À 29 ans, je tombe sur un journal laissé là dans un train, "le monde", dans ce cas, qui faisait une double page sur une ITW de de Kermadec au sujet de la douance adulte. Il y avait un encart au milieu de la page une, comme d'habitude, tiré du texte. En gras, on pouvait y lire : "les adultes surefficients ont souvent besoin de l'autorisation des autres pour exister". J'ai levé un sourcil, rictus cynique aux lèvres : "c'est pas un peu tout le monde, ça ?".
Non, Guillaume, c'est pas "un peu tout le monde"...
J'ai conservé le journal, l'ai montré à ma psy de l'époque qui m'a regardé avec des yeux ronds et m'a répondu :
"Euh... je croyais que c'était un peu évident pour tout le monde, c'est pour cela que nous n'en avons jamais parlé ouvertement. Mais vous êtes très clairement surdoué. Vous ne le saviez pas ?"
Ben... oui et non, du coup. Ensuite, j'ai mis ça dans une petite boite sans trop savoir quoi en faire, je commençais à m'intéresser aux fonctions cognitives et je trouvais dans ce modèle plus de satisfaction que dans ma douance désormais avérée. Il faut dire qu'en tant que NiFe (INFJ, donc, côté MBTIgnominie) la rareté de mon type semblait suffire à expliquer ma singularité. Mais non. Pas du tout, en fait !
Puis la vie, ses horreurs... et depuis un an, pour faire court, je m'approprie un peu plus chaque jour cet atypisme, l'embrasse enfin.
Il était temps.