pau1774
6 déc. 2020 à 16:19
Et bien bonjour à tous !

Je suis nouvelle sur le réseau. J'écris cet article aujourd'hui car j'ai besoin de votre aide pour y voir plus clair. Dans la vie de tous les jours, je suis plutôt une personne qui écoute les autres pour les aider, les conseiller et les tirer vers le haut. Je n'aime pas parler de moi et de mes ressentis. Je préfère découvrir l'autre.
Mais aujourd'hui c'est différent, j'ai besoin de me livrer. Alors je vous ai choisi et j'espère que comme nous sommes tous zèbres (avec tous aussi notre singularité), vous pourrez peut-être me comprendre et répondre à quelques unes de mes interrogations. J'ai donc décidé de vous livrer mon parcours. Et ce sera avec grand plaisir de lire votre retour si l'envie vous en dit !

Quand, j'étais enfant, je me sentais différente, comme vous je suppose. Je savais qu'il y avait un truc, une clairvoyance que n'avaient pas les enfants de mon âge, même certains adultes de l'époque. Puis à l'âge de 22 ans, (j'en ai 38 aujourd'hui), on m'a détecté des problèmes de thyroïde. Ce genre de pathologie est censée se régler en consommant hebdomadairement un médicament appelé lévotirox et qui injecte des hormones dans le corps. Tout ce qu'il y a de plus destructeur ! J'ai toujours refusée de prendre cette m****. Je ne suis pas trop, voir pas du tout, médecine générale ! Je me suis donc tournée vers la psychologie et j'ai fait une thérapie pendant 10 ans.

Les symptômes ont bien diminué depuis, mais je vis toujours avec les symptômes correspondants : céphalées, sauts d'humeur, dépression, intolérance au froid ....

Puis il y a 4 ans, je me suis faite licencier. J'étais à la fin de mon congé maternité et on m'a proposé une rupture conventionnelle (forcée) après 8 ans de collaboration sans une ombre au tableau. (Tout ce qu'il y a de plus légal, voyez-vous ?) Je me suis défendue, puis me suis rendue compte que leur décision était prise alors j'ai négocié un billet et je suis partie. Mais je vous laisse imaginer comment j'ai reçu le truc.
A partir de ce moment là, j'ai enfin décidé d'être moi, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. J'ai fait un bilan de compétences, me suis confortée dans l'idée que j'étais faite pour ce métier. Mais côté personnel, la mise en route était plus difficile. Et j'ai commencé à avoir des problèmes d'articulations, de sérieux problèmes d'articulations.

Etant donné mon amour profond pour la médecine générale, je ne me suis pas fait diagnostiquée. Je n'ai donc aucun traitement pour soulager la douleur. Et pendant toutes ces années, la pathologie a progressé. Alors aujourd'hui, il est clair que je souffre. Je souffre pour ranger la vaisselle, je souffre quand je me retourne dans mon lit la nuit, je souffre quand j'habille mon fils de 3 ans, et j'en passe. Ca commence à peser sur mon moral et je cherche des solutions aujourd'hui.
[Je ne vous dis pas tout ceci pour me plaindre, il y a bien pire que moi. Je veux juste vous donner un maximum d'informations afin que votre témoignage puisse m'aider, si toutefois cela vous intéresse de partager.]

Puis, il y a 2 mois, j'ai fait une formation en management dans le cadre de mon travail, je suis chargée Ressources Humaines. Ma formatrice (une super zèbre !), m'a fait découvrir le livre de Christelle Petitcollin, ""Je pense trop."" Et je me suis totalement reconnue dans ce bookin à tel point que lorsque j'ai lu les 1ères pages, je me suis effondrée. Même si je ne me suis pas faite testée, je sais que suis HPE. Cependant, je suis novice en la matière, ce pourquoi j'écris aujourd'hui.

