baudelairienne
21 avr. 2021 à 03:07
J'ouvre ce sujet grâce à la réflexion de @Kim dans ce sujet-là: https://www.atypikoo.com/forums/topic/decouvrir-son-atypisme-tardivement/ mais aussi parce que, hasard ou coïncidence, la très juste réflexion de Kim rejoint mes questions, et aussi ma colère, sur la façon dont notre genre invalide parfois nos problématiques de personnes à haut potentiel, voire peut nous exclure de toute démarche diagnostique.

J'ai ce sentiment bien amer qu'en tant que femmes, même lorsque les faits sont là, le monde social se refuse toujours à nous accorder un quelconque potentiel intellectuel. Comme si du fait d'être femmes, on devait être biologiquement programmées à être sottes et se questionner uniquement sur sur notre couple ou notre physique (je grossis un peu le trait, certes, mais malheureusement on nous résume bien souvent à ça).

Ca part de mes interros de mathématiques où au troisième 19/20 l'enseignant m'accuse carrément de tricher, une fille plus douée en mathématiques que les garçons de sa classe ce n'est pas ""classique"". Même chose plus tard en cours de philosophie au lycée, où l'enseignant estime ma réflexion trop poussée, c'est forcément mon père qui rédige mes dissertations... Jusqu'à ces vernissages (je travaillais alors dans la médiation culturelle) où mes collègues masculins étaient invités à se joindre à des débats passionnés sur l'Art lorsqu'on me demandait essentiellement de commander les petits fours, mettre un joli tailleur et accueillir les gens...

Bref, je ne vais pas citer toutes ces expériences de vie où clairement j'ai eu l'impression qu'on me niait toute capacité intellectuelle, on pourrait en faire un roman en 15 tomes, mais j'ai ce sentiment que lorsqu'on parle de HPI au féminin on se heurte à un problème de légitimité - ou de déni. Qui rejaillit aussi, finalement, sur la vie professionnelle où notre demande d'épanouissement intellectuel passe, au mieux, pour une bien vilaine arrogance.

Dans l'espoir fou que cette pensée sociale évolue au cours des générations, je me suis livrée à une petite expérience avec mes élèves (15ans) lorsque j'enseignais: je leur ai demandé de choisir UN et UNE artiste, d'étudier leurs oeuvres et leurs parcours, et de faire un petit exposé sur ce qui était, à leur sens, le plus marquant sur les artistes choisis.

Les choix d'artistes hommes étaient assez variés, artistes réalistes, cubistes, impressionnistes, artistes urbains contemporains... par contre, pour le choix d'artiste femme, ils n'en connaissaient qu'une seule: Frida Kahlo. Il y a déjà là un certain décalage.

Sur ce qui était, pour eux, le plus marquant concernant les artistes choisis, là aussi un décalage: s'agissant des artistes masculins, on parlait de techniques, d'engagement politique pour certains, du sens des oeuvres etc. S'agissant de Frida Kahlo, elle était, dans ces petits exposés, résumée à son couple, aux infidélités de son mari et à sa stérilité. Toute la puissance expressive et la profondeur sensible de Frida gommées au profit d'une biographie à la Gala/VSD/Paris-Match en somme.

Je me suis sentie si naïve de penser que, peut-être, les choses avaient pu évoluer, mais d'un autre côté comment blâmer ces jeunes de ne faire que reproduire les schémas et conditionnements qu'on leur impose?

Avez-vous également, au cours de votre parcours, vécu des situations où votre intellect a été remis en cause du fait de votre genre? Et avez-vous trouvé des pistes, des moyens ou outils pour éduquer, sensibiliser, et faire un peu bouger les choses?

Dans le domaine plus personnel, avez-vous parfois trouvé que vos capacités, votre curiosité et vos exigences intellectuelles ont nui à vos relations amicales ou amoureuses?

Au plaisir de vous lire,

A.
Bonjour Anne, @baudelairienne, ravie de te retrouver ici !

Oh, là, ça fait écho, ça bouillonne ! Ça me rappelle des choses que j'avais enfouies... La sidération de mes camarades en terminale (C, tant qu'à faire !), du fait que je sois la seule à avoir réussi cet exercice que le prof nous avait donné comme défit, mon prof de philo qui me met un 5 à un devoir maison, que je vais voir en fin de cours parce que je ne comprends pas, j'ai bossé dur et qui me répond qu'il me sanctionne pour avoir triché en le faisant faire par un adulte. Des exemples très proches des tiens, c'est très singulier...

