Atypiker
1 juil. 2022 à 13:34
Je m’interroge sur un mécanisme que j’observe chez plusieurs proches et que j’essaye de mieux comprendre.
Je vais essayer de le décrire le mieux possible.

LEURS CARACTÉRISTIQUES ET LEUR SOUFFRANCE
Il s’agit de personnes que je considère très intelligentes, probablement HQI voire THQI.
Il s’agit de personnes qui sont appréciées mais qui supportent peu de personnes et qui s’isolent.
Il s’agit de personnes qui estiment, à juste titre, ne pas avoir ce qu’elles méritent dans la vie : ils ont rencontré des obstacles importants de par leurs origines, leur parcours de vie ou leur santé. Ils ressentent une frustration profonde et une colère de ne pas avoir pu accomplir ce qu’ils souhaitaient accomplir et n’acceptent pas les conditions qui les en ont empêchées ou la situation qui en résulte. Ils n’arrivent pas à apprécier ce qu’ils ont pu accomplir malgré les obstacles et/ou à s’enthousiasmer pour ce qu’ils peuvent ou pourraient accomplir.

LEUR MÉCANISME
Ils dénigrent leurs proches de façon très violente et répétée.
Plus la personne est proche, plus elle est dénigrée, qu’il s’agisse d’un membre de la famille (parents, enfants, frères, sœurs, conjoint) ou d’un ami (et ils en ont très peu).
Cela ne semble pas être dans un but manipulatoire ou sinon je n’ai pas identifié lequel. Cela semble même contre-productif pour eux a priori.
Il ne me semble pas qu’il y ait une relation d’emprise : leurs cibles semblent tout à fait capables de quitter la relation et certaines le font de manière temporaire ou définitive.
Les relations avec leur proches sont chaotiques, car régulièrement, il y a des clashs qui entraînent une rupture de contact pendant parfois des mois ou des années, parfois définitivement.
Il semble que le dénigrement soit à la fois une façon de se redonner de la valeur, mais aussi l’expression d’une insatisfaction : la personne cible n’est pas aussi intelligente qu’eux à leurs yeux ou ils essayent d’en convaincre tout le monde (eux-même, la personne, leurs proches), ils aimeraient que la personne soit plus intelligente, n’ait pas telle ou telle faiblesse, ne gâche pas ce qu’elle pourrait faire et qu’ils ne peuvent pas faire ou n’ont pas pu faire.
Parfois il y a une surenchère, voire un acharnement sur une personne extrêmement proche. Cela semble être accentué par la non réaction de la personne cible : la personne cible fait comme si ça ne lui faisait rien, ne réagit pas, ne répond pas, ne change pas son comportement à son égard, continue de lui manifester de l’amour.
C’est le conflit, voire le rejet qui semble parfois être « recherché ». Peut-être une validation qu’il ne peut obtenir la relation qu’il souhaite. Une validation qu’il ne peut obtenir ce qu’il souhaite dans la vie : ni la situation qu’il souhaite, qu’il mériterait, qu’il aurait pu avoir si il n’y avait pas eu tels obstacles, ni l’amour de ses proches, ni la fierté de ses proches.
Mais ce qui domine c’est qu’il souhaite que la personne cible règle ses problèmes, devienne plus forte, réussisse à accomplir ce qu’elle a les capacités d’accomplir, réussisse ce qu’il n’a pas pu accomplir ou ne peut pas accomplir.
Il semble qu’il aime la personne cible, qu’il la considère comme une personne au dessus du lot, mais ne le dise jamais ou extrêmement rarement, et que la personne le déçoive ou qu’il attente encore beaucoup plus d’elle.

DIFFICILE RÉSOLUTION
Si la personne cible réagit, cela fini en conflit et en rupture temporaire ou définitive.
Si la personne cible ne réagit pas, cela va dans la surenchère.
Si il y a tentative d’échange pour trouver une solution, il expliquera que c’est la personne cible que provoque la situation, qu’elle le fait se comporter ainsi, ou que c’est pour son bien etc… avec zéro remise en question, des arguments bétons, et une impossibilité d’admettre aucune souffrance ou faute de son côté. Carapace bétonnée façon bunker indestructible.

La seule issue semble être que la personne cible parvienne à ne pas être affectée malgré la surenchère et l’acharnement, et parvienne à éviter que la surenchère dérape vers une agression physique, qui semble être le dernier « recours » si il n’obtient pas de réponse.

Une personne extrêmement proche de moi a « réussi » cela.
Je ne sais franchement pas si il faut l’en féliciter dans le sens où cela me semblait dangereux de ne pas rompre la relation à un moment donné.
Je lui avais conseillé de partir lorsque que j’ai été témoin et victime d’un « début » d’agression physique qui m’a fait peur. Personne n’avait été blessé gravement (une salière lancée avec blessure légère au bras et un geste de claque pas totalement abouti / partiellement évité pour ma part), mais cela m’avait énormément choqué de la part de cette personne, certes prompte à se mettre en colère, mais qui ne voit pas la violence physique comme une voie envisageable ou acceptable.
Ce n’est jamais allé plus loin et cet épisode a désamorcé l’escalade.
La personne cible a fini par déployer des resources qui ont progressivement désamorcé le dénigrement.
Je crois qu’à partir du moment où elle n’a réellement plus été affectée par le dénigrement, il a fini par cesser.
Je crois que la personne cible ayant réalisé un travail sur elle-même avec un résultat satisfaisant pour lui, il ne la dénigre plus aujourd’hui.
Ce cas très particulier n’est pas à prendre en exemple et il me semble que la personne cible aurait dû partir, mais voilà j’ai été témoin de ce scénario surprenant.

