Bon moi, ayant 19 ans, la seule chose que je puisse t'apporter c'est mon avis et comment je vis les choses, avec tout le manque de vécu qu'il peut y avoir derrière.
Je suis fait d'une telle façon qu'il FAUT que je fasse les "meilleurs choix" dans ma vie (c'est irrationnel : car ça vient d'une peur des regrets, je travaille dessus), donc assez vite je me suis mis à me flageller pour être plus productif, et donc à chercher des manières de mieux m'organiser.
Trello c'est une application que j'ai pu tester parmi des centaines d'autres applis et manières de se rendre productif; et je l'ai abandonné, comme toutes les autres. (Là je suis sur notion.so si tu veux, pour le moment xp)
Si les HP avaient plus de difficultés à s'organiser, je me dis que c'est car ils ont besoin d'être dans la spontanéité; Et que pour eux le moteur de l'action (la motivation) est leur désir, et le désir ça va et ça vient; tandis que pour les Autres, la motivation serait issu du rôle dans lequel se met la personne (dans le but de se rassurer dans la finitude de son existence).
Bien que j'ai toujours cherché à être productif, je n'ai jamais aimé le développement personnel, qui nous transformerait en machine à produire, en oubliant de vivre à côté (cherchez le paradoxe chez moi), pour autant, je pense qu'une personne qui y croit dur comme fer, se sentira beaucoup plus soutenu dans son action et le but qu'elle poursuit, et donc elle aura la motivation constante, nécessaire.
C. Tinoco (il a écrit un bouquin, et a une chaîne youtube bien sympathique si jamais) parle en plus du fait que ce genre de récits qu'on se raconte sont alimentés par deux effets : la projection dans l'infini, et les effets de connivence, ICI :
- Le fait que l'action du pro-productivité ait une portée infinie : "Tant que je suis productif, je fais barrière à ma mort car c'est ce que l'on [ la société ] attend de moi, et que tout ce que je produis pourra perdurer dans un temps infini"
- Le fait d'être dans une société méritocratique qui met en avant la productivité (sans compter les livres sur le sujet, les gens qui te montrent à quel point ils ont bien réussi en travaillant dur dur)
Et j'imagine que pour un profil atypique ces sources de motivation ne nous sont pas octroyées : nous sommes incapables d'adhérer à ce genre de récit car nous les remettons en question (ah quoi bon être productif, si tout est vain, si on va mourir, si le soleil va s'éteindre, si l'univers va finir en Big crunch ou Big freeze); C'est pour quoi je pense que l'on doit partir de notre désir pour mettre en marche l'action, et ne pas essayer d'aller à contre-courant, car on obtient l'effet inverse (on se fatigue à nager en contre-courant, on se culpabilise, on angoisse, et on se paralyse dans l'action; "j'ai lu et entendu [...] que les zèbres avaient du mal à hiérarchiser et organiser ce qu'ils doivent faire", peut-être qu'en leur qualité de hp / zèbre, ils n'ont pas à faire comme tout le monde ?)
Pour moi, la solution réside dans le fait de contourner ce "faux" problème, et tout simplement ne pas chercher à faire les choses si le désir ne vient pas... Quitte, parfois, à changer radicalement de mode de vie, de métier, de relations etc. ?
Je crois très fort au fait que si tu fais les choses quand elles te viennent, tu les feras jusqu'au bout, ça sera naturel, et tu feras bien plus que les autres, même.
Et que plus tu y accordes d'importance, plus tu vas t'angoisser, plus tu vas te culpabiliser, plus tu vas procrastiner et éviter le problème.
Je me souviens qu'avant, au lycée, j'étais addict aux jeux vidéo et à YouTube... Et depuis que j'ai commencé à voir la procrastination comme un signal signifiant "il y a un problème quelque part, je ne peux pas m'y confronter", et que j'ai arrêté de me culpabiliser, j'ai totalement "arrêté" de procrastiné (je me divertis toujours de temps à autre, on en a besoin, que ça soit par un livre, une série ou autre). J'ai plutôt essayé de résoudre les problèmes qui faisaient que je procrastinais.
Peut-être que c'est pareil avec l'organisation ? Écoute-toi, plus que la société :^) ?
Après, dans le milieu professionnel, je ne pourrais pas te dire, mais il y a probablement une dissonance entre ce qu'on te demande et qui tu es ?
Pour résumer : peut-être que pour trouver une solution au problème, il suffit de le contourner, dans la mesure du possible ?
PS : je ne donne pas de réponse véridique (je ne suis même pas sûr d'avoir répondu à la bonne question lol), j'essaye simplement d'explorer