J’ai découvert d’où venait ma différence seulement il y a environ 5 ans, peu avant mes 50 ans.
Ca a été un mélange de choc et de libération, car cela m’a en effet permis de m’accepter de mieux en mieux. J’avais déjà beaucoup travaillé sur cette acceptation de mes différences avant, mais elle me posait encore de gros problèmes au contact des autres.
Honnêtement, les relations avec les autres sont encore compliquées, car dans la plupart des cas nos centres d’intérêts sont trop différents et donc le partage reste souvent très limité et la fréquente incompréhension entre nous est évidemment restée.
La grande différence, c’est que je vis moins de frustrations qu’avant parce que j’ai beaucoup moins d’attentes qu’avant ! Avant j’avais toujours l’espoir qu’on me comprenne et donc je m’efforçais d’expliquer longuement (et souvent vainement) les choses ou de me justifier dans mes choix différents et j’étais souvent frustrée parce que je ne parvenais quand même pas à me faire comprendre malgré tous mes efforts. Du coup, soit j’en voulais à l’autre de ne pas comprendre et je pouvais devenir parfois un peu agressive, soit je m’en voulais de ne pas être capable de me faire comprendre…
Depuis que j’ai découvert le pourquoi de nos différences, j’ai accepté que la plupart des autres ne peuvent pas me comprendre et j’ai cessé de perdre beaucoup de temps et d’énergie à m’expliquer et me justifier. Si on se comprend c’est magnifique, si on ne se comprend pas tant pis, je passe à autre chose, autrement dit je cherche d’autres sujets sur lesquels nous pouvons nous comprendre...et si je n’en trouve pas, je ne maintiens pas la relation, car cela n’a pas de sens, ni pour l’autre, ni pour moi…
J’accepte aussi de mieux en mieux la solitude (qui était déjà très présente avant, mais moins bien vécue). Pour ne pas m’isoler complètement, je partage avec les autres ce qui est possible, même si c’est parfois très peu et c’est tout. Et je ne m’impose plus de rester si je constate que nous n’avons rien à partager, donc je me respecte mieux dans mes besoins.
En ce qui concerne mes parents, qui ne m’ont jamais comprise et souvent considérée comme une "écorchée-vive" (comme ils disent) à cause de mon hypersensibilité et avec lesquels je n’ai aucun centre d’intérêt en commun, les relations restent compliquées.
Lorsque j’ai découvert mon côté HP, j’ai juste dit une fois « j’ai enfin compris d’où vient ma différence... » et je n’ai pas eu le temps d’aller plus loin, car déjà ils ont parlé d’autre chose. J’ai pris cela pour un signe que cela ne les intéresse absolument pas ou qu’ils préfèrent ne pas savoir. J’ai aussi considéré que c’était donc probablement aussi mieux pour moi que je ne leur dise pas et c’est ce que j’ai choisi de faire.
De toute façon c’est une famille très dysfonctionnelle dans laquelle personne ne s’écoute vraiment, donc mes chances n’étaient pas grandes…
Je reconnais honnêtement que je ne garde le contact avec eux (espacé tout de même, car on se voit peut-être 4 fois par année) que parce que ce sont mes parents, par amour pour eux, car si ça avait été d’autres personnes j’aurais coupé toute relation depuis très longtemps compte tenu de toutes les difficultés et souffrances que cela m’a et me fait encore vivre…
Je pense cependant que rien n’arrive jamais par hasard dans la vie et que tout a pour but de nous faire évoluer et grandir. Donc nous avons les parents dont nous avons besoin pour cela...aussi dur que ce soit parfois !
Et à présent, avec l’âge et le recul du chemin parcouru, je peux enfin reconnaître qu’ils ont fait du mieux qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient eux-mêmes reçu et avec qui ils sont…
Je ne leur en veux plus, même si j’aurais évidemment souhaité que les choses soient différentes et, bien sûr, même si ça reste encore compliqué et parfois souffrant pour moi aujourd’hui...mais je m'occupe de soigner mes blessures ! ;o)