La souffrance de ces personnes m’attriste.
Ce qu’ils infligent à leurs proches (moi y compris) est particulièrement difficile et parfois me fait peur, mais je ne souhaite pas rompre ces relations de façon définitive, car ces personnes me sont chères et m’apportent beaucoup.
Je suis prête à les rompre si cela me semble dangereux pour moi.
Jusqu’à présent, j’ai rompu la relation pendant de longues périodes (des mois ou des années) quand je l’ai jugé nécessaire pour me protéger.
Mais je ne suis peut-être pas à l’abris d’une erreur de jugement aux graves conséquences.

Malgré le côté chaotique de ces relations, elles ont permis aux personnes cibles, moi y compris, d’évoluer, d’apprendre sur elles-mêmes, de réparer des blessures profondes etc…
Par contre, eux n’arrivent pas à s’extirper de leur souffrance. Cela m’attriste.
Bonjour @Theano,
Je comprends que cela provoque de la tristesse. On se sent impuissant. C'est difficile à comprendre toute cette colère, et ce qui s'apparente à un cercle vicieux, et surtout, c'est difficile à vivre, quand on est dedans, ou quand on y assiste ...
Est ce que tu as une question particulière par rapport à ces comportements ? pour toi ? pour les personnes qui vivent avec ce type de caractère dans leur sphère proche ? une recherche d'explication ?
J'ai connu deux personnes qui présentaient des ressemblances avec ce que tu décris. Je peux essayer d'analyser si je comprends un peu mieux ce que tu cherches ... si tu as une recherche particulière.
Sinon, si c'est juste un témoignage : je confirme, il y en a , j'ai déjà vécu. L'un d'eux était mon père.
En lisant le paragraphe "DIFFICILE RÉSOLUTION", j'ai pensé "c'est un des comportements caractéristiques de ce qu'on appelle le gaslighting"

En maintenant le conflit et en ne te laissant aucune autre issue pacifique que de reconnaitre que tu as l'exclusivité des torts, tu peux finir par te persuader que c'est toi-même le problème, et cela peut être assez destructeur. Aussi bien pour toi qui finira par perdre confiance en ton jugement que pour l'autre qui se sentira conforté dans son mode de comportement: de son point de vue, ça éloigne les mauvaises personnes tout en gardant les bonnes personnes ( = les personnes qui reconnaissent des pseudo-torts)

Il existe bien une parade, mais elle rentre dans la grande famille des "plus facile à dire qu'à faire": Il s'agit de ne jamais valider (ni positivement ni négativement) les comportements dénigrants et dominants. Sachant que si tu rentres dans le conflit, cela constitue une forme de validation (l'autre répond à mes attaques, donc c'est bien qu'il y a un conflit entre nous deux). Mais si tu cèdes le moindre pouce de terrain, cela est une validation aussi. L'idéal serait d'avoir une réaction quasi inexistante, jusqu'à ce que spontanément la personne toxique se trouve obligée "d'essayer" un autre comportement que son comportement violent habituel. C'est tout un travail de rééducation, et ça peut vite s'avérer un lourd fardeau.

L'autre solution c'est de créer le vide autour de ces personnes. De les laisser dans leur merde.
La solitude c'est aussi, parfois, une forme de "choc électrique" qui pousse à changer de comportement. Notre instinct de survie, doublée de notre instinct d'économie d'énergie, nous pousse à conserver nos comportements habituels tant qu'ils "marchent", selon l'adage "on ne change pas une équipe qui gagne", et n'en changer que lorsqu'ils deviennent tout à fait inefficaces. Mais parfois même totalement isolées, certaines personnes persisteront dans leur schéma conflictuel qui les enfermera plus encore dans l'isolement. Ce ne sont plus alors de simples mauvais comportements, mais une véritable psychose qui altère la perception du monde extérieur indifféremment de ce qui "marche" ou pas. Cela est assez rare mais cela existe. Dans ces cas là, il faut un véritable travail thérapeutique pour (re)construire une forme efficiente de lucidité sur leur environnement, et ce n'est pas de ton ressort.

De manière générale, quelque soit l'importance qu'on accorde à autrui, quelque soit l'indulgence qu'on a pour ses travers, et quelque soit l'envie qu'on a de l'aider à sortir de sa souffrance, il faut toujours en premier lieu préserver sa propre intégrité psychique et physique. Quitte à s'éloigner le plus loin possible.
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Lisaaa
5 janv. 2022 à 17:25

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