Atypiker
19 nov. 2021 à 08:31
Je suis un inconditionnel des mots. C'est plus fort que moi, la précision, le choix, le placement, l'ordre des mots que j'utilise, rend l'exercice de mon expression presque obsessionnel.
Difficile de ne pas prononcer le bon mot à la place de celui qui ne le trouve pas, difficile de ne pas anticiper ce que l'autre va dire.
Mais pourquoi ? parce que l'absolue nécessité des mots pour le dire, des mots pour me faire comprendre, des mots pour me faire aimer, des mots pour me faire détester...

Ce qui est d'abord important, c'est une parole impeccable (1er accord toltèque). La parole, l'écriture, sont les deux moyens principaux d'entrer en relation avec l'autre, voire avec soi-même (on se parle tous de temps en temps 😉). L'entrée en relation permet d'échanger avec l'autre, permet de révéler la vérité, permet de lui dire qu'on l'aime. Mais attention aux faux mots, attention aux mots blessants, attention aux mots car ce sont des armes bien plus blessantes que toutes les autres parfois, celles qui vont rayer de votre vie ces amis, ces aimés, pour la nuit des temps.

Ce qui est important aussi, c'est une écriture impeccable, que ce soit dans la cursive ou dans la syntaxe. Enseignant, je suis confronté quotidiennement à la pauvreté d'orthographe ou de grammaire de mes étudiants, à tel point que parfois je ne peux même pas comprendre ce qui est dit. C'est la mal de notre époque pour moi, à l'heure de la digitalisation à outrance, ou tout est correction automatique, où le clavier physique ou virtuel est notre nouveau stylo, on ne sait plus écrire avec la main (j'en suis le premier impacté). Quoi de plus bel objet qu'un beau stylo plume ?

Quoi de plus beau qu'une belle chanson, qu'un joli poème, qu'une page de roman, qu'un slam bien écrits. Les mots nous touchent au plus profond de nous, de notre cœur, de notre âme.

Je terminerais avec un poème de Paul Eluard:

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur et le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et
Certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis.
"Difficile de ne pas prononcer le bon mot à la place de celui qui ne le trouve pas, difficile de ne pas anticiper ce que l'autre va dire."

J'aurais pu écrire ça...

Pour le reste... j'essaye maintenant d'adopter un certain principe de réalité. Dans le cas de ton sujet par exemple, ce principe serait "la communication humaine évolue". Est-ce en bien, est-ce en mal, ça ne devrait en tout cas pas m'affecter au point de me faire douter de moi même.

On peut se penser invariant dans un monde qui évolue, je pense que ça a été mon cas pendant quasiment toute ma vie, mais en fait ce n'est pas se rendre service.

Nous sommes aussi en évolution et il n'y a aucune honte a prendre son parti des évolutions du monde autour de soi, si on en a les capacités et si on sait, pour son propre équilibre, garder le bon recul.

Se sentir gardien d'autre chose fait partie de notre richesse, surtout lorsque l'on le/la transmet!
le choix des mots...j'ai aussi ce souci du mot juste...sans doute que cela a participé de très longtemps d'avoir le sentiment de ne pas savoir m'exprimer ou de ne pas être claire.. j'ai donc longtemps été gênée, complexée de mon expression verbale. 
J'ai dû aussi accepter que mon langage était essentiellement orienté par les sentiments, les sensations, car c'est ma façon de percevoir le monde et de le penser, donc en toute logique mon vocabulaire, la façon dont je restitue mes idées est empreint de cela. Pour autant, quand j'ai besoin de m'appuyer sur du rationnel, d'avoir un langage plus technique, je me sens souvent défaillante. Puis accepter aussi que quelque soit les mots ils ne pourraient jamais représenter totalement ma réalité, encore et toujours ce quelque chose qui échappe...

Par la suite, dans ma vie, deux choses me sont apparues, il s'agit d'abord dans le champ du développement personnel et de la psychologie, de la place faite au bon usage des mots et expressions.
Pour moi le mot juste est celui qui correspond à ce que l'on veut exprimer, au reflet "exact" de notre pensée, acceptons donc l'approximation dite plus haut et imaginons que cela soit possible... or en apprenant à communiquer, en faisant de la communication un apprentissage, voire une stratégie, on utilise la communication comme un outil qui peut devenir une arme...outil pour bien s'exprimer, par exemple de façon non-violente, utiliser les bons mots -stratégiquement- sans se préoccuper de l'adéquation entre le positionnement interne et la verbalisation, que l'on retrouvera dans l'attitude passive agressive, qui laisse l'interlocuteur dans l'incompréhension du sentiment de mal être ou de gène, ou de confusion dans lequel il se sent, engendrant aussi un sentiment de culpabilité crée par ce type de communication chez celui qui le reçoit. Ou, autrement dit, (voilà aussi une façon de pallier à la difficulté de se faire comprendre) , on peut tout à fait s'exprimer dans les règles de l'art de la CNV et être dispenseur d'une violence sous-jacente importante... parfois un juron est moins violent qu'un terme politiquement correct.....
Donc oui, pour les mots justes,  mais -à mon sens- cela ne peut faire l'économie, ou la condition sinequa none est le maximum de clarté à son égard, l'honnêteté vis à vis de soi pour avoir une parole honnête...le courant de la cnv veille bien à cela, mais l'usage qui en est fait, et les raccourcis d'utilisation, s'en éloigne.

a seconde chose qui me vient, et que j'ai constaté, sur laquelle je m'appuis au niveau professionnel est parfois l'usage "des bons mots" de façon spontanée, irréfléchie comme" levée du déni". Par exemple une personne utilise un mot, que je répète de par l'intensité du mot...à ce moment là, il y'a un recul conscient par rapport à l'expression ou au terme choisi, ou parfois l'excuse "non mais je ne sais pas bien ce que cela veut dire, ou je ne crois pas que cela se rapporte à ma situation" et la vérification dans le dictionnaire, de l'étymologie révèle combien ce mot choisi était au contraire totalement adapté , bien choisi... cela pour illustrer combien nos choix de mots, réalisé de façon spontanée sont parfois des très bons indicateurs et ce malgré soi...La précision du vocabulaire est donc parfois intégré malgré soi. Je cherche, en vous écrivant, un exemple, qui illustrerait mon propos, un exemple basique me vient : je demande à quelqu'un si il éprouve de la peur, il dit que non, puis parle plus tard d'une appréhension, réfute le lien avec la peur, ou en convient à "contre-coeur"... Cette expérience, je l'ai aussi constatée chez moi, une modalité d'expression de mon intuition, j'utilise un mot qui ne fait pas partie de mon vocabulaire courant, dont j'ai la sensation de ne pas connaître la signification exacte, et précise, et à la vérification de me rendre compte que la  perception en est juste...

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D-aventure
9 janv. 2025 à 13:35

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Je m'interroge sur la faculté d 'un HPI selon son degré d 'intelligence à dépasser les biais émotionnels au sens...
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