Geosolar
8 juin 2025 à 09:44
Bonjour à tous,

J'ouvre ce fil pour partager le travail que j'ai fait pour apprendre à maîtriser ma propre pensée, pour organiser et structurer mon univers mental.

Je ne prétends pas que tout le monde pourra se retrouver dans les méthodes et techniques que j'ai employées, mais j'espère que mes "recettes" pourront inspirer certains d'entre vous.

Je n'ai fait qu'un test de QI à l'âge de 5 ans.
Car je m'ennuyais comme un rat en maternelle, et j'ai tanné ma mère pour passer au CP. Elle n'était pas d'accord mais à force d'insister elle m'a fait consulter un psy pour évaluer si j'avais la capacité de sauter une classe.
Après un test de QI concluant, le psy a donné son accord, mais ma mère n'a jamais voulu me donner mon score.
Bien plus tard, vers 20 ans, je lui ai redemandé plusieurs fois mais elle a encore refusé... Elle s'est bornée à me regarder bizarrement, et à me dire "je peux juste te dire c'est que c'était très élevé"...

A vrai dire je me fiche un peu du score obtenu.

Comme je suppose beaucoup d'entre vous, j'ai été confronté à cette impression d'être "dépassé" par ma propre pensée, l'impression d'avoir le cerveau en ébullition, traversé par un flux cognitif incessant, voire envahissant, très difficile voire impossible à contrôler.

J'ai clairement une pensée arborescente, je fais par exemple facilement et rapidement des "ponts" entre plusieurs domaines, et souvent les gens ne comprennent pas mes associations d'idées alors qu'elles sont évidentes pour moi.

Ainsi on m'a parfois trouvé génial (lorsque les gens comprenaient mes associations d'idées), mais la plupart du temps on me trouvait bizarre voire tordu ou même franchement cinglé...
Et je pense que pas mal d'entre vous peuvent se reconnaitre dans cette situation.

Même si j'ai appris à ne pas trop m'impliquer envers des gens trop typiques mentalement, j'ai quand même ressenti le besoin de mieux contrôler et organiser mon univers mental, pour mieux "faire passer" mes idées, les rendre intelligibles, compréhensibles au plus grand nombre...

C'est à 21 ans que pour la première fois j'ai pleinement réalisé que j'étais débordé par mes propres pensée. Je l'avais perçu bien avant, mais je n'avais pas vraiment mesuré à quel point mes pensées étaient en pagaille, en éruption permanente, et surtout à quel point je ne les maîtrisais pas !

A cet âge je suivais un atelier de préparation aux écoles d'art, où l'on nous enseignait les rudiments de la création plastique, c'était très stimulant, et pour la première fois dans ma scolarité, on me proposait d'être créatif, inventif, original.
Donc évidemment j'étais hyper-stimulé intellectuellement, bourré d'idées qui s'entrechoquaient dans tous les sens, un vrai feu d'artifices, et même en permanence comme le bouquet final d'un feu d'artifice...

Et un soir en rentrant chez moi après l'atelier, je m'assois sur mon lit, je me prends la tête entre les mains, en me disant "purée, mais y a pas moyen d'arrêter un peu cet enfer ??"...
Car ça devenait épuisant, éreintant !

Donc la tête entre les mains, j'essaye de calmer tout ça, j'essaye de créer du silence, du calme, du vide dans ma tête... mais pas moyen.
Ce jour là, pour la première fois, j'ai pleinement réalisé que mes pensées étaient hors de mon contrôle, et que finalement elles ne m'appartenaient pas vraiment !
Ben oui, si je ne peux pas les contrôler, les maitriser, les canaliser, c'est qu'elles ne m'appartiennent pas, ou pas vraiment !
J'ai vraiment perçu, mesuré que je "subissais" mes pensées, que j'étais partiellement le jouet de mes pensées...

Même si cette expérience, cette prise de conscience était un peu déprimante, il y avait un coté positif : j'avais compris qu'il y avait un travail à faire, et qu'il devait forcément exister un moyen, des moyens de maitriser mon mental, d'organiser et pacifier mon univers mental...

Et donc à partir de ce moment là, j'ai commencé à observer mes pensées, à les garder à l'oeil, à les percevoir comme un flux que je devais apprendre à canaliser, plutôt qu'à le subir voire à être emporté par lui comme une branche sur une rivière.

Parallèlement à ce torrent, cette cascade mentale, j'avais quand même un gros atout : le gout d'approfondir mes réflexions, de les structurer, et ça limitait un peu l'éclatement arborescent.

