maize
20 juin 2020 à 21:11
Bonsoir, par ou commencer? C'est un réel bordel dans ma tête alors je vais essayer d'organiser tout ça pour que ce soit pas trop brouillon pour vous!

Petit topo : j'ai 30 ans, je suis infirmière, un grand mal-être général bien dissimulé et a la recherche de.. de je ne sais quoi.. enfin si, la raison a tout ceci, y'a forcément un coupable non? :) Je n'ai pas été diagnostiquée.

J'ai un fort sentiment de décalage avec les gens en général mais je ne saurai pas vraiment l'expliquer. Juste l'impression constante de ne pas être a ma place, pas forcément de déranger les autres, mais juste du genre ""qu'est ce que je fais la?"", ""je m'ennuie""...
Avec le recul je pense avoir appris les normes sociales pour me ""fondre dans la masse"" afin de me faire accepter ; par là j'entends mettre mon masque sociable +++, surtout au travail car je n'ai pas d'amis. Quand je dis pas d'amis, c'est vraiment pas d'amis. Donc au travail, ça se passe plutôt bien, je fais acte de présence, je discute par-ci par là, je m'adapte, je suis serviable. Mais parfois je me dit encore une fois que ce ""faux self"" du travail, ce n'est pas moi.

Je disais donc que je n'ai pas d'amis.. je pense que je n'ai pas le fameux mode d'emploi pour passer d'une relation superficielle a une relation vraie, ou chacun peut être soi, partager en toute honnêteté. En même temps, je trouve ça vachement difficile d'être soi vraiment lorsque l'on a pas confiance en soi/qu'on ne s'aime pas.

Ma vie sociale se résume donc a ma copine (oui, je suis avec une fille), a mes connaissances professionnelles dans le cadre du travail, et a ma famille lorsque je fais la démarche.
Pour tout dire, mon téléphone est en mode silencieux depuis de nombreuses années car il ne sonne jamais, je ne reçois jamais de sms/d'appels... c'est vous dire la pauvreté de ma vie sociale XD

Ma copine est elle, de nature très sociable, avec de véritables amis présents dans les bons moments comme dans les mauvais.
Ca fait parfois mal de s'avouer que s'il nous arrivais un problème, en regardant son téléphone, on se rendrais compte qu'on a personne a contacter.. c'est mon cas.
Quand elle reçoit ses amis, encore une fois je m'adapte, je suis présente, de bonne humeur (poker face), j'écoute beaucoup puis je fini par décrocher et quitter le groupe, et je reviens un peu plus tard ou pas. Ça peut sembler malpoli je m'en rends compte, mais cette sensation de ne pas être a sa place est vraiment oppressante.

Le cerveau qui ne connais pas le fameux bouton OFF! Ca tourne, ça tourne, tout le temps. Des questions, des questions, souvent existentielles.
J'ai depuis plusieurs années pris l'habitude de ""m'abrutir"" comme on dit, devant tout est n'importe quoi (jeux vidéos, séries..) qu'importe du moment que je m'endorme en tombant de fatigue pour éviter de penser, repenser a la journée qui vient de se passer, interpréter, bref le cycle vicieux.

Enfin, ma gestion des émotions qui est catastrophique.
Quand je me prends une vague de conscience de tout cela (solitude, décalage) c'est la déprime totale, a gros coup de pleurs presque douleur physique, une vrai douleur au cœur. J'ai fais plusieurs dépressions, plutôt des dépressions de l'âme car je continuais a avoir une vie professionnelle (sauf une fois, cela a duré 4 mois).
Quand les émotions sont trop fortes/douloureuses, je n'ai plus de raisonnement logique et ma stratégie est très souvent la fuite pour ne pas montrer mon mal être/l'imposer (la dernière en date au mois de décembre ou j'ai tout plaqué, couple, travail, région, partir le plus loin possible... pour me rendre compte que c'était une connerie quelques mois après)