Donc en deux mois, j'ai réalisé que tous les symptômes que je pensais être les contre-effets du dérèglement de la thyroïde, sont en réalité liés au HPE. Mon état dépressif régulier et ma joie exponentielle du rien et du tout est en fait normal. Mon cerveau qui s'agite la nuit n'y est pour rien !
J'ai découvert que quand j'étais enfant, j'ai mis de côté ma part HPE pour m'intégrer au groupe. Et j'ai choisi de la faire ressurgir et de vivre réellement ce que je suis, il y a 4 ans, après mon licenciement.

Tous mes acquis s'effondrent. Mais c'est bien car c'est très positif, seulement, c'est tout de même bien déstabilisant. Je ne sais pas comment vous avez gérer la nouvelle de votre côté ...
Alors quand j'ai compris que j'avais des facultés, j'ai demandé à mon ""joli cerveau"", (c'est comme ça que je l'appelle) de me montrer de quoi il est [je suis] capable.
Et j'ai l'impression que je suis en train de me prendre un joli retour de bâton ! Je commence à comprendre que depuis 4 ans, mon corps me montre qu'il n'en peut plus, qu'il veut faire sortir toutes ces émotions que j'ai gardé et qu'il les traduits par mes problèmes d'articulations.

Depuis 4 ans, j'ai du mal à communiquer avec mon mari. Il est zèbre lui aussi, on en a discuté quand j'ai découvert les HPE. Mais ce n'est pas parce qu'il est aussi zèbre qu'on arrive à s'entendre et à se comprendre, la preuve ! Mon mari travaille beaucoup et de nuit en plus. C'est donc moi qui m'occupe des enfants et de l'entretien de la maison (j'ai l'impression d'être Conchita) en écrivant cela. Et avec mes douleurs, je délaisse le ménage, je sors moins mes enfants, bref, je ne réponds pas à mes obligations de femme selon lui.

On se dispute beaucoup aujourd'hui à ce sujet, et même si je l'aime énormément, je n'accepte plus ses reproches. A chaque fois qu'il fait une remarque, je la prends automatiquement pour moi et la considère comme une agression. Mes émotions sont alors amplifiées et je sens mon corps cracher du froid, comme une réaction directe à l'agression.
Quand je transmets mon ressenti à mon mari, il me dit que je suis complétement à côté de la plaque. Est-ce que je deviens folle ou est-ce de la clairvoyance ? J'aimerais tellement pouvoir savoir où est le juste là-dedans.

Alors je me dis que peut-être qu'il a raison. Que je devrais retourner voir un psy, un psy qui connait les zèbres et qui pourrait m'aider à réapprendre à me connaitre. C'est peut-être la meilleure solution pour moi finalement ? Mais comment avoir une bonne adresse près de chez moi ? Comment avez-vous fait ?

Hier j'ai dit à mon mari le ressenti que je réprimais depuis longtemps vis à vis de lui et bizarrement, je n'ai pas eu mal à mes articulations de la journée aujourd'hui. La solution serait-elle dans la parole, dans le fait de sortir mes émotions au lieu de les enfouir !? Mais comment faire ? Quelle limite ne pas dépasser ? Comment être en phase avec elles ?

Si vous arrivez à y voir plus clair que moi, c'est avec plaisir que je recevrai vos conseils. Parce que j'avoue n'être pas très constructive à ce sujet en ce moment. Alors, avec votre avis de zèbre et votre regard extérieur, vous aurez peut-être une meilleur analyse que moi !

