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Pour identifier un haut potentiel intellectuel, on s'appuie aujourd'hui sur un critère simple : un QI total d'au moins 130 à un test standardisé comme la WAIS. Mais un chiffre ne dit pas comment un potentiel se développe, pourquoi certains le transforment en réalisations et d'autres non, ni quelle place laisser à la créativité ou à la motivation. C'est à ces questions que répondent les grands modèles du haut potentiel, élaborés depuis la fin des années 1970.
Cet article présente les plus cités : Renzulli, Gagné, Sternberg et le modèle CHC, avec ce qu'ils apportent et leurs limites. Pour l'histoire des tests eux-mêmes (Binet, Terman, Wechsler), voyez notre histoire du haut potentiel intellectuel ; pour les intelligences multiples de Gardner, notre article sur les types d'intelligence.
Renzulli : le modèle des trois anneaux
En 1978, le psychologue américain Joseph Renzulli propose une définition qui fera date : le comportement « doué » naît de la rencontre de trois anneaux qui se chevauchent.
- Des capacités au-dessus de la moyenne, générales ou spécifiques, sans exiger un QI exceptionnel.
- La créativité : originalité, curiosité, capacité à envisager les problèmes autrement.
- L'engagement dans la tâche : motivation, persévérance, capacité à se consacrer longtemps à un sujet.
Renzulli parle de comportements doués plutôt que de personnes douées : ce n'est pas une étiquette permanente, mais quelque chose qui se manifeste dans certaines situations, quand les trois anneaux se rejoignent. Ce modèle a eu une grande influence dans les écoles, notamment aux États-Unis, parce qu'il ouvre l'accompagnement à des élèves qui n'atteignent pas le seuil de 130.
Sa limite : en intégrant la motivation dans la définition, il rend « non doués » des enfants très capables mais démotivés, souvent ceux qui auraient le plus besoin d'aide. Il est aussi difficile à mesurer de façon standardisée.
Gagné : de la douance au talent (DMGT)
Le psychologue québécois Françoys Gagné distingue deux notions que l'on confond souvent. La douance désigne des aptitudes naturelles élevées, intellectuelles, créatives, sociales ou physiques. Le talent désigne des compétences remarquables, développées dans un domaine précis : les mathématiques, la musique, le sport, un métier. Son « modèle différencié de la douance et du talent » (DMGT) décrit le passage de l'un à l'autre (Gagné, 2004).
Ce passage n'a rien d'automatique. Il dépend de catalyseurs personnels (motivation, tempérament, volonté), de l'environnement (famille, école, rencontres, ressources) et du processus de développement lui-même (apprentissage, entraînement), sans oublier une part de
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