Tout cela résulte en :
-une perte de confiance en moi
-une sensation de solitude immense
-le fameux syndrome de l'imposteur coucou (je suis donc infirmière, depuis 7 ans, je n'ai jamais eu de problèmes particulier dans l'exercice de mes fonctions mais là encore, j'ai 0 confiance en moi, j'ai l'impression d'être un imposteur ou plutôt une impostrice haha)
-et donc un retentissement sur toutes les sphères de ma vie, avec des questions existentielles qui me font me sentir encore plus bête.
Ça veux dire quoi se sentir a sa place? Est-ce que c'est moi qui ne comprends pas ce que cela signifie et qui au fond ne sait donc pas si je me sens a ma place ou non?
Comment font les gens? Serai-je capable de m'en sortir dans la vie de manière générale? Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Et est-ce que je passe pas a coté de ma vie. Qu'est ce qui me plait vraiment? Au final : qui suis je? J'ai l'impression de me connaitre par cœur intrinsèquement (fonctionnement, ressenti, caractère), mais au fond de ne plus savoir ce qui me plait, ce qui me fait plaisir réellement, quel est le but de ma vie.

Et la, j'ai entendu parler des HP, ça a fait beaucoup tilt jusqu'au moment ou! ==> Je me sens tellement mais tellement pas intelligente.
J'ai toujours été nulle en math, en logique, j'y comprends rien (ou je veux pas comprendre?)
Je me suis intéressée a plein de choses (la mythologie nordique, l'aquarelle...) sans aller au fond des choses (manque de confiance bonjour), en me disant que de toute façon je n'étais pas satisfaite du résultat et que donc je perdais mon temps.
J'ai honte de moi, de ce que je suis, de ce que je renvoie certainement.

Pour résumer, je me retrouve dans beaucoup de caractéristiques HP, mais l'intelligence pêche fortement en ce qui me concerne :D alors après m'être pensée dingue, borderline, dépressive.. je cherche encore et toujours pourquoi, pourquoi tout est si difficile pour moi. Pourquoi c'est une bataille de chaque instant.

Alors j'aimerais quand même affirmer ou infirmer cette hypothèse HP, parce-que sincèrement, j'ai besoin de trouver le coupable de mon mal être, avoir des réponses et peut être espérer ne plus faire du sur place dans ma vie et regarder les jours passé sans avenir a l'horizon.

Si vous avez des témoignages/conseils/ce que vous voulez, c'est avec plaisir que je vous lirais! :)

Bonjour @maize,

Bienvenue ici!

[J’ai l’impression de me connaitre par cœur intrinsèquement (fonctionnement, ressenti, caractère), mais au fond de ne plus savoir ce qui me plait, ce qui me fait plaisir réellement, quel est le but de ma vie.]

J'ai eu la même impression que toi il y a maintenant de ça plus de 6 mois. C'est là que j'ai décidé d'aller chez le psy (et pour d'autres raisons aussi), afin de me sortir de ce grand flou artistique ou plus rien ne faisait sens. Et figure toi que moi qui pensait bien me connaître, je me suis pris une grosse remise en question dans la figure, et au final je me rends compte que ben je ne me connaissais pas si bien que ça. Le choc ;)

[Pour tout dire, mon téléphone est en mode silencieux depuis de nombreuses années car il ne sonne jamais, je ne reçois jamais de sms/d’appels… c’est vous dire la pauvreté de ma vie sociale XD]

Je te présente son frère jumeau, mon téléphone, toujours en silencieux ;) ça désespère d'ailleurs le peu de personnes qui essayent de me joindre parfois ;)

[Pour tout dire, mon téléphone est en mode silencieux depuis de nombreuses années car il ne sonne jamais, je ne reçois jamais de sms/d’appels… c’est vous dire la pauvreté de ma vie sociale XD]

Fonce, dans tous les cas, quelque soit la réponse ça te permettra d'avancer ;)

Bon courage :)

Bonjour,

Je ne me sentais pas spécialement à l'aise et/ou légitime pour m'exprimer sur un des forums d'Atypikoo, mais à la lecture de ces mots, j'ai envie de réagir.

