Il y a plusieurs années maintenant, ma sœur qui est une chrétienne pratiquante, s’était offerte à devenir monitrice auprès des enfants à « l’école du dimanche » de l’église qu’elle fréquentait. Elle m’avait demandé si je pouvais transférer sur DVD, puisque je sais comment, des vidéos dont elle m’avait fourni les liens sur YouTube, elle voulait pouvoir les diffuser sans avoir recours à l’Internet.
J’ai tout d’abord accepté, mais lorsque je les ai visionnés, assis tranquille chez moi devant mon ordi, je me suis ravisé.
Les vidéos en question étaient des dessins animés, visant spécifiquement un auditoire d’enfants et qui traitaient du « créationnisme ». Je n’avais pas trouvé en moi la capacité de participer à ce genre d’éducation que je trouve contraire au bon sens et qui de plus, à mon sens, insulte l’intelligence humaine.
J’aime ma sœur, j’ai été très présent à une période critique de sa vie et témoin des souffrances qu’elle vivait, j’ai tenté de l’aider du mieux que je peux et d’être présent pour elle, mais nous sommes fondamentalement différent en matière de croyance spirituelle et vision de l’humanité.
J’ai été témoin de comment sa religion, lorsque sa vie était rendu très difficile dû à une relation conjugale toxique (elle était mariée), comment cette religion semble lui avoir donnée un sens et une force pour traverser cette dure épreuve de quitter un homme qui la dévalorisait et qui avait une emprise sur elle. J’ai vu sa transformation, à ce moment-là, lorsqu’elle a commencé à fréquenter les groupes de discussions reliés à son église, qui se réunissaient en personne pour partager leurs souffrances, leurs petits et grands bonheurs… et s’encourager mutuellement dans la foi en Dieu.
Je fais part de tout cela, simplement pour illustrer que bien que pour moi toutes les religions, sans exceptions, sont des inventions humaines révolues et rétrogrades à bien des niveaux, je peux reconnaitre le bien qu’elles peuvent apportées à des individus à plusieurs niveaux.
Ma limite à moi, là où « aucune remises en question n’est possible », c’est lorsqu’une croyance s’entête à invalider des observations et une approche scientifique qui a fait ses preuves.
À un moment donné, il me semble, il faut que chaque être humain soit en mesure de reconnaitre quelque chose d’absurde à ce qui ne l’est pas.
Définition du mot « Absurde» :
« Qui est contraire à la raison, au sens commun, qui est aberrant, insensé. »
Mais sur quoi se baser pour qualifier quelque chose « d’insensé » lorsque nous ne sommes pas des « experts » en la matière ?
Ma réponse à moi, c’est une réponse qui existe déjà et qui ne vient pas de moi : « La démarche scientifique »… c’est-à-dire de s'appuyer sur des croyances qui suivent les règles de bases suivantes :
1) La neutralité : la méthode scientifique ne doit suivre aucun parti, être neutre politiquement et religieusement. Elle doit être rationnelle et s’intéresser aux phénomènes observables.
2) La prise en compte des échecs : toute méthode scientifique qui échoue doit faire l’objet d’une réflexion, les tests et expériences doivent être reproduits. Si l’échec persiste, l’hypothèse doit être revue/reformulée/changée.
3) Le doute : elle suppose de douter de tout ce qui n’a pas encore été prouvé. Dans le domaine de la science, tout ce qui n’a pas encore été confirmé peut faire l’objet d’un doute.
4) L’expérience pratique doit confirmer la théorie : si une idée est testable avec une expérience scientifique, alors elle respecte la démarche scientifique.
Cela dit, un être humain que j’admire beaucoup à dit ce qui suit un jour (que je traduis en français) :
« Vous ne pouvez pas convaincre un croyant de rien; parce que ce en quoi il croit ne repose pas sur des preuves, mais est basé sur un besoin inné de croire »
Voici la citation originale en anglais :
“You can't convince a believer of anything; for their belief is not based on evidence, it's based on a deep seated need to believe”
― Carl Sagan