Atypiker
10 févr. 2021 à 18:36
Heyo,

Je tombe souvent sur des discussions qui évoquent les difficultés pour les HP de communiquer avec autrui, de se sentir compris, d'avoir une vie sociale pleinement épanouissante, de trouver sa voie . Et parfois des problèmes graves: harcellement/échec scolaire, relations avec une personne toxique, isolement.
Tous ces témoignages montrent à quel point il est compliqué d'être atypique dans une société où la pression de la norme est assez forte pour faire péter un baromètre normalement constitué. Mais ils ont pour dénominateur commun de n'énumérer que les aspects négatifs de la douance.

Alors pour changer, je propose de partager en témoignage tout ce que le HP vous a apporté de positif.

Je commence :
Je suis issus d'un milieu social (très) défavorisé. J'ai quitté l'école très tôt (17 ans) pour travailler comme caissier Monoprix. J'avais très peu d'amis, aucun diplome, et aucune perspective d'avenir. Sur le papier, j'étais quasi condamné à devoir me contenter d'une vie assez terne, avec un boulot pénible, une vie sociale quasi inexistante. Eventuellement j'aurais pu fonder une famille et tenter de la faire (sur)vivre à crédit avec mon maigre salaire, en attendant la retraite. Comme mes parents avant moi. Et comme tant d'autres camarades de misère avec qui j'avais grandi. Bref, une vie semblable à celle de millions de malchanceux et de malchanceuse qui n'avaient pas les bonnes cartes en main dès le départ.
Je n'étais pas diagnostiqué à ce moment là, et je n'avais d'ailleurs aucune raison de penser que je devais l'être. Cependant, j'étais doté d'une curiosité effrénée qui accaparait mon esprit du matin au soir. N'importe quel sujet pouvait devenir une passion dévorante: Si j'aimais bien une musique, il me fallait à tout prix en disséquer les harmonies et les sonorités pour être capable de la reproduire. Si j'aimais un jeu vidéo, je voulais percer à jour les mystères de sa programmation. Et ainsi de suite. Je lisais beaucoup, aussi. Pas forcément de la bonne littérature. Mais tout ce qui me tombait sous la main. Internet a ceci de magique que c'est une mine intarissable. Que ce soit assister à des débats politiques, ou de parcourir une à une les pages wikipedia, je trouvais toujours un petit quelque chose qui me fascinait et me poussait à en apprendre plus. Et quand je discutais avec des gens, au travail ou à l'arrêt du bus, je ne pouvais m'empêcher de les interpeller sur leurs propres passions et de leur faire partager les miennes. C'est ainsi que j'ai fait des rencontres fabuleuses. Amicales. Amoureuses. Artistiques. Professionnelles, aussi. Je n'oublierai jamais ce jour où, alors que j'étais à peine majeur, un chercheur, rencontré tout à fait par hasard, m'a parlé de son travail sur les sciences cognitives. J'étais subjugué. Ce que j'ai découvert plus tard, c'est que je lui avais fait forte impression aussi. Quelques mois plus tard j'étais devenu technicien de recherche pour son labo. Ma vie a pris un tournant, et elle allait en prendre beaucoup d'autres, toujours plus imprévisibles, et toujours plus loin de la vie de caissier à laquelle j'étais voué, faute de meilleure opportunité.
Ne nous méprenons pas: Je ne parle pas ici d'une de ces ""succes story"" d'un homme parti de rien devenu millionnaire. Je ne suis pas riche (je suis meme plutot fauché), ni célèbre, et je ne le serai jamais. Mais j'ai pu découvrir mille milieux sociaux, mille domaines, et cela continue jour après jour. Ce n'est pas une élévation sociale, c'est une tangente. Et tout cela, je le dois à cette propriété de mon cerveau de traiter une abondance d'informations et d'en demander toujours plus. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai su qu'il s'agissait d'un haut quotient intellectuel. Pour moi, les HQI c'étaient ces camarades de classe que j'avais abandonné à mes 17 ans, qui brillaient dans toutes les
matières et étaient voués à briller plus encore dans une grande école avant de décrocher un poste prestigieux (et si ça se trouve ils étaient bel et bien HQI, je ne le saurai jamais). Bref, du coup, je crois pouvoir dire sans me tromper qu'être HP m'a permis d'avoir une vie dont je suis (en partie tout du moins) heureux.

Voilà voilà.
Et vous, qu'est ce que être HP vous a apporté de bénéfique dans vos vies ?
Au plaisir de vous lire :)
Ca fait plaisir de lire des témoignages positifs pour une fois :)
Dans ma vie, être HP, c'est tout vivre et ressentir de manière décuplée.
Alors comme j'ai un tempérament positif, ce sont des séries de bonheur intense.

Je fais tout avec passion. Je travaille avec passion, je me documente sur le HP avec passion et frénésie.
J'aime avec passion, avec des sentiments décuplés par rapport à ce que me disent la plupart des gens de leurs relations "raisonnables".
J'ai des amitiés intenses et sincères.

Et depuis que j'ai découvert que je pouvais être HP, je comprends que toutes ces choses que je vis de manière intense ne sont pas des différences anormales, mais font partie de moi.

Alors plus me me découvre, plus je suis heureux :)
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D-aventure
26 nov. 2024 à 21:47

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