Atypiker
14 août 2019 à 10:22
Ma pratique des arts martiaux m’a permis de découvrir il y a plus de vingt ans, le bushido (littéralement la voie du guerrier lettré). En suivant cette voie, j’ai découvert le Zen et l’enseignement de Confucius. Cette sagesse est précieuse en soi mais je pense qu’elle peut trouver une grande résonance chez les surdoués d’où ce sujet pour vous la présenter.

Il est vraiment très difficile d’expliquer le Zen et la Voie, car les concepts qui les sous-tendent, issus de la pensée asiatique, se trouvent pratiquement à l’opposé de la pensée occidentale.

Par exemple : toute la philosophie occidentale repose sur la notion du sujet, le moi, et de volonté.
Or, pour le Zen, ce sont justement les deux illusions dont il faut absolument se libérer.

Non seulement, il faut se détacher du « moi » mais il ne faut pas que ce « moi » cherche à agir.
Il faut tendre vers le non-agir qui permet justement l’action juste et efficace.
Par exemple, le zen nous enseigne que pour toucher la cible avec un arc, il ne faut pas chercher à atteindre la cible. Nous ne devons pas tirer, « quelque chose doit tirer ».
De la même manière, pour devenir un grand guerrier, il faut pratiquer le non-sabre et ne fixer sa pensée ni sur son propre corps, ni sur celui de son adversaire.

Pour atteindre cet état, il faut retrouver «l’esprit du débutant ».
Quand nous débutons, nous sommes sans a priori.
Ensuite, en progressant, nous pensons à plein de choses qui nous parasitent et nous éloignent de la compréhension juste des choses. Quand après des milliers d’heures d’entraînement, nous sommes devenus des maîtres, nous atteignons la perfection sans réfléchir, nous avons retrouvé « l’esprit du débutant ».

Le Zen et le Bushido sont des sagesses ancrées dans la pratique.
Pratique d’une activité à l’origine guerrière mais qui peut être aujourd’hui artistique, sportive, commerciale, politique. Le Zen, ce n’est pas juste être assis en tailleur et méditer !
L’important est d’exercer son esprit de façon concrète et de se confronter au monde.
Cette pratique est également mentale. Nous devons entrainer notre esprit à chasser les pensées négatives et apprendre à garder l’esprit enjoué.

« Pour transcender le monde, l’humeur enjouée dispose d’innombrables moyens : courage de l’esprit, insouciance quant à la vie et à la mort, gratitude envers les bienfaits que nous apporte la vie, confiance indomptable en ses propres progrès, conscience de la causalité , juste perception de l’impermanence et de l’irréalité des choses, attention accordée à la valeur du temps, vigilance dans la connaissance de soi, sens de l’autocritique, respect pour toute chose, pratique de l’équité, écoute des maîtres, bonté, compassion, droiture, honnêteté, réflexion, etc… »

A noter que les dernières vertus évoquées sont précisément celles du Bushido.
Au niveau politique et social, ces vertus trouvent leur application dans les enseignements de Confucius. Tout cela forme un tout qui va de la façon dont l’homme gère ses pensées jusqu’au bon gouvernement de la cité. (-Qu’est-ce que gouverner? -C’est travailler et donner l’exemple. -Mais encore? -Ne jamais s’en lasser. Confucius)

Par cette petite présentation, je n’ai fait qu’effleurer la profondeur du Zen et de la Voie.
C’est un chemin exigeant, ancré dans la pratique quotidienne, nécessitant une grande discipline mentale mais qui permet, d’après mon expérience, de conduire à une compréhension plus juste des choses et d’aboutir à un plus grand équilibre interne comme externe.

Vous trouverez ci-dessous quelques suggestions de lecture pour ceux qui souhaiteraient s’intéresser au Zen et au Bushido.

-le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc de Herrigel (bonne introduction car le zen y est abordé par un occidental qui le découvre et qui n’y comprend rien)
-la voie du samouraï et le code du samouraï de Thomas Cleary
-la pratique du zen de Taisen Deshimaru
-Entretiens de Confucius (Points sagesse)

A noter qu’Il existe beaucoup de ""sages"" et de mystiques à deux sous qui colportent une religion new age saupoudrée de zen et de bouddhisme. Le véritable zen n’impose ni mortification, ni ascétisme. Il est toujours ancré dans une pratique quotidienne et surtout il se caractérise par un inébranlable sens de l’humour et de l’autodérision.

Alors qu’ils cherchaient à traverser un gué, un pécheur interpella les disciples de Confucius :
« Votre maître Confucius, c’est bien ce fou qui cherche sauver les hommes tout en sachant que c’est peine perdue ?» (Anecdote faisant partie du texte officiel des Entretiens)

Si vous avez des questions sur le sujet, je ferai de mon mieux pour y répondre.
Un jour un disciple vient voir Confucius pour y demander ce qu'était un sage, la réponse du maître fut la suivante:
"le sage est celui qui a un gros intestin qui fonctionne correctement".

En gros l'énergie de "défense", la plus en périphérie du derme celle qui en assure le rempart contre les agressions extérieures, la plus rapide dans ces cycles, l'énergie Oé/Wei (les deux écritures sont valables... grosso merdo en occident ont parle des défenses immunitaires qui sont fabriqués dans le colon descendant avec les matières les plus fibreuses, les moins digestibles par l'orga) à aussi comme assertion l'énergie dite du Métal.
Le métal a deux compréhensions distinctes issus du même sinogramme, le premier celui de l'or sous la montagne et aussi la notion de fer qui rouille...
La tradition orientale nomme le 3ième âge de l'homme, la phase métal de notre existence et à ce moment là de nos existences nous avons deux options, soit nous nous sommes bonifier avec le temps et sommes rendus en "résistance ronde" à l'image de la ductilité de l'or ou alors nous nous sommes "oxydés", durcis au point que cette dureté prenne de l'ampleur dans nos comportements et nous positionne en résistance dite "carré" et là on est aussi dangeureux pour l'entourage que le tétanos...

Merci pour le sujet, pas le temps de développer plus présentement, désolé.
En sport, c'est bien connu la répétition du geste pendant des milliers d'heures mois et années finit par être intégré en mode automatique, et devient presque réalisé comme en mode instinctif, ce qui permet la fluidité proche de la perfection. Malheureusement à un certain niveau cela peut fausser le jeu, par exemple au tennis le gars qui est ainsi peut devenir proche de l'automate et taper fort et précis sur des heures, le cycliste devra s'entrainer dur pour faire tourner les jambes le plus vite possible pendant des heures et devenir ainsi le plus fort le plus endurant. Ce n'est donc que parvenu à cet état que les joueurs d'exceptions apportent le petit supplément d'âme qui peut faire la différence, le petit plus de vision qui fait les génies, à notre que les hyper sensibles verront souvent leur capacités parasitées par la pression des enjeux, c'est ainsi que ce sont souvent les gens les plus froids et insensibles qui sont les plus grands champions.
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JeyRhum
29 déc. 2021 à 23:59

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D-aventure
31 oct. 2024 à 08:07

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