Atypiker
9 mai 2020 à 22:51
Avant de lancer ce sujet j’ai effectué une brève recherche par mots-clefs et n’ai rien trouvé qui s’en approche, donc j’espère juste ne pas ressasser des choses qui auraient pu être exprimées il y a peu.

J’aimerais vous poser une question que je me pose, et surtout qu’une amie à moi se pose sur elle-même. Elle fait partie de ces questionnements un peu gênants, voire inavouables, mais ça m’intéresse, ce « jeu de la vérité ».

Ressentez-vous, parfois, souvent, un complexe de supériorité ? Peut-être sous la forme d’une exaspération face à qui ne comprend pas très vite, très bien, ou s’enlise dans les clichés, dans les raisonnements bancals. Exaspération qui se retourne aussitôt contre soi-même et s’empoisonne d’une culpabilité gênante aux entournures.

Nous en avons parlé mon amie Bénédicte et moi, récemment, et elle me dit souffrir de cette dynamique insidieuse. Cela fait écran entre elle et les autres, et contribue à sa solitude, bien qu’elle soit quelqu’un de sociable et même de solaire.

De mon point de vue, cela ne m’étonne pas. Je m’explique : elle fait partie de ces surdoués à l’intelligence flamboyante. Je ne cache pas que je suis toujours émerveillée, c’est un vrai phénomène, un bolide. Je connais aussi un jeune garçon de 17 ans, Théo, qui apparaît toujours comme plus tout …plus vif, plus réactif, plus amusant, plus à contre-courant, plus profond etc…. Je suis tout simplement fascinée et en admiration…il y a une énergie spéciale qui se dégage de leur personne. L’effervescence est perceptible, ça pétille, ça réagit à la nanoseconde, ça fuse, ça surprend… C’est incroyablement stimulant et beau aussi. Enfin j’imagine que vous voyez bien ce dont je parle, ce sont des Très Hauts Potentiels. Je me dis que le sentiment de décalage ou de séparation radicale que ressent mon amie (pour Théo je ne sais pas, je ne crois pas) est compréhensible car réellement et objectivement, elle est à part.

Il y a le problème de cette espèce de suffisance ressentie, et de l’arrogance (parfois ? souvent ? toujours ?) perçue par les autres…

Bénédicte trouve ça moche, d’avoir à combattre un premier mouvement de quasi rejet ou mépris, qui n’a rien de noble. Le lien se fait dans la suite, l’amitié, l’estime se construit, l’affection, bien sûr, mais, explique-t-elle, il y a ce ressenti premier, désagréable, ce saut à faire. Elle se dit « un monstre de froideur » (je ne suis pas d’accord, mais je rapporte ses dires).

Je ne sais pas si parmi vous certains se reconnaissent dans ce ressenti. Pour ma part cela peut m’arriver aussi de ressentir cela, mais de façon moins préoccupante.

Comment, lorsqu’on éprouve cela, parvenir à ressentir les choses autrement ? Comment réussir à se sentir plus fraternellement proche des autres ? Que dire à Bénédicte qui ne soit pas moralisateur ? (on sait que c’est mal !!)

Est-ce que les personnes qui sont éventuellement suivies par des spécialistes des HPI pourraient m’éclairer ?

Merci beaucoup
Si je me base sur la définition de Wikipédia : "Un complexe de supériorité est un mécanisme de défense psychologique par lequel les sentiments de supériorité d'un individu comblent ses sentiments d'infériorité." :
À ce moment-là, je dirais que la réaction de Bénédicte n'est pas un complexe de supériorité, mais un sentiment d'agacement qui peut survenir chez n'importe qui devant une personne dont le comportement lui est "socialement fatigant".
La différence est que Bénédicte se rend compte du mécanisme, n'a pas envie que les choses se passent comme ça (surtout si c'est fréquent et/ou que personne d'autre ne partage le ressenti pour les situations données), et si elle constate que ça contribue à la solitude, ça devient effectivement un problème (de par la fréquence, etc.).
Bien sûr, ça n'est qu'un raisonnement, en vrai, je ne sais pas :-D

À part ça, je propose la solution farfelue de chercher un intérêt dans ce dit manque de compréhension des autres. Bon, il va falloir faire preuve d'imagination ^^
Alors, imaginons :
Un intérêt artistique : pour écrire un roman avec des personnages crédibles
Un intérêt sociologique : pour écrire un essai sur la société actuelle (quoi, encore un bouquin ?)
Un intérêt personnel : plus j'apprends, mieux je me sens
Un défi : tu n'as pas compris comme ci, alors tu comprendras comme ça, défi accepté !
C'est pas la solution du siècle, mais à tout hasard, si ça peut donner des idées :)
C'est toute la problématique de celui qui est différent, hors norme, marginal, il expérimente le décalage, souvent la mise à l'écart ou l'incapacité à tisser du lien social, de se fondre dans la masse, ou de se sentir au chaud dans le troupeau.

Le mythe du super héros, repris dans tous les bons ouvrages ou films de science fiction, évoque ce paradoxe de celui qui a des super pouvoirs, par rapport à la norme, mais qui en même temps est fort handicapé dans tellement de domaines ou tout un chacun navigue ou patauge de manière plus aisée ou moins traumatisante. Ecartelé entre la solitude de son statut de super héros accomplissant des taches naturelles qu'il est seul à pouvoir réaliser et qui fait l'admiration mais aussi parfois la jalousie de tous, mais aussi fort empêtré à devoir échanger dans la sphère sociale ou s'exprimer en public ou même en famille.

Il est donc logique que ce sentiment de supériorité soit en quelque sorte le contre balancier qui va permettre un équilibre face à tous les complexes et entraves du quotidien, il faut mieux retrouver une estime de soi dans un monde d'inadaptation depuis la naissance.

La ou l'efficience du haut potentiel devient plus productive, constructive, c'est quand il parvient à faire les efforts que sa condition impose que ce soit par éthique par sens moral ou par empathie ou par aspiration spirituelle, c'est toujours au plus élevé ou conscient de devoir faire preuve d'humilité et de plier l'échine pour se mettre à la portée de son interlocuteur pour l'inviter à compréhension en ses termes dans son propre langage. L'équation est résolue quand tout être humain ou animal est envisagé et respecté dans son entité complexe et spécifique d'être vivant et que l'on va faire le travail nécessaire de l'écouter, d'entendre ce qu'il dit et qu'il porte en lui, on a tous à apprendre d'une autre personne à bien des niveaux. Ce sera donc le respect qui permet de relativiser tout complexe de supériorité et même d'infériorité, en sachant qu'on est tous handicapés à bien des égards....

Dans la théorie la chose semble acquise et posée, bien sur dans les faits et la routine de la vie quotidienne, qui n'a pas connu cette lassitude à devoir faire des efforts de compréhension ou d'adaptation qui est souvent à sens unique et qui peut venir à bout de toute les bonnes volontés...
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raff
30 août 2024 à 17:08

HPI. Se réveler aux autres.

Ola les zatypikerzzz 🖖Un sujet peu abordé, le coming out HPI, dire ou ne pas dire que l'on a un...
Atypiker
21 juin 2020 à 13:48

Rayures & frustration

La frustration peut être importante. Trouver de la résonance est rare. Comment peut-on s’épanouir dans un environnement quotidien peu stimulant....