Atypiker
30 sept. 2019 à 15:52
Bonjour à tous,

Je me permets de vous livrer un (gros) bout de mon histoire ...

Diagnostiqué HP vers l’âge de 4 ans, je n’ai jamais vraiment pris en compte ce que cela signifiait réellement jusqu’à récemment. Mes parents ne se sont pas « inquiétés » ou poser plus de questions. Pour eux j’étais simplement précoce comparer aux autres enfants mais en aucun cas « différentes » des autres. On leur a juste proposé de me faire sauter de classe car j’étais en avance sur mes petits compagnons et très curieuse. J’ai marché à l’âge de 9 mois sans passer par la marche à 4 pattes, je parlais de manière claire vers 1 an, j’ai appris à écrire mon nom seul, je me souviens aussi d’essayer d’apprendre à lire par mes propres moyens et pour couronner le tout j’étais hyperactive.

Bizarrement j’ai l’impression d’avoir toujours su que j’étais différente des autres. Je me rappelle que j’observais beaucoup ce qui se passait autour de moi, j’étais consciente du monde qui m’entourait. Les gens, la nature, les objets, je cherchais toujours à savoir comment et pourquoi ça fonctionnait ainsi. J’ai l’impression que la « maturité » m’a aussi très vite touché. J’étais responsable de plein de chose même celles hors de contrôle ou qui ne me concernait pas directement. Le sentiment d’injustice et le pourquoi je suis ici m’a aussi beaucoup torturé et cela continue encore aujourd’hui.

Une chose que je n’ai jamais dite à personne et que je rêvais tout le temps de suicide. C’était presque quotidien et cela à durer pendant plus de 20 ans. Il n’y a que 2 ou 3 ans il me semble que j’ai arrêté de faire ce type de rêves. C’était toujours la même méthode de suicide, peu importe ce qu’il se passait dans mon rêve, je finissais par ouvrir la fenêtre et je sautais. Je me retournais dans ma chute et je regardais vers le ciel. Assez bizarre de rêver de ça quand on est enfant.

Au niveau de ma scolarité, j’ai eu des hauts et des bas. Plutôt bonne élève au primaire, je voulais toujours me faire bien voir des adultes et surtout de mes parents. J’ai été dans une école élitiste mais j’étais loin d’être la meilleure. On nous obligeait à être en compétition les uns avec les autres. En fin d’année, on recevait dans nos bulletins une feuille avec le nombre d’élèves qui se trouvait dans chaque pourcentage (3 élèves ont obtenu dans les 90%, 10 ont obtenu dans les 80%, etc). La pression était énorme et elle a continué en secondaire. La discipline et le surpassement de sois m’accompagnaient chaque jour de l’école à la maison. Je devais fournir plus d'effort car clairement il y avait des choses que je n’arrivais pas à faire. Les maths étaient mes ennemis ainsi que l’apprentissage en par cœur. J’ai toujours eu du mal à étudier par cœur car je n’en vois pas l’intérêt. Je ne supporte pas faire des choses que je n’aime pas, bien que la plupart du temps je me force car obligé ou pour d’autres raisons.

