Avoir une croyance ce n'est pas péjoratif en soit : une croyance est simplement ce qu'on pense être vrai. Une croyance n'a pas à être binaire, il faut à tout pris éviter le 100% vrai ou le 100% faux car cela implique une impossibilité de changer d'avis.
Je peux considérer que je pense que quelque chose est vrai à partir du moment où j'en suis sûr à mettons 90%.
En réalité la certitude des croyances (ce pourcentage) est assez arbitraire car il dépend beaucoup de notre vécu et de nos positions au préalable : les préjugés. Cf
De plus ce qui compte vraiment c'est le pourcentage d'action, le moment à partir duquel ta croyance en quelque chose est suffisamment solide pour que tu juges raisonnable d'agir en prenant en compte cette croyance.
Prenons l'exemple d'un ingénieur d'une compagnie aérienne qui doit planifier les trajets d'un aéroport à un autre. Cet ingénieur croie suffisamment en le fait que la Terre soit ronde pour le prendre en compte dans ses calculs.
Autre exemple, si vous montez dans un ascenseur, vous faites un choix rationnel dépendant de votre croyance en la sécurité de l'appareil. Vous croyez suffisamment fort en le fait que les ascenseurs soient un moyen de transport sécurisé pour monter dedans.
Exemple inversé, si vous croyez que les vaccins ne sont pas sécurisés, alors il est parfaitement rationnel de les refuser.
Un esprit vraiment rationnel prendra en compte le risque qu'il encourt par rapport à la validité de ses croyances. Par exemple, si je crois en l'homéopathie à disons 90%, je pourrais en acheter et en consommer (risque faible) mais je vais pas aller jusqu'à le promouvoir (croyance nécessaire de 99%) ni à en vendre / fabriquer (croyance nécessaire pour passer ma vie à faire ça : 99.99999%).
Bien sûr je n'ai pas encore parlé de comment déterminer ce pourcentage, la vidéo que j'ai posté devrait donner des éléments. L'idée est d'identifier les preuves allant dans l'une ou l'autre direction (croire ou ne pas croire) et décider ensuite en fonction du poids de la preuve à quel point cela impacte notre croyance.
Ignorer les preuves qui ne vont pas dans le sens que l'on souhaite revient à faire du raisonnement motivé, et c'est dangereux pour tout un tas de raisons.
Il convient également de s'éduquer sur les preuves. Comment faire le tri entre une preuve fiable et non fiable ? Encore une fois, c'est la zététique qui nous l'enseigne.
Sans rentrer dans les détails :
- Un témoignage isolé n'est jamais une bonne preuve, idem pour le vécu personnel
- Les preuves de plus haut niveau sont en général apportées par la science. Une étude ne suffit pas, même si c'est toujours bien mieux qu'un témoignage. Toutes les études ne se valent pas, certaines utilisant des méthodes plus que discutables, ou avec des résultats peu probants.