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Vérifier très régulièrement ses réseaux sociaux. Craindre de louper une actualité importante. Se sentir toujours en train de courir après les tendances, avoir l’impression de manquer des choses dans son groupe social ou dans sa vie en général... Notre société actuelle entretient la peur de louper des informations, ou des expériences. Et cela peut avoir un effet néfaste sur notre équilibre émotionnel. Pourquoi faut-il alors se méfier du syndrome de « Fear Of Missing Out », ou FOMO, et comment le combattre ? On fait le point.
Le syndrome FOMO est l’acronyme de « Fear Of Missing Out », que l’on peut traduire par « la peur de manquer quelque chose ». Par exemple, la peur de manquer des moments privilégiés avec ses amis si l’on ne va pas en soirée. La peur de louper une conversation importante en coupant son téléphone. Ou encore la peur d’être exclu de moments importants, de ne pas comprendre les « inside jokes » ou de se sentir à l’écart du groupe.
À part son nom, la FOMO n’a bien sûr rien de moderne, et il s’agit d’une condition humaine très courante. Mais elle a mis du temps à être nommée – et étudiée. Ce n’est qu’en 1996 que le terme est apparu, grâce aux recherches du docteur Dan Herman. Depuis, le concept a pris de l’ampleur, notamment parce qu’il a été amplifié par notre société hyperconnectée, ainsi que par les réseaux sociaux. Mais nous y reviendrons.
On peut déjà commencer par se demander pourquoi nous avons tant peur de « louper » des choses. La raison est partiellement évolutive, parce que l’être humain est un animal extrêmement social. Les premiers humains ont en effet survécu non pas parce qu’ils étaient les plus forts ou les plus résistants physiquement, mais bien parce qu’ils ont créé des groupes sociaux qui leur ont permis de s’entraider. Le besoin d’appartenance à un groupe est donc naturel chez l’homme, et donc aussi la crainte de ne pas en faire partie.
Plusieurs études montrent que la sensation d’être rejeté, ou de ne pas « faire partie » de quelque chose, est aussi douloureuse qu’une blessure physique. Cela montre à quel point l’être humain a fait de la sociabilité un enjeu de survie… Et le monde moderne ne nous aide pas particulièrement, selon le chercheur en psychologie et neuroscience Mark Leary :
« Les gens ont réalisé à quel point notre préoccupation pour l’acceptation sociale s’étend à presque tout ce que nous faisons. »
Dans un monde où l’on envoie les photos de son repas sur WhatsApp, où notre session de sport est enregistrée sur des réseaux sociaux dédiés, et où les hashtags changent quotidiennement sur Twitter, la FOMO s’est en effet amplifiée.
Les « tribus » humaines
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8 commentaires sur Fear Of Missing Out (FOMO) : et si on s’autorisait à « louper » des choses ?