Lors de ma puberté, mon comportement a totalement changé. Clairement d’un ange, je suis passé à un démon. Je ne supportais plus l’autorité, je pense qu’avant je le tolérais simplement. Je n’avais plus de filtre et surtout divers événements ont fait que je n’arrivais plus à contrôler mes pensées et mes actes. Bref, j’explosais. Lorsque j’ai raté ma première année secondaire, ce fût le drame pour moi. J’avais l’impression d’avoir raté ma vie, un sentiment de honte et surtout le fait d’avoir déçu mes parents me rongeait de l’intérieur. Le pire a été le jour de la rentrée quand tous mes camarades ont su que j’avais raté. Une fille qui était mon ""amie"" est partie courir le raconter à tout le monde que j’avais raté. Tous m’ont tourné le dos, plus personnes ne me parlaient comme si j’étais devenue un pestiféré et que mon échec était contagieux. Grosse, grosse claque dans la gueule. Je n’ai rien compris à ma vie. Toutes ces années à m’adapter aux autres, à être gentille, à défendre, à prendre sur moi et au final je récoltais ça. Je pense que c’est à partir de cette époque que j’ai arrêté de sourire et qu’une barrière en béton armé s’est mise naturellement autour de moi. Mon comportement était juste : je suis là, je fais ce qu’on me demande et basta. En classe, je ne parlais pas, je ne rigolais pas, j’étais dans mon coin et ça me suffisait amplement. Je voulais juste qu’on me laisse tranquille. Je recommençais à avoir de bonnes notes, les profs étaient contents de moi mais ça leur ne suffisaient pas. À chaque réunion des parents, au lieu de parler de mes notes, on parlait de mon comportement. Ça dérangeait mes profs que je sois différente des autres élèves. Je me faisais remarquer sans rien faire et j’étais devenu le vilain petit canard. Certains profs me cherchaient, me provoquaient exprès pour que je réagisse et ont vite compris que j’étais très impulsive (aujourd’hui encore j’y travaille). Un jour en 3ème, ma titulaire, en entendant mon nom lorsque je me présente, m’a de suite dit « alors c’est toi Sarah, j’ai beaucoup entendu parler de toi en salle des profs ». Aujourd’hui encore je me demande quelle vision les profs avaient de moi. Qu’est-ce que j’avais fait de mal pour qu’on soit constamment sur mon dos ? J’ai beaucoup été victime d’injustice à cette époque, des punitions, des retenus alors que je n’avais rien fait de mal. Je me souviens d’une fois où j’étais tranquillement en train de faire mon exercice et quelqu’un perturbait la classe en faisant du bruit de manière exagérer. C’est moi qui me suis faite engueuler à la place de cette personne. Heureusement que mes camarades ont pris ma défense ce jour-là. Bref, cette école, bien qu’on en ressort très cultivé, m’insupportaient et j’ai finis par la quitté en 4ème secondaire. Ciao discipline et profs casse-couilles. Ce fût bien là une courte pause car cela a repris dans les 2 autres écoles que j’ai fréquentées.

Lors de ma 5ème année, j’ai à nouveau raté mais à cause d’une prof qui ne m’aimait pas alors que je ne lui avais rien fait. Je ne lui ai même jamais manqué de respect. Je me souviens le jour où je suis venu avec ma mère pour savoir ce qu’il s’était passé pendant mon examen (que j’ai bossé comme une malade avec ma maman), on a croisé cette prof mais dès qu’elle nous a aperçu, elle a fui. Pourquoi ne sait-elle pas arrêté pour nous saluer et nous expliquer ce que j’avais mal fait. Pourquoi ? POURQUOI ? Et je vous assure que j’ai vu de la peur dans ses yeux quand elle m’a vu avec ma maman. Elle avait clairement quelque chose à se reprocher.
Par la suite, il était clairement hors de question que je reste dans cette école et que je fréquente ces mêmes profs qui ne me soutiennent pas et qui ne veulent clairement pas de moi. J’ai changé d’établissement et ai choisi un où l’option informatique était présente. Cette matière est une des seules que je comprenne assez bien et plus facilement que d’autres. En fait, je pense que par sa logique (la plupart du temps) elle m’a paru plus simple à comprendre que mes ""semblables"". Donc je m’y suis plongé corps et âmes. Mais de nouveau dans cette école, mon comportement posait problème. Je me souviens de ma rentrée (en retard). La prof dû au fait que je ne parlais pas, pensait que j’étais non-francophone. Et lors d’un devoir de français qui franchement n’était pas du tout compliqué au vu du niveau acquis dans mon ancienne école élitiste, pensait que quelqu’un d’autres l’avait fait à ma place. J’ai souvent eu ce reproche d’ailleurs. Ma manière de parler est très familière et forcément on ne parle pas comme on écrit. Dites-vous que mon chef, lorsque j’ai commencé à travailler pour lui, m'a dit ""tu devrais lire des livres"". J’en ai été vexé car j’ai passé mon adolescence à lire, c’était mon refuge à cette époque. Et c’est grâce à cela que j’avais acquis des compétences en écriture. Bref revenons à nos brebis !

