marievanille
31 mai 2020 à 01:59
Bonjour à tous :)

Aujourd'hui je vous propose d'échanger sur l'image que nous avons du surdoué.

Se découvrir surdoué, c'est un choc pour beaucoup.
Pourquoi ?
Parce que l'image que l'on se fait du ""surdoué"" et l'image que l'on a de soi sont différentes, elles semblent incompatibles.
""Je suis surdoué moi ? Impossible !""

En réfléchissant à cette réaction assez répandue parmi les zèbres je me suis posée plusieurs questions:

Qu'est-ce qu'un surdoué pour vous ?
Quelle était l'image que vous en aviez avant votre détection et comment vous positionniez-vous par rapport à cette image à l'époque ?

Aujourd'hui votre vision du surdoué a-t'elle évoluée avec votre détection ?
Si oui en quoi ?
Comment vous positionnez-vous aujourd'hui par rapport à cela ?

Au plaisir de vous lire :)

Marie Vanille
Helloooo, à bientôt 45 ans cela fera un an en septembre que j'ai eu "LA confirmation".
Cela faisait des années que je me doutais de quelque chose, la première fois au début des années 2000 en écoutant une émission de France Inter et puis je n'ai pas creusé jusqu'à récemment donc et j'ai gardé dans une petite boite tous les oripeaux dont on nous affublent avec tous les mots et les maux qui vont avec (ouaip bah non je ne les écris pas je pense que nous sommes nombreux, trop malheureusement à les connaitre) et j'ai joué avec de multiples faux-self.

Bizarrement, et dans les années 80 le sujet n'était pas à la mode, gamin j'avais une super image du surdoué que j'associais forcément au génie. Et comme je ne suis pas un génie, je ne pouvais donc pas être surdoué!

Quand vint LA grande nouvelle qui n'en était au final pas une, je n'ai pas voulu employé le terme de surdoué, je le trouve oppressant, je ne me sens pas au dessus des autres et renvoyant à tous ces mots et ces maux dont j'ai souffert dans mes relations sociales, le poids des autres.
Pour le fun et parce qu'au final je savais avant de savoir, j'avais lu en janvier 2019, Trop intelligent pour être heureux de Jeanne Siaud Facchin et oui zèbre ça me va très bien avec ses mots et ses maux ;-) son originalité et ses différences. Quelques mois après donc c'est mon psy qui m'a amené sur le chemin, je n'avais aucune envie de lui parler de mes doutes, je n'ai pas eu besoin de le faire... lol enfin si; il a fait son job bref.
Savoir a été un soulagement et le début d'un nouveau chemin qui me rend plus zen même si parfois j'aimerais trouver des p'tits cailloux laissés par d'autre sur le sentier ;-) ;-) ;-)
Mon image du surdoué a-t-elle changé? oui et non. Oui car je conçois que l'on peut-être surdoué sans être un génie lol, euh sur l'emploi du terme non car je n'arrive toujours pas à dissocier les mots et les maux et le côté médical, scientifique qui nous rangeraient dans la case "malades".
Si j'utilise le terme zèbre, alors oui mon image a changé, positivement, j'ai le droit d'être, de vivre heureux bien qu'atypique, sans avoir à prouver aux autres que je suis ou non un génie ou comme eux et ça ça fait du bien :-)

Bonne journée ;-)
Bonjour,

J'avais évoqué une partie de tes interrogations dans un vieux sujet.

Je me permets de copier coller le texte qui m'avait servi d'ouverture.

"Depuis que j’ai été diagnostiqué « surdoué », j’ai ouvert les yeux sur des personnes silencieuses, qui me ressemblent mais que je ne voyais pas. Avant, j’aurais trouvé cela cool qu’on me dise « surdoué », ça aurait été une fierté, un trophée. Je m’imaginais que la vie devait être tellement plus facile quand on avait la capacité de « réfléchir et trouver les réponses sans se prendre la tête ». Si loin de moi, toujours à gamberger et à douter.

