Fear Of Missing Out (FOMO) : et si on s’autorisait à « louper » des choses ?
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Fear Of Missing Out (FOMO) : et si on s’autorisait à « louper » des choses ?

Cam
26 juil. 2023
9 min

Vérifier très régulièrement ses réseaux sociaux. Craindre de louper une actualité importante. Se sentir toujours en train de courir après les tendances, avoir l'impression de manquer des choses dans son groupe social ou dans sa vie en général... Notre société actuelle entretient la peur de louper des informations, ou des expériences. Et cela peut avoir un effet néfaste sur notre équilibre émotionnel. Pourquoi faut-il alors se méfier du syndrome de « Fear Of Missing Out », ou FOMO, et comment le combattre ? On fait le point.

FOMO

Le syndrome FOMO, c'est quoi ?

Le syndrome FOMO est l'acronyme de « Fear Of Missing Out », que l'on peut traduire par « la peur de manquer quelque chose ». Par exemple, la peur de manquer des moments privilégiés avec ses amis si l'on ne va pas en soirée. La peur de louper une conversation importante en coupant son téléphone. Ou encore la peur d'être exclu de moments importants, de ne pas comprendre les « inside jokes » ou de se sentir à l'écart du groupe.

À part son nom, la FOMO n'a bien sûr rien de moderne, et il s'agit d'une condition humaine très courante. Mais elle a mis du temps à être nommée, et étudiée. Elle a d'ailleurs beaucoup en commun avec l'overthinking, cette tendance à tout peser pour ne rien rater. Ce n'est qu'en 1996 que le terme est apparu, grâce aux recherches du docteur Dan Herman. Depuis, le concept a pris de l'ampleur, notamment parce qu'il a été amplifié par notre société hyperconnectée, ainsi que par les réseaux sociaux. Mais nous y reviendrons.

On peut déjà commencer par se demander pourquoi nous avons tant peur de « louper » des choses. La raison est partiellement évolutive, parce que l'être humain est un animal extrêmement social. Les premiers humains ont en effet survécu non pas parce qu'ils étaient les plus forts ou les plus résistants physiquement, mais bien parce qu'ils ont créé des groupes sociaux qui leur ont permis de s'entraider. Le besoin d'appartenance à un groupe est donc naturel chez l'homme, et donc aussi la crainte de ne pas en faire partie.

Plusieurs études montrent que la sensation d'être rejeté, ou de ne pas « faire partie » de quelque chose, est aussi douloureuse qu'une blessure physique. Cela montre à quel point l'être humain a fait de la sociabilité un enjeu de survie… Et le monde moderne ne nous aide pas particulièrement, selon le chercheur en psychologie et neuroscience Mark Leary :

« Les gens ont réalisé à quel point notre préoccupation pour l'acceptation sociale s'étend à presque tout ce que nous faisons. »

FOMO, réseaux sociaux et info : un mélange d'influences

Dans un monde où l'on envoie les photos de son repas sur WhatsApp, où notre session de sport est enregistrée sur des réseaux sociaux dédiés, et où les hashtags changent quotidiennement sur Twitter, la FOMO s'est en effet amplifiée.

Les « tribus » humaines se sont agrandies grâce aux réseaux, et la peur de manquer a donc été alimentée par nos nouveaux usages. Mais fondamentalement, elle reste une peur de ne pas être adéquat. Molière l'exprimait particulièrement bien dès 1659, par la bouche d'un de ses personnages des Précieuses ridicules, qui affirmait :

« Pour moi j'aurais toutes les hontes du monde, s'il fallait qu'on vînt à me demander si j'aurais vu quelque chose de nouveau que je n'aurais pas vu. »

Un monde moderne qui joue sur la FOMO et notre peur de manquer ?

La FOMO est une conséquence directe de notre monde hyperconnecté, mais elle va au-delà d'un symptôme. Elle est aussi utilisée dans des techniques de marketing ou de management. Il s'agit d'un des ressorts les plus courants de la publicité : les offres limitées et les soldes jouent ainsi sur notre peur de manquer la bonne affaire.

La manière dont circule l'information est également désormais souvent basée sur cette peur. Les chaînes d'information en continu, les déluges de tweets, les newsletters quotidiennes… Tout cela contribue à nous maintenir dans l'idée que nous devons toujours être à la page.

L'arrivée des emails sur les téléphones, et les services de messagerie instantanée, n'ont fait qu'amplifier le problème. Pour beaucoup, il est naturel de lire un email de travail à 22h, ou de répondre à un client pendant ses vacances. Ce qui contribue à brouiller les frontières entre notre vie personnelle et notre vie professionnelle.

Même dans le domaine du dating et des rencontres amoureuses, la FOMO règne. La plupart des grandes applis de rencontre proposent des « matchs » qui expirent, des profils qui deviennent inactifs si on ne s'y connecte pas, ou des opportunités limitées de rencontrer des personnes. Tout cela montre donc bien les problèmes liés à l'hyperconnexion, et à la manière dont l'être humain a dû s'adapter à de nouveaux usages.

Des profils plus vul

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Publié par Cam

Journaliste HPI/TSA à la recherche du mot juste et d'un monde plus ouvert à la différence. Créatrice du podcast Bande d'Autistes !

4 commentaires

Jan
il y a 3 ans
J'aime bien le contenu , la peur de manquer, de louper, de passer à côté d'événements de moments est qq chose qui a généré de gde frustrations dans ma jeunesse.... de la est né un sentiment de non compréhension d'autrui, d'altruisme. . J'ai pu trouvé du réconfort dans la pratique sportive pas la compétions mais plus le dépassement de sois même avec l'envi de toujours faire mieux plus loin, plus vite, plus haut.
Xavier
il y a 3 ans
Merci pour cet article .
Réponse au titre : NON ! 😅
C'est impensable pour ma part.
😘
Flavie
il y a 3 ans
Je trouve que c'est pas grave si on manque une ou 2 infos sinon on se met la pression de la voir à temps. J'ai essayé de sortir sans écouter de la musique au portable, c'est pas mal ça repose. Par contre je comprends de vouloir voir une notif au portable de suite.
Charles
il y a 3 ans
Moi ce que je trouve vraiment difficile, c'est les offensives permanentes pour enfoncer toujours plus loin la fenêtre d'Overtone vers un monde autoritaire, avec le lot de manipulation alambiquées, du coup pour pas me sentir vulnérable sur le dernier homme de paille créé sur mesure j'ai besoin de comprendre dans le fond tout ce que ça implique (baratiner quelque'un ça prends une phrase, parler en subtilité d'un sujet c'est beaucoup plus long et le "mal est fait"... ) pour ne pas me sentir démuni. Je précise que je ne suis pas les médias de masse, mais que j'aime quand même étudier ce qui se passe (pas non plus faire l'autruche, par ce que bon se réveiller dans une dystopie et dire "qui aurait pu prédire" je trouve ça limite, ne serais-ce que pour les gens moins lotis que moi..) à travers des médias alternatifs m'offrant un panel de points de vue et d'analyse à froid, de fond qui permet de trouver mon juste milieu.
Et vous, comment gérez vous les "attaques des médias et politiques mainstream" ?
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