Atypiker
14 févr. 2020 à 11:35
Il n’est pas facile d’entrer en séduction en tant que zèbre. Sa sensibilité, son sens de l’observation, sa capacité à faire des liens, son exigence, son intuition et son besoin de sens existentiel… compliquent sacrément l’exercice. Petite exploration en la matière pour tenter de trouver des solutions.

Comme pour tout le monde, le genre, la part de féminin-masculin et l’orientation sexuelle sont déterminants. Un homme et une femme ne sont généralement pas stimulés de la même manière, l’apparence physique ayant bien souvent un impact physiologique plus immédiat auprès de la gente masculine. Mais pour les HP, elle est néanmoins mise en regard de la curiosité intellectuelle de la personne en face et souvent de ce que son âme souhaite partager, car ces complicités-là comptent aussi.

Les implicites culturels et sociaux jouent aussi leur rôle, pour le meilleur comme pour le pire, consciemment ou non. Ainsi la femme philo-cognitive, souvent indépendante et volontaire, ne correspondant pas franchement au système patriarcal, impressionne ses partenaires potentiels. Peut-elle faire le premier pas sans effrayer plus encore l’autre ? Ce faisant, risque-t-elle par la suite d’être toujours à l’origine des initiatives ?
D’un autre côté, les hommes HP qui sont plus particulièrement posés et sensibles peuvent présenter une certaine timidité qui ne leur permet pas d’exprimer tout leur potentiel masqué là où on attend encore souvent un partenaire viril et fonceur. Comment se lancer alors ?

Quant au type de rayures, même si elles ne définissent pas une personne, elles conditionnent certainement aussi l’approche. Un profil plus organique (complexe, arborescent et intuitif) sera plus facilement conquis par l’intensité, l’authenticité et l’originalité de la prise de contact tandis qu’un profil plus méthodique (laminaire, séquentiel et dans la maîtrise émotionnelle) préférera prendre la température doucement et apprendre à connaître l’autre avant de se dévoiler… petit à petit. Autant dire que l’intersection de connexion n’est pas gagnée d’avance. Mais c’est aussi pour ça qu’elle est si belle lorsqu’elle a lieu, entre partenaires mixtes ou haut potentiel.
Toutes les combinaisons sont possibles. Néanmoins, les opposés s’attirant, l’attraction organico-méthodique est récurrente. Et pour les rayures inaverties, elle a toutes les chances de bousculer les méthodiques aux entournures et de frustrer les organiques en parallèle. Pourtant, si chacun fait un pas vers l’autre, en mobilisant sa sensibilité et son envie de comprendre et prendre soin de l’autre, ce type d’union offre par la suite une grande complémentarité, comme me le démontrent des jolis couples de ma connaissance.

Là où ça se complique sérieusement, c’est lorsque la vie a semé quelques embuches en la matière. La peur de souffrir à nouveau (intensément) et de faire confiance rend les HP extrêmement vigilants, plus facilement ancrés dans leur mental, quitte à passer à côté d’une jolie histoire. En effet, un certain détachement, une carapace version « roi/reine des neiges », un besoin de contrôle et de réassurance ou un idéal sur-intellectualisé ont souvent pris les commandes, laissant peu de place au pétillement émotionnel des premiers instants amoureux. Or, si la solitude et le repli sont réparateurs un temps, ne laisse-t-on pas alors le passé gagner à la longue ?



Les bases de la problématique étant posées, comment séduire ?

En préalable, il me semble plus indiqué de se connaître soi-même, de savoir qui on est, ce qu’on veut, ce qu’on vaut et ce qu’on à offrir à l’autre. Sans dresser une check-list détaillée, on peut déterminer ce qu’on attend de l’autre, en termes de valeurs et de projection globale.

Il est également important de se défaire des blessures et autres fantômes du passé, en cherchant à comprendre ce qui s’est passé et la part de responsabilités qui nous incombe. Et dans toute interaction impliquant deux personnes, à moins d’être dépendant physiquement et mentalement, cette part est de 50%. En se pensant uniquement victime, rejeté(e), abandonné(e), trahi(e)… On reste sujet de l’histoire, sans se donner les moyens de redevenir verbe. Le risque de reproduire le même type de scénario, de combler un vide ou de chercher réparation auprès du/de la néo-soupirant(e) est donc grand.
Ce travail d’introspection n’est certes pas très agréable à mener mais il conduit, à tous les coups, à plus de chance d’épanouissement personnel, comme amoureux. Et du point de vue des femmes HP, c’est certainement le plus bel atout de séduction chez un(e) amoureux(se).

(Re)connecter son alarme corporelle et instinctive est une autre étape. Elle permet de se préparer à accueillir les sensations et émotions qui accompagnent un nouvel élan amoureux.
C’est aussi le bon moment pour faire le point sur son éventuelle famine sexuelle et le moyen d’y remédier. En effet, la majorité des HP ne manquent pas de capter ce type de fringale, même masquée, qui a besoin d’être comblée, ce qui peut avoir un effet répulsif. On se demande alors si on sert de casse-croûte ou si on intéresse son/sa partenaire pour « qui » on est vraiment. Une autre option consiste à l’annoncer avec honnêteté et élégance… avec un(e) HP, vous pourriez être étonné(e) du résultat.

