La mémoire traumatique en est l'exemple le plus frappant. On a cette capacité d'occulter un événement inacceptable, aussi marquant soit-il.
Je déteste ma mémoire car elle n'agit pas comme je le souhaiterais. Elle me rappelle en boucle certains événements que j'aimerais oublier et me laisse oublier quelque chose d'immédiat. Pourtant, j'ai toujours eu une bonne mémoire, n'ayant aucun problème à retenir tous mes cours en classe, puis, plus tard, elle m'a toujours été utile dans mes différents emplois. J'ai toujours été capable de me souvenir de tout ce qui pouvait être utile, même de petits détails qui faisaient la différence.
Par contre, elle n'est pas assez sélective et j'ai finalement aujourd'hui une bibliothèque bien trop grande à parcourir à chaque fois, ce qui me demande trop de temps pour accéder au souvenir qui m'intéresse. J'ai également dû batailler pour faire remonter à la surface certains souvenirs ayant causé des blessures profondes afin de comprendre certains de mes fonctionnements.
En ce moment, pour la première fois de ma vie, elle me fait défaut. Les traitements de ma maladie ont tellement affaibli mon cerveau que je n'arrive plus à me souvenir de tout. Je dois essayer de changer ma façon de mémoriser les choses, y revenir plusieurs fois alors que quelques fractions de secondes étaient suffisantes avant. C'est très perturbant et me fait comprendre que ma mémoire a toujours été une alliée de taille que j'espère retrouver au plus vite...