Professionnellement, ma première partie de carrière a été calme, j'étais aussi très prise par ma vie familiale, trois enfants en six ans, faut gérer, mais quand ils ont grandi et que j'ai pu m'y consacrer, ça a été plus compliqué. Déjà parce qu'on me renvoyait souvent le "mais t'a pas une famille ?" lorsque je revenais après le diner ou le week-end. S'investir dans son travail, c'est être une mauvaise mère. Déjà. Et puis après, certains hommes se sentent menacé, certains de tolèrent pas qu'on leur tienne tête (c'est comme ça qu'ils le pensent, moi, je en fais que débattre), sur leur terrain, celui de l'intelligence. Certains, pas tous, heureusement. Ils sont minoritaires même. Mais la société, elle, cautionne ces comportements, les acceptent sans broncher, y compris les femmes, peut-être même elles en premier, et là, je te rejoins, il reste du chemin.
@baudelairienne

Bonjour anne,

Des situations ou j'ai trouvé mon intellect à été remis en cause du fait de mon genre. Ben oui depuis toujours et encore à ton corps défendant dans l'énoncé de ton sujet :

Ce qui sous entend que tout est une question de culture de milieu de norme de conditionnement, d'histoire de vécu et d'interprétation sous fond de malentendus.

Donc tout petit, j'entends cette petite musique qui sous entend, atteste, confirme, prétend que l'homme est avant tout guidé par ses pulsions et qu'il est incapable de gérer la frustration et qu'il se comporte envers les femmes comme une brute, un dictateur, un tyran, violent, manipulateur qui trouve maintenant son apogée dans le fameux concept du PN, il me semble que depuis la démocratisation de ce concept il pousse des PN comme des champignons parmi la gente masculine. Je vois peu de cas énoncés de PN en mode féminin.

Il existe donc un déni sociétal de l'intellect masculin sous forme de sensibilité et d'empathie envers autrui et d'intelligence à pouvoir dominer sa part animale qui est largement cultivée culturellement dans la société.

Tout cela pour signifier que les préjugés sont légion, chez l'être humain et que tout société ou organisation demeure artificielle par définition et donc imparfaite, les malentendus sont la norme entre les individus et entre les sexes.

Notre plus grand danger actuel, qui est le fruit de tout ce terreau d'incompréhension en réciprocité, engendre des nouvelles formes de combats et de justifications de guerres entre les individus sur tous les sujets et à tendance à favoriser le sectarisme et à diviser plus que de régler les malentendus en tout genre.

Tout un chacun se sent alors légitime de revendiquer sa singularité et de vouloir l'imposer comme une norme en droit, ainsi la théorie du genre ne fait que cultiver dans l'esprit des nouvelles générations ce qu'on nomme et pratique maintenant en bio agriculture la confusion sexuelle.

Mon intervention ne vient pas nier l'existence de la multitude de préjugés sous forme de la blonde écervelée, aux violences faites aux femmes, à la juste quête d'égalité en droit devant la société etc... et je n'ai jamais eu de conflit particulier avec les femmes, étant élevé dans une famille matriarcale ou je fus aimé et considéré et fort protégé par ma mère et grand mère maternelle, ou les hommes travaillaient au champs et ou les femmes menaient la maison et la bourse et décidaient pour les investissement et le budget, naturellement du fait que ma mère est plus intelligente et que mon père sait tout juste lire et écrire et n'a jamais voulu prendre de responsabilités au sein de la famille.

Pour en revenir au sujet précis, c'est sur que les hommes tiennent au pouvoir économique politique et sociétal, c'est leur manière de créer et de se réaliser en quelque sorte. Et pour la petite histoire la manière disons culturelle de déconsidérer les femmes d'un point de vue rationnel et réaliste dans la vie des affaires de la pensée, vient sans doute de ce constat assez récurrent de la place que vient prendre l'affect dans l'esprit féminin du fait de sa sensibilité et de sa nature disons de mère potentielle, tandis que les hommes par culture et adaptation à la chasse au travail dur à la guerre etc à du pendant longtemps mettre en sourdine sa part affective et sensible pour pouvoir agir et privilégier l'action.

Rien de péjoratif à constater que plus la part affective et sensible prend de l'importance dans l'esprit humain, plus la part irrationnelle peut brouiller la claire pensée et le réalisme que demande les situations d'urgence la gestion des crises et des dangers.

De même il est vrai de constater qu'il existe une grande difficulté pour les hommes à parvenir à contrôler voir devenir maitres de la pulsion sexuelle et d'accepter la toute puissance féminine en matière de choix du partenaire. Ainsi la gestion de la frustration demeure le point central de toute évolution humaine et de la capacité à dépasser la colère la haine et la guerre ou la discrimination en tout genre.
🔒 66 autres réponses sont accessibles après inscription
raff
3 mai 2025 à 10:55

Le HPI, une théorie non scientifique ? Quand Charlie Hebdo fait pas son boulot .

Charlie Hebdo fait-il la promotion de pseudo-sciences pour s'attaquer au Haut Potentiel Intellectuel ? C'est ce que nous allons explorer...
fenrir41
4 août 2019 à 15:10

Salutations et grande question

Bonjour à tous et à toutes, Alors voilà j'ai 30 ans. J'ai été diagnostiquer THPI il y a quelques années...