Il faut ensuite élargir sa « surface de contacts», c’est-à-dire multiplier les possibilités de rencontres, à travers des loisirs, des passions, des sites dédiés ou plus simplement dans la rue ou à un café. Dans tous les cas, cette surface est beaucoup plus réduite lorsqu’on ne sort pas de chez soi ou rencontre toujours les mêmes personnes. Il faut simplement en avoir conscience et assumer alors que (pour un temps) ses habitudes priment sur son sentiment de solitude.

Puis… IL SUFFIT D’OSER… ouvrir l’œil déjà, ensuite jeter quelques regards en direction de cette personne qui nous plaît, vérifier la réciprocité – cette étape est primordiale pour ne pas se ramasser – à travers des mots, des signes ou des regards, accompagnés de sourires. Mais surtout, on doit prendre le temps d’accueillir ces papillons dans le cœur, ce pétillement dans les entrailles ou le simple fait de se sentir pleinement à l’aise avec l’autre, données bien plus fiables en la matière que la relève mentale qui suit inévitablement chez tout zèbre, pas toujours des meilleures conseillères en la matière.
On peut alors aborder l’élu(e) en trouvant une formule originale (ce dont tous les HP sont capables, quitte à réfléchir en amont à quelques jolies phrases qui sortent de l’ordinaire) et lui demander / donner son numéro de téléphone ou lui proposer de prendre un café/verre ensemble. Puis se lancer, en acceptant de sortir un peu de sa zone de confort. Sinon, à quoi bon… Après tout, on apprend bien plus de ses expériences que de ses regrets.
Au pire quoi ? Ce n’est pas réciproque ! Dans la mesure où les phéromones mènent la danse, personne n’y peut rien, ni ne devrait se remettre en question finalement. Car cette chimie-là sait mieux que notre cerveau ce qui va fonctionner. Et si la démarche a été élégante, un compliment fait toujours plaisir à l’autre et aura servi d’entraînement pour la prochaine occasion. Quel est le risque ? Est-il plus pesant que sa solitude ?



Pour terminer, quelques astuces, issues de multiples conversations féminines, pour mieux cerner les femmes surdouées dans ce domaine, selon son profil.

Pour séduire une femme plutôt organique, il faut gagner son respect et comprendre son rapport au temps et à l’indépendance.

Cela suppose d’entrer en relation avec authenticité et franchise car même les tout petits mensonges sont perçus et rédhibitoires. Comment faire confiance ensuite ? Elle a aussi besoin d’être accueillie dans son intensité émotionnelle, sans qu’on veuille la changer, ce qu’elle vit trop par ailleurs. Idem pour le respect de sa solitude ou de son indépendance. Mais comme elle est aussi très empathique, si vous prenez le soin d’exprimer vos propres besoins, elle en tient compte.
Cela implique aussi de savoir « monter dans le train » temporel quand il est en gare : ce type de femme est profondément connectée à ses sensations. Elle préférera quelqu’un capable de capter quand c’est le bon moment de se lancer, plutôt qu’un indécis/timide qui pèse le pour et le contre. Elle est souvent taxée d’impatience. Même si c’est le cas, les enjeux se jouent ailleurs : son intuition lui murmure déjà que l’absence initiale de fluidité risque de se rejouer par la suite.
Enfin, intense par nature, elle apprécie particulièrement l’originalité et l’humour. Il faut surtout retenir que même si elle livre ses émotions au moment où elle les ressent, elles n’ont rien à voir avec des sentiments forts qui mettent plus de temps à s’épanouir, y compris chez elle.

Pour plaire à une femme plus méthodique, il faut plutôt l’apprivoiser.

Comme elle a besoin de maîtrise, il est plus judicieux d’y aller pas à pas, en posant un cadre et en prenant le temps de valider les jalons. La patience et la discrétion sont donc des bons atouts de départ même s’ils n’empêchent pas l’humour qui fait mouche régulièrement, surtout s’il est bien amené.
Plutôt que d’exprimer vos sentiments frontalement, avoir recours à des références de films, de livres ou de musique peut être apprécié.
Retenir ce qui a été dit pendant les échanges est aussi un point positif. Dans tous les cas, il ne faut pas chercher à entrer trop vite en contact avec ses émotions ou avoir besoin de réassurance car cela la pousse à se fermer, voire à faire marche arrière. Ce sont des femmes que l’on courtise.

Quel que soit leur profil, les femmes HP ont bien plus à offrir à leur partenaire qu’un physique, une tendresse maternante ou une oreille psychologique. Libérées, nombre d’entre elles se prêtent volontiers à des plans cul, s’ils sont présentés comme tels, du moment qu’elles n’ont pas l’impression d’être un nouveau trophée à accrocher à un tableau de chasse. Elues de votre cœur, elles vous offrent une complicité inégalable et beaucoup d’attention, ce qu’elles attendent par contre en retour.