C'est quelques années plus tard, vers 25 ans, quand j'ai appris à méditer, que j'ai commencé à mieux comprendre mon fonctionnement mental, comment il était structuré, et donc à trouver les leviers pour le maîtriser.

Voilà en guise d'introduction, j'espère que le sujet vous intéressera.

N'hésitez pas à partager votre vécu, et les techniques que vous avez trouvé pour mieux vivre votre univers mental.

Au fil de ce post, je présenterai mes expériences, et les méthodes et techniques que j'ai employées, en espérant qu'elles seront utiles à d'autres.

@Geosolar ce sujet est essentiel.

Personnellement, j'ai réussi à avancer avec la métaphore du cockpit. Avoir un cerveau qui réfléchit en permanence, c'est être le pilote d'un avion dont les alarmes sonnent en permanence. Et la plupart du temps, on ne sait pas très bien à quoi elles correspondent d'ailleurs. Des sensations d'angoisses sur des sujets objectivement sans importance.

L'autre chose qu'on appréhende mal est que le cerveau est un organe, comme un foie ou un genou. Sauf qu'après une fracture du genou, on sait qu'il faut du repos pour qu'il se répare. Il en va de même pour le cerveau, s'il pense trop, il a besoin d'une attention, d'une routine particulière.

La point qui me parait essentiel est d'analyser le flot de pensée. Pas forcément ce qu'il y a dedans. S'il y a flot de pensée, c'est que le cortex pré frontal ne joue pas son rôle. Cet organe a comme fonction, entre autres, de canaliser les pensées et d'empêcher qu'elles tournent en boucle. Chez les dépressifs ou les personnes alcoolisées, le cortex pré frontal est moins irrigué et les pensées négatives ressassent sans arrêt.

Je pense qu'il en est de même pour des cerveaux atypiques. Personnellement, je m'en suis sorti en éliminant toutes sortes de stress et de relations (notamment familiales) qui provoquaient de la toxicité. Meilleur hygiène de vie (sport, plus d'eau, moins de gras et de sucre) et surtout beaucoup de repos, beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Quand je commence à détester la terre entière, c'est désormais ma seule et unique alarme pour comprendre qu'il faut que j'aille me reposer, quelque soit l'heure. Et après la sieste, le monde redevient envisageable.
@Geosolar ton talk est intéressant, il soulève énormément de questions et beaucoup de choses ont fusés dans mon être intérieur.

C'est une vraie question par laquelle nous passons tous, devons nous réellement apprendre à contrôler cette 'puissance' cérébrale ?

Ta détection a été faite très jeune et ton parcours m'intrigue.

Tu semblais, petit, obsédé par un objectif, presqu'intuitif, vouloir en savoir plus, avancer à ton rythme.

Ce qui est assez ironique quand j'y pense, c'est le lien que je fais vis à vis de ma propre histoire.

Toute ma vie et encore par moment et dans certaines situations, je me sens particulièrement idiot comme si j'étais totalement détaché et déconnecté de ce monde.

Je ne sais pas si ça fait ça a beaucoup de monde, après c'est très difficile à expliquer.

Toutes ces personnes pour qui se connecter au présent est d'une simplicité enfantine.

Lorsque je suis arrivé à mes dix ans, que je surperformais à l'école, je n'y croyais pas au fond de moi mais je montrais l'exact opposé aux autres.

J'ai encore ce bilan en tête où j'ai absolument tout fait pour persuader mon interlocuteur que je pensais être supérieur à lui.

Mais je lui mentais et je me mentais à moi même.

Et un peu comme toi, mes parents ne m'ont jamais réellement expliqué tout ça.

J'ai juste un jour à l'âge de 30 ans surpris ma mère avoir une conversation téléphonique avec ma sœur, elle est gravé dans ma mémoire bien solidement.

Elle résumait la situation en un point, elle souffrait pour moi car elle n'arrivait pas à comprendre elle-même.

Forcément il y a un aspect génétique, si au fond vous êtes concerné c'est que votre famille l'est aussi.

C'est seulement qu'à une époque pas si reculée, on y accordait pas d'importance comme on y accorde aujourd'hui autant d'importance.

Tout est lié à la performance pure, malheureusement et rien n'est fait pour comprendre car la plupart des gens n'ont pas les ressources pour comprendre, c'est assez simple au fond.

Hier comme beaucoup de personnes, j'ai regardé l'une des plus belles finales de Rolland garros si ce n'est la plus belle.