En tout cas ce fut un plaisir de vous expliquer ce que je vis en ce moment, même si ce n'est pas dans mes habitudes !
Et merci encore à vous pour votre envie de témoignages !
Bonsoir Pauline,
Je vais tenter de te donner quelques réponses basées sur mon expérience personnelle.
1/ J'ai appris être HPE par ma psy, cela remonte à trois ans, entretemps j'ai fait une dépression profonde, un infarctus et un changement d'orientation assez important dans ma vie. Premier constat, j'ai bien été accompagné malgré les apparences, aussi bien par ma psy, ma médecin de famille, mes cardiologues, la médecine du travail et mon management. La dépression était liée a) Un burn-out car je menais 4 tâches en parallèle dans mon travail, je jouais dans plusieurs groupes de musique et j'étais au bout du rouleau mentalement et physiquement b) Le déclencheur a été le décès de mon père et sa dégradation mentale à laquelle je me suis identifié c) Pour finir l'énumération, la dégradation de ma santé physique et une perte d'énergie et d'appétence. On m'a donné du temps pour me remettre sur pieds, ma psy et ma médecin m'ont fait confiance et n'ont pas poussé pour une hospitalisation et un traitement chimique au sujet de la dépression et mon management a réduit la charge sur demande de la médecine du travail, sans essayer de me sanctionner ou de me virer.
Pour la "digestion" de l'état de HPE, ça c'est fait petit à petit, comme tu le racontes on sait déjà enfant ne pas être dans la norme, mais chez moi c'était très atténué par la présence et forte complicité de mon plus jeune frère qui lui a développé, à l'âge adulte, une bipolarité. Sur ce point, il ne fait aucun doute qu'être accompagné par quelqu'un de compétent notamment un psy et dans une période de crise est indispensable pour ne pas dire incontournable.
2/ Faire une angine de poitrine n'est pas psychosomatique, même si on somatise, les artères sont bouchées et le cœur ne fonctionne plus correctement, ça agit sur la psyché, on est fatigué, irrité, l'énergie étant plus basse on a toujours froid, on a des douleurs qui apparaissent et qui disparaissent... ça te rappelle quelque chose ? Par contre, une fois opéré les choses s'améliorent même si après n'est plus avant, et que l'on doit faire le deuil de qui on a été. Qu'est-ce que je tente de t'expliquer ? Le lien de causalité n'est pas forcément dans le sens où tu le penses, ce n'est parce que j'ai un mauvais karma que ma santé part à vau-l'eau, autrement dit ton problème de thyroïde a plus à voir avec ton système hormonal ou même l'accident de Tchernobyl que ton état refoulé de HPE, au même titre que tes douleurs articulaires. Alors oui, une génétique familiale, des habitudes, des croyances et des comportements peuvent entraîner des maladies, les cancers de la gorge sont liés au tabac, ce n'est plus à démontrer. Mais lorsque j'ai subit ma première opération j'ai demandé au cardiologue si le fait d'avoir fait la bringue pouvait avoir eu une influence sur mon problème, il m'a répondu : "aviez-vous une vie plus dissolue que Serge Gainsbourg ?", connaissant le personnage j'ai répondu "non", "bon, Gainsbourg a eu des problèmes très tard, vous vous avez 38 ans, votre père est hémiplégique, votre grand-père est mort d'une rupture d'artère, ne cherchez pas c'est dans la génétique qu'est la réponse". J'ai mis un bon moment pour trouver un cardiologue et une médecin qui ne se contentent pas de prescrire, mais écoutent et respectent le point de vue du patient.
3/ Pour la petite histoire j'avais fait une psychothérapie, il y a une vingtaine d'année mais la psy était passé à côté de mon état d'HPE, j'avais tout de même réussi à me séparer de deux ou trois addictions, mais je n'en étais pas complètement satisfait.
4/ Je ne pense pas que tu es folle, mais j'ai la faiblesse de croire que ta clairvoyance est assez limitée, il faut que tu sortes de cette persuasion que tes problèmes de santé sont des problèmes psy, car tu as les deux, mais ils ne sont pas forcément liés. Le fait d'être HPE te trouble et c'est normal, on navigue entre crainte est espoir c'est pour cela qu'il faut un port d'attache, une personne qui va t'aider à prendre des repères et de permettre d'évoluer, de changer, tomber le masque pour devenir toi-même sans fard. Par ailleurs, ta thyroïde et tes articulations ne vont pas se soigner tout seul, te soigner te fait peur et je peux le comprendre, les médecins que tu as croisé n'étaient peut être pas les meilleurs qui soient, ça je le comprends très bien aussi mais il faut te rendre à l'évidence, tu dois admettre être malade de la thyroïde et des articulations, et, avoir besoin de soutient dans ta prise de conscience d'HPE et dans les soins à venir.
5/ Pour ta relation avec ton mari, là je sors le drapeau blanc, oh et puis non, je vais reprendre ce que j'ai écrit dans un post sur l'idéal féminin "Pendant longtemps je rêvais d’actrices italiennes brisant la vaisselle dans des crises homériques de jalousie et j’ai eu mon content de crises de jalousie. Je n’aspire plus qu’à la tendresse, car je viens de réaliser qu’hélas la jalousie n’a jamais été la preuve de l’amour. Donc mon idéal est une partenaire tendre, pour le reste on s’adaptera." Que cela signifie-t-il ? Qu'après avoir fait le parcours que je viens de réaliser (et pas tout à fait fini) je ne choisirais plus la même personne pour vivre avec, donc exit la mère de mon fils, mais je te rassure nous nous sommes d'abord séparé et le reste est venu ensuite. Donc le parcours dans lequel tu vas t'engager a des conséquences dont tu ne peux pas mesurer la portée.

