Atypiker
29 oct. 2021 à 10:11
Bonjour,

A l'adolescence, comme bien des THQI il me semble, j'ai la courge en ébullition et le coeur sur une poêle à frire. La pensée fonctionne de tôt le matin à tard le soir, d'associations en associations, pour se perdre à cent mille lieues d'où elle était partie. Et au milieu de ce maelström il me faut de plus tenter de reconnaître et trier les multiples sensations et émotions superposées qui assaillent ma conscience. Bref, c'est "un peu" le chaos.
Les maths et la physique me permettent de regagner en concentration et tempèrent les stimuli. Mais ce n'est pas la panacée. Tant s'en faut. Ce qui fait que hors des cours j'ai tendance à m'isoler et fuir les relations.

A 16 ans - ces activités étant proposées dans mon collège - sur une pulsion, je me mets au parachutisme et à la plongée sous marine. Et au bout d'environ six mois, je prends conscience que l'activité cérébrale et émotionnelle est en chute libre ( si j'ose dire) tout en se présentant de manière plus ordonnée. Je me demande s'il se trouve une relation de cause à effet, mais avec les outils conceptuels de l'époque cela reste une hypothèse. Et puis, qu'importe le flacon pourvu que l'on ait l'ivresse. Et pourvou chè sa doure !
Je vais poursuivre en "Taupe" comme à l'Ecole devenant instructeur dans les deux disciplines. Et la métamorphose se poursuit. Alors que je fuyais sensations et émotions, désormais je les recherche. Et plutôt corsées. Alors que je m'isolais, je me fais des amis et prend grand plaisir à leur compagnie. Dans ce cadre, mais aussi en soirées à parler de tout et de rien. Et surtout de rien.
Par la suite, je vais élargir le terrain de jeu au BASE jump et à la plongée profonde "TEK" mais aussi à la moto ( sur circuit et en compétition), à l'aviation acrobatique et au planeur.

Avec le recul - et en peu plus d'outils - je m'explique "les choses" ainsi : ces activités, avec leurs risques corporels et même létaux, mobilisent l'instinct primaire / archaïque de conservation / survie. Elles contraignent le psychisme à se réinscrire dans le corps, l'ici et le maintenant, l'immédiat. L'attention aux détails, la préparation du matériel et son entretien, le respect des procédures, la collaboration et la confiance entre opérateurs sont devenues des nécessités vitales. A même de ramener sur terre un esprit perché ou perdu dans les abimes.

Associé à cela, je crois que faire l'expérience d'une possibilité de mort à très court terme conséquente de notre faillite est tout à fait positive.
La mort n'est ainsi plus un vague terme renvoyé aux calendes mais devient une réalité. Qui parfois prend le visage d'un ami. Ce qui induit une joie de vivre réactionnelle. Celle - toute simple - d'être encore.
Elle induit également un sens concret / littéral au terme de "responsabilité". Celle première de nos actes.

Le maître mot de l'histoire me semble être celui de " nécessité". Qui, AMHA, en matière d'apprentissage vaut bien mieux que tous les discours. Ainsi que l'écrivait J. Monod reprenant Démocrite : " Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité."
Mais je ne crois pas au hasard. Mais c'est une autre histoire ...



Tiens c'est drôle.. où sont les femmes sur ce topic ???
je me lance ;-)
pas vraiment de sport à risques, mais des prises de risques calculées dans le sport...  adolescente, un très bon niveau atteint dans ma discipline sportive (gymnastique aux agrés) avec des acrobaties et figures, j'y ai alors découvert des sensations physiques intenses, cette nécessité d'habiter pleinement son corps, de rester centrer, en soi et fait l'expérience aussi que ne pas être pleinement présente avait des conséquences... Ces expériences aussi de se mettre à la limite du décrochage.. renouvellées en ski... 
J'ai trouvé dans ces expériences des sensations physiques aussi fortes que ce que je pouvais éprouver corporellement dans mes émotions. L'insoutenable, le vide, l'angoisse, la chute, la dissociation. A une nuance, là où les émotions me mettaient dans une grande impuissance enfant, j'ai découvert par le sport le contrôle et la sensation de puissance qui pouvait en découler...et puis la transformation de la puissance de la sensation en autre chose qui ait un sens.... 
J'ai aussi flirté avec des conduites à risques, pas forcément sportives...
Et à vous lire m'est revenu, pas tout à fait dans le sujet -mais je vous laisse en juger-, un autre type d'expérience particulière : dormir en tant que passagère sur une moto à grande vitesse, faire cette expérience -renouvellée à de multiples reprises- de la confiance absolue en soi, en l'autre, en ce qui nous dépasse... grisant....
La tétrade "Recherche de sensation/nouveauté" - "évitement de la douleur" (prudence, préparation) - "dépendance à la récompense" - "Perseverance", est bien établie dans la dépendance a l'adrénaline (systèmes dopaminergiques, sérotoninergiques et noradrénergiques) une continuité des recherches de l'enfant dans les expériencces sensations. Certains prennent de la drogue, d'autres ont d'autres conduites à risques socialement mieux acceptées,personnellement, c'est la drogue.
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raff
27 déc. 2024 à 16:48

La question pour 2025 👉 Le HPI est-il une neuroatypie ?

🖖Hello zatypikerz! La question pour 2025 👉 Une personne à haut potentiel intellectuel (HPI) est-elle neuroatypique ? Si oui ,...
D-aventure
26 nov. 2024 à 21:47

Raisonnement critique ou critique du raisonnement ?

Comment discuter avec des individus dénués de sens critique et d ouverture d'esprit ? Faut-il abandonner ou persévérer ? Est-ce...