J'aimerais pouvoir avoir un discours rassurant et donner des clefs pour avancer, mais je ne suis pas spécialement le mieux placer pour le faire vu que je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis (avec en bonus : jeux vidéos, séries, mythologie nordique). J'ai juste une chance, c'est d'avoir fait quelques rencontres et d'avoir quelques amis (mais très très peu, peut-être qu'un seul très bon ami). Comment c'est arrivé, je ne sais pas vraiment, mais par contre, ça ne se serait jamais produit si je portais mon masque sociable comme tu dis. Et je pense que ce détail est important ! Si tout le monde porte ce masque, comment peut-on voir ce qu'il y a dessous ? Il faut savoir accepter d'être qui on est, même si c'est très difficile. Dire ce qu'on veut dire, ressentir ce qu'on ressent, exprimer ses émotions et ne pas les cacher. Pour moi, la sincérité appelle la bienveillance (non simulée) et c'est ce qui fait les liens d'amitiés. Ne pas s'autoriser à être soi-même, c'est s'isoler, c'est aussi, dans une certaine mesure, empêcher les autres d'être eux-mêmes. Je crois qu'il faut arrêter de vouloir être bien vu par le monde extérieur, de jouer un rôle qui ne fait de mal qu'à soi même. Sois toi et les autres auront peut-être plus de facilités pour venir vers toi en enlevant leurs masques. Je suis conscient que c'est difficile et que c'est douloureux parce que les gens intéressants sont rares, qu'on passe pour des gens bizarres, des rabats-joie, etc. en étant authentique mais il faut laisser toutes les chances de notre côtés pour que les gens biens se révèlent et c'est une route vers l'acceptation de soi.

Pour parler de mon expérience, j'ai les mêmes questionnements que toi, le manque cruel de confiance en soi, la solitude, le syndrome de l'imposteur, les interrogations existentielles, l'impression d'être extrêmement stupide, etc. J'en suis venu au même résultat : Est-ce que je suis HP ? Parce que si c'est le cas, ça "explique" tout ça, ça fait que ma "différence" a une explication, que je ne suis pas fou et peut-être pas aussi naze que je peux le penser. Par contre, si ce n'est pas le cas, c'est que mon problème est tout autre et là, c'est plus difficile à avaler. J'ai décidé de passer le test WAIS pour mettre fin à ce questionnement : Est-ce que je suis un zèbre ou juste un dépressif asocial, doué pour rien, con comme un boulon ? Ce test, je l'ai passé il a 3 jours et j'ai eu les résultats hier (oui, ça a été étonnement rapide...). Réponse : "Le pattern des résultats met en évidence un profil intellectuel de haute potentialité". J'avoue ne pas encore trop savoir quoi faire de ça (et de l'hypothèse d'un syndrome anxio-dépressif ) mais ça me soulage. Et, vraiment, j'avais les même questionnements que toi il y a encore 2 jours et ce que je peux percevoir chez toi ne fais que peu de doutes, tu décris très précisément ce qui fait, à mon sens, un HP. Tu n'es pas forte en Maths, et alors ? L'intelligence, est-ce être fort en Maths ? Je sais que tu as la réponse.

En tout cas, je suis disponible pour en discuter en MP si besoin, je ne suis pas spécialement à l'aise aux yeux de tous :P .

Et j'apporte toute ma bienveillance aux personnes qui ont répondu : Laure, Kristell et David aux témoignages touchants.

D'ailleurs, pour David, et éventuellement pour les autres, j'aimerais dire ceci : Sentir autant de mal être en soi (et croyez-moi que j'expérimente le même ou approchant) ne peut être que destructeur et toxique, il faut en sortir, absolument. Pour ça, il faut, je pense, passer par un spécialiste, il ne faut avoir ni peur ni honte. Même si c'est dur, c'est nécessaire. Pour ma part, j'appelle une psy demain pour prendre rendez-vous, j'en appellerai un ou une autre si le courant ne passe pas, car ce n'est pas un motif de refus ou d'abandon et ça ne veux pas dire que ça ne marche pas, juste que ce n'est pas la bonne personne et qu'il faut continuer à chercher. C'est important, il est temps d'arrêter de souffrir en silence, il faut, je pense, agir. Et si tu sautais le pas demain toi aussi David ? ;)
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