youpibanane
31 oct. 2024 à 12:34
Depuis toujours, je me retrouve dans cette dynamique : la recherche intense d’un objectif, suivi par le désir irrépressible de passer à autre chose une fois l’objectif atteint ("Next !").
Peut-être que, comme moi, vous avez ce besoin de toujours explorer de nouveaux territoires, d’aller plus loin, de chercher un autre sommet à gravir (ce qui peut-être épuisant durant les randonnées). Alors, pourquoi sommes-nous tant animés par cette quête perpétuelle ? Est-ce que, finalement, cette quête fait partie intégrante de notre nature, ou est-ce une conséquence de notre adaptation ?

1. Un besoin de stimulation intellectuelle constante

À chaque fois que je commence un nouveau projet, l’enthousiasme est palpable, presque électrique. Mais dès que le défi s’estompe, que le nouveau devient routine, je sens cet ennui pointer. Si vous ressentez la même chose, c’est sans doute parce que, comme moi, vous avez un esprit avide de stimulation. Nous avons besoin de cet "aliment" intellectuel, et une fois qu’un objectif est atteint, l’intensité émotionnelle et intellectuelle qu’il procurait semble s’effacer.

Ce besoin, je le ressens comme un moteur, une curiosité insatiable qui trouve probablement sa source dans une grande soif d’apprendre. Sans ces défis, le quotidien paraît monotone, et cette intensité nous pousse à chercher toujours plus, parfois jusqu’à l'incompréhension de notre entourage.

2. Une quête de sens qui ne s’arrête jamais

Atteindre un but, pour beaucoup, apporte une satisfaction durable. Mais pour moi (et peut-être pour vous aussi), cet accomplissement semble souvent éphémère. Le projet terminé, la question qui revient est : « Et maintenant ? » Nous avons cette tendance à sur-analyser et à remettre en perspective chaque succès. En quoi cela avait réellement du sens ? Qu’est-ce que cela m’apporte vraiment ?

Je pense que cette quête constante de sens pourrait être liée à une hypersensibilité face à l’absurde et à une recherche profonde d’authenticité. Plutôt que de rester sur un résultat, cette analyse nous pousse à chercher de nouveaux projets, où l'exploration et la croissance personnelle deviennent plus importants que l’objectif lui-même.

3. Un besoin biologique de nouveauté, de stimulation et visiblement de dopamine

Biologiquement, chaque nouvel objectif stimule notre cerveau, libérant de la dopamine, ce neurotransmetteur de la motivation et du plaisir. Quand je commence un projet, c’est une montée d’énergie qui m’accompagne ; mais une fois l’objectif atteint, cette dopamine retombe et, avec elle, cette excitation. Cela vous semble familier ?

Le mécanisme de récompense anticipatoire nous pousse à chercher toujours plus haut. La dopamine nous incite à atteindre un but, mais cette satisfaction s’évapore vite, laissant un espace vide que je cherche rapidement à combler avec un autre défi.

4. Une identité fondée sur la croissance et le dépassement de soi

Je crois que, pour moi comme pour certains d’entre vous, l’idée d’atteindre un objectif ne consiste pas seulement à réussir, mais à grandir, à apprendre. Dès qu’un but est atteint, je ressens ce besoin de me réinventer, de me tester encore une fois. Cette soif d’expériences et de découvertes semble presque essentielle.

Peut-être est-ce lié à une quête d’incomplétude, un besoin de remplir un vase percé, d’être en perpétuelle évolution. La satisfaction d’avoir accompli quelque chose est douce, mais c’est surtout l’idée de devenir "encore meilleur" qui me guide et me définit.

Cette quête constante de nouveaux défis est parfois source de fatigue, mais aussi d’une immense richesse. Si vous êtes comme moi, vous savez à quel point cela fait partie de qui nous sommes. Peut-être que l’important n’est pas de résister à cette dynamique, mais d’apprendre à apprécier chaque accomplissement et à trouver l’équilibre entre l’enthousiasme d’un nouveau défi et le plaisir de savourer le chemin parcouru.

Et vous, avez-vous aussi ce besoin de vous lancer dans de nouveaux projets ?
Salut tu as bien résumé analysé et compris ce phénomène, c'est le propre de la stimulation de l'intelligence, et de la quête de sens, c'est comme un gros moteur que ce soit un cheval ou une voiture de course, tout est prévu pour marcher à plein régime, pour donner son plein potentiel, faut faire attention toutefois car tout ce qui est fort sophistiqué et puissant demeure fragile et demande grand entretien et précautions d'usage, c'est une chance et à la fois une exigence......
La phrase éculée "c'est le chemin qui compte" ne reflète pas assez ce qu'on ressent quand on se lance à corps perdu dans un nouveau projet.
Un "chemin", ce n'est qu'une promenade, du temps passé, à se déplacer tranquillement, un beau paysage...

Non, ce qui compte c'est la passion, l'énergie, l'accomplissement, la construction, la recherche, les découvertes successives, les validations, la fièvre créatrice...

Cette folie qui nous porte et nous emplit de satisfaction, cette croyance indéfectible en nous-mêmes, ces doutes qui surviennent pourtant, ces réussites qui nous renforcent, cet objectif que l'on vise clairement mais qui s'éloigne étrangement avec le temps...

Cet élan qui nous pousse à poursuivre, et sans lequel la vie serait trop morne !

Et les échecs eux-mêmes n'arrivent pas à nous dissuader de continuer à vivre cette vie (quoique... je suis plutôt en mode "fatigue", là...)

Il y a un certain rapprochement à faire, avec une longue vie de couple :
Au début, on a tout à construire à deux : la carrière, les enfants, la maison, les vacances en famille,...
On a le nez dans le guidon, et on ne se demande pas si on est heureux ou pas, compatibles ou pas, la vie elle-même nous remplit et nous nourrit d'actions, de mouvements, de nécessités, d'impératifs... Comment voulez-vous avoir le temps de vous poser, de douter ?

Et puis vient le moment où ce moteur est cassé. Ou plutôt, c'est le carburant qui manque. On a tout construit, et il ne reste plus rien à faire. Alors on se pose des questions : à quoi tout celà a-t-il servi ? Suis-je heureux pour autant ? Et cette personne qui m'accompagne, pourquoi a-t-elle changé à ce point ?

C'était dans l'action qu'on était heureux. C'était ça, le sens de la vie d'un être vivant : procréer, survivre, se protéger, se nourrir, avancer...
Se poser des questions, c'est vouloir sortir de notre animalité, de notre mission ici-bas... Il est bien plus simple d'obéir à ces injonctions naturelles, à se laisser porter par cette mécanique naturelle, ce destin...

Sauf qu'il y a une différence entre le cours de la vie d'une personne et la passion qui anime les créateurs : le premier est immergé dans son environnement, tandis que l'autre brûle en lui-même...
🔒 6 autres réponses sont accessibles après inscription
Atypiker
15 mars 2021 à 10:13

La femme surdouée"" Monique De Kermadec tirage janvier 2020

Bonjour à tous, En 2013 une coach pro me détecte haut potentiel mais non, non, non, je le mets bien...
Atypiker
23 avr. 2020 à 19:12

Entre deux chaises ... c'est très inconfortable !

Bonsoir, J'ai souvent l'impression d'être assise entre deux chaises quand on me demande de me positionner sur un sujet, de...