A 20 ans, fort de mes études scientifiques et d’un athéisme datant de ma communion solennelle, j’avais tendance à considérer les croyants avec cette condescendance que tu évoques. Ensuite, j’ai rencontré une femme très belle, intelligente et croyante. Elle était humainement tellement merveilleuse que j’ai voulu avoir plus de respect pour la foi.
Bien plus tard, j’ai rencontré des scientifiques de haute volée qui étaient croyants (en particulier Charpak, très critique des religions mais croyant, ayant découvert la foi très tardivement). J’ai découvert aussi cette 9e forme d’intelligence, ajoutée tardivement par Gardner : l’intelligence spirituelle. Et je me suis rendu compte que j’en étais dépourvu.
La science apporte beaucoup de réponses, mais chaque réponse ouvre le champ à une nouvelle interrogation. Certains s’accommodent de n’avoir pas encore de réponse claire sur l’origine de l’univers, l’origine de la vie, le fonctionnement de la conscience, d’autres cherchent une réponse satisfaisante. L’existence d’un Dieu, comme l’athéisme sont tout aussi indémontrables, donc tout aussi respectables. Et ma condescendance a fait place au respect. Y-a-t-il une vie après la mort ? Je n’en sais rien, mais je sais que l’approche de la mort a modifié la perception de beaucoup de personnes très intelligentes. Et malgré leurs perversions, les religions dans leurs formes modernes expriment des préceptes humanistes que j’aime bien. Je reste athée, mais je respecte la foi, sans plus la relier à l’intelligence.
Inutile de dire que le créationnisme ne m’inspire pas le même respect. Mais je le dis quand même.