En conclusion, ton état physique n'est pas en lien avec ton état psychique d'HPE. Que ce soit le bordel dans ta tête c'est tout à fait normal pour une HPE, je ris en l'écrivant mais je suis passé par là et ça ne me faisait pas rire sur le moment, donc aies espoir les choses ne peuvent que s'améliorer. Pour ta thyroïde va consulter directement un endocrinologue dans un centre hospitalier ou une clinique de haut vol, prépare ta visite avec une liste de ce que tu as à dire pour ne pas être démunie, troublée ou assaillie par tes émotions. Et va voir un, une psychothérapeute (surtout pas un psychiatre qui est un médecin... qui ne comprends rien aux HPs), qui connait les HPs ou qui est motivé(e) pour faire le chemin avec toi (la mienne est une TCC et je suis son premier HP et elle s'en sort pas mal du tout). D'abord ça évitera que tu essaies de le(a) manipuler ou que tu lui présentes un masque qui limite les accès à ta psyché, et ce n'est pas une vue de l'esprit de ma part. Par ailleurs, il faudra peut être que tu en vois plusieurs avant de trouver le bon ou la bonne, j'ai trouvé la mienne du premier coup, du moins c'est la première qui a répondu au téléphone et ça a matché, je crois très sincèrement que lorsque tu as décidé de t'aider, tu as droit à un petit coup du pouce du destin.

Conclusion de la conclusion, tu viens de lancer un SOS, donc j'en déduis que tu désires que les choses changent alors décides de les changer en te faisant soigner pour tes maux physiques et en te faisant accompagner dans ton développement personnel vers une version apaisée de toi-même. Ne commence pas à projeter dans l'avenir "et si machin truc alors truc machin ..." car nul sur cette terre ne peut le deviner, alors agis prends rendez-vous et vas aux rendez-vous, et advienne que pourra.

Prends soin de toi,
Jean-Pierre

PS. Les conseillers ne sont pas les payeurs, je sais, alors quoi que tu fasses ou que tu choisisses, je reste à ton écoute et c'est gratuit !
Merci Jean Pierre pour ton expérience. Je ne m'attendais absolument pas à ça. A méditer.
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someday777888
22 févr. 2020 à 00:47

HP, Zebre, Atypique, dans le milieu familiale... comment il se sent ?

comment sentez vous dans votre famille ?
nf-k2
13 août 2019 à 09:51

Avons nous évolué pour voir la réalité telle qu'elle existe vraiment ?

Bonjour les atypikoos, Je vous propose cette lecture : https://www.anguillesousroche.com/cerveau/avons-nous-evolue-pour-voir-la-realite-telle-quelle-existe-non-selon-un-psychologue-cognitif/ Pour vous demander quelle est votre opinion argumentée à ce...