Au final, le secret avec ces femmes-là est d’oser prendre des risques et se dévoiler, malgré ses failles, sans masquer ses imperfections, car ce courage et cette honnêteté sont ce qui la séduisent le plus.



Ainsi pour chacun des partenaires, tout l’enjeu est surtout de se demander ce qu’il cherche à partager avec l’autre. Lorsque l’on est sincère avec soi-même et qu’on s’en donne les moyens, le reste se fait tout seul… à un moment ou à un autre. Mais c’est bien là le plus difficile, non ? S’en remettre au hasard, lâcher prise, sans contrôle possible sur ce que l’avenir nous réserve ?

Et pour celles et ceux qui ont la chance d’avoir trouvé leur moitié, celle qui les comprend, avec qui partager leur quotidien, leurs joies et leurs peines, se projeter… je vous encourage à lui témoigner vos sentiments, pas seulement ce 14 février, mais toute l’année, à chaque fois que vous pensez à elle/lui. Car l’amour est selon moi une des plus belles façons de se sentir vivant(e) !

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Et vous quelles sont vos astuces ?
Waouh, quel longue réflexion Sandrine ! Merci d'avoir pris le temps de la réflexion et d'avoir écrit tout ça.
Pour ma part je dirais que je n'ai jamais aimé le "jeu" de la séduction, ce temps pendant lequel on se tourne autour... Mais je lui reconnais de permettre d'apprendre à connaître l'autre. Sauf si on est hypersensible et qu'on ressent très vite qui est l'autre.
Étonnamment bien que je n'aime pas ce temps, je n'ai jamais eu de mal à séduire.
Par contre c'est plus dans l'amitié que je rencontre des difficultés. J'ai toujours préféré être en amitié qu'en amour. Or, rester mais dans le long terme lorsqu'on est atypique.... eh bien pour moi ça ne marche pas trop. Les gens sont tout de suite séduits par ma différence mais c'est cette même différence qui, au bout d'un moment, les eloigne. Entre autre chez moi par le fait que je ne mens pas et dis ce que je pense (en y mettant les formes). Je n'aime pas les faux-semblants et les mensonges. C'est plutôt un handicap dans ce monde.
Eric, je me reconnais vraiment lorsque tu écris « Les gens sont tout de suite séduits par ma différence mais c’est cette même différence qui, au bout d’un moment, les éloigne. »

Ça m’est arrivé si souvent en particulier sur le terrain de la séduction que j’en ai presque pris l’habitude et du coup, je reste très prudente à présent avant de m’emballer...dans la mesure du possible ! ;o)

Je pense n’avoir connu que des relations amoureuses avec des non-HP et donc, soit je leur fais peur dès le départ et ils fuient sans même prendre le temps de faire connaissance, soit au contraire ma différence les attire fortement au début et par la suite c’est aussi ce qui va leur déplaire lorsqu’ils s’apercevront que je m’efforce vraiment le plus possible de vivre en accord avec mes valeurs et ce que je suis et donc que cela implique un cheminement intérieur, un questionnement et des choix les plus cohérent possibles dans la vie de tous les jours...là où eux souvent préfèrent ne pas trop se poser de questions…

Toutefois, ce qui m’a le plus posé de problèmes et, souvent coûté très cher, dans mes relations amoureuses, c’est ma facilité à pouvoir « voir », ressentir l’âme de l’autre à travers son regard (s’il m’en laisse l’accès).
C’est ainsi que j’ai souvent choisi de faire confiance à cette belle âme que je voyais/ressentais en l’autre et de faire abstraction de ce qui ne me convenait pas dans ce que je constatais de sa personnalité ou de son fonctionnement au quotidien à ce moment-là...en me disant naïvement qu’ « au vu de la belle âme qu’il y a derrière tout ce qui est actuellement apparent en surface, il va forcément évoluer pour lui permettre de s’exprimer à son tour pleinement »…
Alors ce sera peut-être bien le cas un jour, mais ça ne l’a pas été pendant le temps qu’a duré notre relation et ce ne le sera peut-être pas forcément dans cette vie, qui sait...en tous cas, j’ai finalement cessé d’attendre pour le savoir, mais j'y ai à chaque fois laissé des plumes ! ;o)

Après ma dernière histoire, j’ai donc pris la résolution que, dans mon propre intérêt et probablement aussi dans celui de l’autre, je prendrai dorénavant plus en compte les comportements concrets dans leur vie actuelle des hommes que je rencontre plutôt que leur potentiel que je ressens derrière, même si, et surtout s'il n’est pas encore activé !!!

Du coup, depuis c’est plutôt désertique…mais moins douloureux ! ;o)
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Atypiker
26 juil. 2020 à 10:52

Il semble que je sois zèbre...

Bonjour à tous, Au cours d'une recherche sur les pervers narcissiques, je suis tombée sur des vidéos de unepsyàlamaison..Zèbre ?...
Atypiker
1 déc. 2022 à 15:56

HPI et paranormal ?

Étant passionné de paranormal et spiritualité, je me demande si c'est plutôt répandu ici ou pas. Par exemple, connaissez vous...