Et ce qui m'a entraîné c'est ce sublime, il est rare que deux personnes comme ça se connecte et se mettent à jouer pour eux à leur niveau tout simplement.

Et en parallèle j'ai été voir une pièce de théâtre sachant que la veille j'ai moi-même joué dans une pièce de théâtre, dans une troupe, un groupe c'est essentiel pour moi de ne pas être seul face à cette lumière si aveuglante.

Je me dis aussi que pleins de vies de décisions se trament en parallèle et c'est ce qui me permet d'avancer quand je suis face à un mur, le mien très souvent.

Pour moi aujourd'hui c'est peut-être ce qui est le plus difficile à vivre.

La vie n'est pas tout les jours sublime, soit.

Après ce qui compte, et tu l'as très bien expliqué c'est comment se connecter aux autres.

C'est ma principale préoccupation et tout mes efforts se concentrent sur ce fait aujourd'hui.

Je suis aujourd'hui conscient de comprendre beaucoup de choses parfois de façon quasi intuitive car c'est mon mode de fonctionnement.

Mais à quoi bon si personne ne peut vous comprendre ?

Cette complexité et ce gouffre qui me sépare de la plupart des gens qui m'entoure je l'ai encore vécu en formation.

Voir ce regard perdu de beaucoup d'entre eux, et être perdu comme je peux l'être parfois face à un simple nœud à faire, l'histoire se répète.

Pour vous c'est l'évidence vous le faites comme vous respirez.

Après j'ai aussi compris que l'investissement avec les autres doit être nécessaire mais calculé.

Savoir se préserver, ne pas tomber dans une boucle de culpabilité ou de complexe de supériorité.

Nous somme comme nous sommes.

Et forcément qu'il y a toujours meilleur que soi.

Et bien tant mieux ? Comme l'a dit alcaraz hier, je m'en inspire et il m'inspire.

Beaucoup de personnes qui me semblaient 'inférieures' plus jeunes ne le sont pas finalement.

Elles n'ont peut-être pas nos facultés à comprendre parfois l'incomprehensible.

Cependant, leur abnégation, leur conviction et leur humanité m'ont inspiré et me permettent de croire encore en l'humanité aujourd'hui.

J'en suis à ce stade, je suis bien plus connecté et ouvert aux autres aujourd'hui et plus accessible aussi et vous savez quoi ? On vous le rend au centuple.

Être reconnu pour ses qualités aussi simplement.

Nous en avons tous besoin et ça vous reconnecte au temps présent moi qui vit quasi constamment dans le futur, mon cerveau ne cesse de vouloir tout anticiper et calculer.

Le présent, les odeurs, la joie, les émotions, l'équilibre entre votre corps et votre cerveau voilà peut-être pour moi le début de la maturité intellectuelle me concernant.

Je n'ai pas de conversations profondes avec mon interlocuteur et alors ?

Alcaraz et sinner ne passent pas leur vie à s'envoyer des mines sur un court de tennis.

Et bien c'est pareil pour moi.

Je suis peut-être en train de comprendre que la vie est faite aussi de ressentis et de connexion avec ce que nous appelons le 'réel'.

Se reconnecter à l'autre pour se reconnecter avec soi.

Voilà ce qui m'aide aujourd'hui, c'est parfois douloureux parfois une joie intense.

Mais vous finirez par être plus 'humain' aux yeux des autres.

Je me suis même surpris très souvent à me dire 'tu le sais, tu as compris, ce qui rend heureuse cette personne c'est de croire qu' elle est supérieure à toi'.

Soit. Tant que ça lui apporte de la joie et que ça me permet de me connecter un peu à elle, c'est ce qui compte.

Et elle a peut-être raison mais ce n'est pas ce qui compte au fond, c'est notre capacité à être la version la plus en osmose et en équilibre avec son 'soi'.

Et c'est tout ce qui compte pour moi aujourd'hui à 35 ans, oui je sais je suis déjà un trentenaire.

Mais un trentenaire enfin en phase avec lui-même et beaucoup plus heureux qu'avant surtout.

J'ai encore du boulot, est-ce que nous ne disons pas au sujet des personnes 'comme nous' que nous naissons vieilles pour mourir jeunes et sages ?

Que la prochaine personne qui pense que je ne suis qu'un gamin immature se le disent, je la remercie au fond.

Je suis né vieux mais je finirai ma vie jeune car en phase de la meilleure des manières possibles avec soi-même.
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