.

Mon but en étant ici est de pouvoir me créer des cercles avec des personnes qui pourront partager les mêmes valeurs que moi, le même parcours, les mêmes envies et surtout de me sentir plus vraie avec des personnes qui le sont tout autant.

Merci pour votre lecture !

La guerrière
Bonjour Fanny,

Je suis admirative de voir le récit de votre vie déjà bien partie surtout quand on se surnomme la guerrière, j'adore!!!!!
Je viens d'arriver sur le site et je n'ai pas du tout le même parcours que vous mais j'ai vu que nos profils mbti étaient compatibles à 80% donc si vous souhaiter discuter, j'en serai ravie, je crois que vous pouvez me donner des leçons de courage et de ténacité.

Bonne route à vous
Le coup de la dyscalculie qui tombe comme ça! POF! Waouh, à ce moment là de ma lecture, gros tambours sourd en fond.

Une chose qui était impossible pour mes parents qui trouvaient que je manquais de concentration et pourtant, cela marchait.
Cela marchait, mais est-ce que ça a été reconnu que ça marchait? Est-ce que tes parents te laissaient faire? Est-ce que tu te sentais légitime dans ta méthode? Ou est-ce que tu culpabilisais de ne pas savoir faire "correctement" ?
C'est une question vraiment intime mais... comme ton texte me fait beaucoup réfléchir, que pour le faire raisonner je ramène à moi, je m'interroge.

j’ai fini par découvrir que le fonctionnement / les qualités des personnes en situation d’handicap correspondaient aux miennes
J'ai moi-même appris le braille, un peu de LSF, et surtout me sent tellement proche des autistes.
Mais toi, comment t'es-tu retrouvée à ce constat?
Mon frère admet beaucoup de troubles du spectre autistique. Du coup son fonctionnement admet une grande logique à mes yeux, et le rejet des autres à son égard me déboussole et c'est leur logique qui m'est floue.
Quant à la LSF et au braïlle, ceux sont les options que j'ai choisie à la fac en cours du soir, sans doute car tout ce qui est rejeté ou peu intégré m'est apparu comme sympathique. Et ça n'a pas manqué, j'ai vraiment été passionnée et leur logique/leur monde me paraît plus accessible que celui du "bon sens", où encore aujourd'hui, il semblerait que j'en manque cruellement selon mes paires.
Mais toi du coup? Te souviens-tu du moment où tu as pris conbscience de tes affinités avec
le fonctionnement / les qualités des personnes en situation d’handicap
?

dans un métier qui a surpris beaucoup de monde : éducatrice spécialisée .

0_0 Mince alors, j'ai 31 ans, et je suis en plein dans le regret de ne pas avoir connu ce genre de voix. Je ne m'étais jamais écoutée avant de toute façon >_>
Aujourd'hui justement, je regarde les annonce pour éducateur spécialisé en rêvassant, et je cherche une magouille pour pouvoir rejoindre ce genre de poste, en cours du soir où je ne sais quoi, mais pas ne plein temps sur 2 ans car ma vie de couple, ainsi que ma vie de pauvre, ne me permettent pas de reprendre encore des études.

Je savais déjà ne pas être HPI suite aux résultats de QI mais je n’avais pas envisagé d’être HPE
Houlà, ça va trop loin pour moi xD C'est très précis tout ça, mais je vois que tu as vraiment profondément réfléchis et cherché qui tu étais. Moi c'est ... toujours en cours en fait je pense.
De toute façon, mon suivi m'a expliqué que je ne pouvais passer aucun test tant que je n'aurai pas un peu plus travaillé ma phobie sociale (qui me rend inapte à passer le moindre test apparemment)

À toujours tout anticiper, à vouloir tout contrôler, à tout prendre à cœur, à s’investir et à attendre de trop de l’autre, on finit par ne plus vivre normalement et sainement .


Ooooh, oui, je vois, je vois totalement. Je ne vais que voir et expérimenter, je n'en suis pas au stade de corriger mon tir par rapport à ce constat malheureusement je crois @___@
Ça me fait penser à cette douce phrase qi résume mon rapport aux autres:
Mes souvenirs d'enfance font ressurgir une palette d'émotions, et pourtant, c'est souvent la même histoire qu'ils me racontent: celle de l'oiseau qui se cogne aux vitres

(Du livre "Les Surdoués" et les autres Penser l'écart , Carlos Tinoco, Sandrine Gianola et Philippe Blasco)
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someday777888
22 févr. 2020 à 00:47

HP, Zebre, Atypique, dans le milieu familiale... comment il se sent ?

comment sentez vous dans votre famille ?
Atypiker
5 avr. 2022 à 00:02

Il y aurait 8 formes d'intelligence et pas une seule !?!

Salut à tous... Bon je savais pas trop quelle forme donner à cette amorce de discussion sur ce sujet là......