IA : l’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les humains ?
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IA : l’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les humains ?

Cam
17 oct. 2022
8 min

Robots surpuissants, humains 2.0 ou simple aide au marketing… Le terme « intelligence artificielle » (IA) génère son lot de fantasmes. Quels sont ses usages réels, et pourquoi dit-on parfois que l'IA peut remplacer les humains ? Voici une introduction à ce vaste sujet.

Intelligence artificielle : un peu d'histoire

L'idée d'intelligence artificielle a émergé semble-t-il très tôt, au moment où Alan Turing travaillait sur les premiers systèmes de calcul complexes qui ont précédé les ordinateurs. Dans les années 1950, celui qu'on considère comme le père de l'informatique se demandait : « Les calculateurs numériques peuvent-ils penser ? ».

Au fil des décennies, une réponse à cette question semble se dessiner : « Oui, mais cela dépend comment on définit la pensée ». Dès les années 1980, les ordinateurs commencent en effet à pouvoir déduire des chemins logiques à partir de données brutes. Mais il faudra attendre le Web 2.0 et le « Big Data » pour que le domaine explose, et trouve ses premières applications de masse. C'est en partie dû à un bond technologique : les puissances de calcul ont explosé, et le « deep learning » a aussi fait son entrée.

Dans les années 2010, les technologies grand public liées arrivent ensuite sur le devant de la scène, avec la production massive d'enceintes intelligentes avec assistant virtuel. Depuis, l'IA est intégrée partout : chatbots d'assistants virtuels, suggestions sur les boutiques en ligne ou les sites de streaming, et même, plus récemment, créations artistiques. Souvent, on interagit avec une intelligence artificielle sans même le savoir.

Comment définir l'intelligence ?

L'intelligence artificielle est un terme qui est devenu un peu galvaudé – on y

Publié par Cam

Journaliste HPI/TSA à la recherche du mot juste et d'un monde plus ouvert à la différence. Créatrice du podcast Bande d'Autistes !

6 commentaires

Alexander
il y a 3 ans · Modifié
La langue anglaise propose trois termes communs pour parler de conscience: consciousness, awareness et sentience. En français, on parle beaucoup de "conscience". Le terme de "sentience", anglicisme d'importation récente, ne s'est pas encore répandu dans la langue courante, et pour "awareness", on peine aussi à trouver un équivalent français autre que "conscience". La difficulté du débat sur l'IA commence donc déjà par les mots à utiliser et par les possibilités de différenciation qu'ils mettent à notre disposition.

On note une certaine continuité: L'automatisation a remplacé de plus en plus de tâches de "cols bleus", la numérisation remplace de plus en plus de tâches de "cols blancs". Les deux remplacent surtout des choses au niveau des actions. L'IA poursuit sur la lancée et remplace de plus en plus au niveau des prises de décision.

La technicité du monde rend celui-ci de plus en plus complexe et donc la prise de décision de plus en plus ardue. Mais cette même technicité propose désormais la solution au problème qu'elle cause: Elle propose de soulager l'humain dans ses décisions à prendre. On pourrait y voir un cycle qui se referme sur l'humain. L'humain est enveloppé d'une technicité croissante, de systèmes d'assistance qui s'interposent entre lui et le réel. Ils étaient d'abord mécaniques, maintenant ils deviennent cognitifs et viennent assister, voire soulager, voire un jour remplacer la pensée.

Cela peut revenir à une perte d'agentivité - si l'on me passe cette autre importation langagière récente. C'est à chacune et chacun de choisir si le confort de tous ces systèmes d'assistance, y compris dans les prises de décisions sur son propre chemin de vie, vaut cette perte d'agentivité.
Jean-Philippe
il y a 3 ans
Il me semble qu'une notion qui aurait gagnée à être développée concerne le curseur de la confiance...

L'IA fait un apprentissage puis l'utilise pour répondre à des interrogations.
On a découvert que l'IA pouvait avoir des problèmes pour apprendre (une IA prenait des forêts pour des loups parce que toutes les photos de loups qu'on lui avait données avaient été prises en forêt) ou, pire, pour désapprendre....
On se rend également compte qu'une IA a toujours un avis sur tout, et qu'il est très difficile de savoir si cet avis est sensé/pertinent ou pas. Quand l'IA dit qu'elle est presque sûre que cet avion est hostile, à partir de quand tire-t'on dessus ? Et quand l'IA dit qu'il a probable que les passagers du bus vont mourir, sauf si on sacrifie à coup sûr les piétons qui traversent devant lui, qui sera privilégié ? Achetez-vous une voiture à Elon Musk si on vous dit qu'elle choisira de vous sacrifier face aux piétons, ou acceptez-vous d'être toujours préservé au détriment des enfants qui surgissent du trottoir alors même que vous roulez comme un(e) taré(e) en pleine ville ?

A l'inverse, l'IA peut avoir une patience inhumaine pour construire une inexplicable sûreté de décision. Mais quand le temps presse, ne risquons nous pas de mourrir au pied d'une machine qui nous assurera qu'il reste encore de l'espoir et qu'elle n'est pas encore tout à fait sûre d'elle-même ?
dom
il y a 3 ans


plus généraliste, de l'outil, et de notre transformation interne, de part son usage, mais, me semble dans le cadre du sujet
l'i.a outil décisionnaire via nos choix, ou/et garde chiourme ?
un essai , "le paradoxe du sapiens"

https://www.editions-bayol.com/pages/livres-titres/paradoxe.html
Christelle
il y a 3 ans
Merci pour cet article, si vous souhaitez approfondir un cours de l'INRIA sur FUNMOOC vous le permettra : https://www.fun-mooc.fr/fr/cours/lintelligence-artificielle-avec-intelligence/
Juan
il y a 3 ans · Modifié
Je ne suis pas même convaincu que l'humain ait "une place" . Du coup, difficile de concevoir qu'il soit remplacé.

Cela étant dit, le développement de l'apprentissage machine s'inscrit dans un continuum, qui est celui de la révolution industrielle: Ce mouvement civilisationnel se fixant pour objectif de remplacer par des machines des taches exercées par des humains. Cela fait plusieurs siècles que l'on licencie à tour de bras des travailleurs pour les remplacer par des machines effectuant le même travail. Ce fut d'abord l'apanage du travail manuel et répétitif (machines outils), puis ensuite vint le travail de gestion de systèmes d'information (informatique), et demain, des taches décisionnelles, ou créatives.
La révolution industrielle, arrivée à son terme, nous confronte à sa conclusion: Il n'existe aucune tache humaine qui ne puisse être automatisée par une machine, même une tache décisionnelle ou créative.
Pourquoi ce dernier bond technologique heurte d'avantage nos consciences que ceux d'avant ? Serait-ce parce qu'il écaille le vernis aristocratique des artistes et des grands patrons, en les reléguant au même niveau que les ouvriers jadis remplacés sans aucun état d'âme par des machines ? Oui, mais pas seulement. Cette peur (qui se manifeste parfois par du déni pur et simple) de l'existence de la machine-apprenante-décidante-et-créative en dit en fait plus long sur l'image que l'humain se fait de lui même que sur les machines. Si tout ce qui fonde notre identité est reproductible par d'autres, alors cette identité n'en est plus une. Il convient alors de la réinventer. Ou mieux encore, de se délester d'une métaphysique anthropocentrée qui fait de nous le centre de gravité de l'univers.
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