Alors lorsque j’ai su que j’étais « surdoué », je me suis dit : « Alors c’est ça ? Toujours réfléchir sans répit, être constamment à fleur de peau, s’inquiéter de tout et de rien… ». Depuis, je trouve cela moins cool. Au contraire, je préférerais presque ne pas l’être et pouvoir avoir des pauses. « Ça a l’air si bon d’en avoir rien à foutre » (Wyatt, « 25 ans, surdoué : comment j’ai raté ma vie », konbini.com). Je paierais cher pour 30 secondes de vide total dans ma tête. Et puis, au delà de l’aspect personnel, il y a les autres et surtout leur jalousie. J’ai compris pourquoi ces personnes, qui me ressemblent, restent silencieuses. Être surdoué ne se dit pas… Cela m’a même été conseillé.

La jalousie, pour ma part, je crois qu’elle se trouve principalement dans la terminologie de ce qui nous décrit : « surdoué », « haut potentiel »…  Quand je dis que je suis « surdoué », beaucoup de gens vont entendre « Moi j’ai plein de points de QI, moi je suis intelligent ». La jalousie, elle est là, elle est sur cette erreur d’interprétation qu’ils font et que j’ai moi-même réalisée jadis. Cette erreur qui fait qu’on ose pas ou plus en parler parce que ce qui est compris est à l’opposé de ce qu’on est, de ce qu’on voudrait expliquer. Et inévitablement, en cherchant à sortir de l’incompréhension, on s’y enfonce encore plus.

Personnellement, je sais combien j’ai obtenu au test mais je ne donne pas le chiffre exact à qui que ce soit, car, on s’en fiche au final… Ce n’est pas parce qu’on mesure 2 mètres qu’on est un expert du basket-ball. Me concernant, je suis bien embêté avec tous mes points de QI dont je ne sais quoi faire et que je porte plus comme un fardeau que comme un cadeau. Pire, j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur de moi-même, de ne pas utiliser ces points de QI à bon escient et donc de ne pas les mériter… Et pour l’intelligence, je ne suis jamais sûr de rien, je doute de tout, même de l’évidence. Si on me demande mon avis, ma réponse la plus courante est « je ne sais pas », et c’est vrai, je ne sais vraiment pas. Comment me penser intelligent dans ce cas ?

Par contre, j’ai rarement vu de la jalousie pour l’hypersensibilité. Du mépris, de l’incompréhension, ça oui, j’ai subi quand j’étais gamin, sans savoir qui j’étais… Adulte, ce n’est guère mieux mais c’est plus discret, plus sournois aussi. J’ai appris à pleurer « à l’intérieur », je pleure du soir au matin et personne ne le sait, je suis hypersensible… Mais justement pour éviter les moqueries, le mépris, le jugement, l’incompréhension, je garde un sourire de façade. J’ai choisi de passer pour un naïf heureux aux yeux des autres alors qu’en fait, je suis un écorché vif. Je cache qui je suis, je me tais sans rien laisser paraître.

Dire qu’on est surdoué, c’est se mettre à l’amende. C’est affronter les autres dans l’attente de connaître le forfait qu’ils vous feront payer. Et le prix s’avère extrêmement lourd et démesuré car il est quotidien. Je dois rembourser aux autres ce cadeau que la vie m’a fait mais qu’elle leur a refusé. Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas qu’il s’agit là d’un cadeau empoisonné. Il l’est à cause de leur jalousie mais surtout, il l’est à l’intérieur de moi. C’est une condamnation pour la vie à ne jamais connaitre la paix intérieure. S’il y a bien un truc que tous ces gens jaloux semblent avoir que je n’ai pas, c’est l’accès à cette paix intérieure. Le cadeau, c’est eux qui l’ont eu. Et j’imagine que ça, ça n’a pas de prix."

Lien du vieux sujet :
https://www.atypikoo.com/forums/topic/etre-surdoue-ne-se-dit-pas/
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D-aventure
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