Dans cette nouvelle école, après ce malentendu, ils ont vite compris d’où je venais et que je dépassais les autres intellectuellement. Clairement certains n’étaient pas des lumières sans méchanceté aucune ou prétention. Alors quand j’avais le malheur de pleurer quand j’avais une mauvaise note ou de participer de manière assidue et d’avoir des bonnes notes, j’attisais la jalousie de certaines personnes mais aussi l’incompréhension la plus totale. Heureusement que j’ai une personnalité assez forte et que je suis une assez grande gueule. Du coup, je savais me défendre et je ne me laissais pas marcher dessus. Par contre, j’étais une grande naïve (je le suis toujours). Je pensais que les gens m’approchaient car ils m’aimaient, aimaient ma différence, ma personnalité assez atypique, mon humour, … Mais en fait certains m’approchaient juste par intérêt : intérêts financier (je suis trop généreuse), intellectuel (je les aidais dans leurs devoirs) et j’en passe.

J’ai beaucoup souffert du rejet des autres. Je l’ai vécu au sein de ma propre famille et ça m’a détruite car j'avais en admiration certaines personnes. Mon cœur est rempli de cicatrices et malheureusement on continue de le scarifier, de le poignarder et de le torturer. Aujourd’hui, j’en suis arrivé à détester ces gens et à me détester de les détester.
Pourquoi ne veut-on pas de moi ? Pourquoi est-ce toujours à moi de faire des efforts ? Pourquoi il n’y a que moi qui arrive à deviner les sentiments des gens et à me comporter en fonction ? Pourquoi est-ce toujours moi le problème ? Pourquoi m’oblige-t-on à sourire alors que je n’en ressens pas le besoin ? Pourquoi me dit-on que j’ai l’air méchante alors qu’on ne me connait pas ? Pourquoi on me remarque alors que je ne fais rien pour ? Pourquoi suis-je ici à faire ce que je fais alors que je ne sers à rien ? Pourquoi personne ne me comprend et pourquoi personne ne m’écoute ?

J’ai l’impression d’être figurante de ma propre vie et d’avancer sans but. À 20 ans, je pensais savoir ce que je voulais et vers quoi je voulais aller. Aujourd’hui je ne sais pas quelle voie choisir et je ne sais pas quoi faire. Je n’ai jamais été aussi perdue et j’ai peur de retomber dans une dépression.

Pardon d’avoir trop parler et de ne pas avoir su mieux synthétiser ma pensée, mon histoire. J’espère que la lecture n’était pas trop fastidieuse et ennuyeuse.

Merci de m’avoir lu !

Sarah
Bonjour Sarah,

Quelle histoire ! Il paraît que le HP a pour trait de caractère la résilience. Je vous souhaite de tout coeur qu'elle saura se faire forte pour vous permettre de vous relever et trouver cette voie tant recherchée.
@sarah ne demande pas pardon, non ce n'est pas ennuyeux de te lire! Il semble que nous soyons nombreux à avoir morflé, et chaque histoire est intéressante et amène des réflexions. Mon opinion est que personne ne saura répondre à tes "pourquoi", personne d'autre que toi. Perso, j'ai morflé plus longtemps parce que je n'avais pas eu de diagnostic, mais peu importe la durée (je crois), il me semble (en tout cas c'est mon chemin), que la clé est de comprendre son propre fonctionnement, de s'accepter et comprendre que ce n'est pas celui de la majorité des autres êtres humains. laisser chacun avec son fonctionnement, ses jugements, et ... s'en foutre de ce que pensent les autres!
Fais toi confiance, tu vas la trouver ta voie. Peut-être te faudra-t-il en essayer plusieurs, mais c'est ce qui te permettra de progresser dans ta connaissance de toi. Et tu es assez bien équipée, bien mieux que d'autres! La dépression, c'est quand tu n'es pas en accord avec ton vrai toi, alors utilise là comme un signal.
Bon courage, et bonne route!
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Sylvanlife
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zaza7955
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