Atypiker
8 sept. 2021 à 11:43
Depuis que j'explore les mondes HP, je remarque une relation paradoxale de beaucoup d'entre eux avec leur forte activité mentale : une hyperactivité qui est vue tantôt comme une fierté et un fort repère identitaire (un des critères principaux d'appartennance à la communauté HP), et aussi, beaucoup de souffrances causées par cette hyperactivité.

J'ai même rencontré un certain nombre d'HP qui rejetaient, parfois poliment, parfois fermement, les pratiques de calme mental, alors que leur pensée insatiable leur faisait vivre un enfer, et je suggère ici une explication à ce rejet : pratiquer la méditation, ou toute autre activité visant au calme mental, risquerait de retirer à l'interessé son "statut d'HP", car la "mesure" de l'identité HP s'opère d'abord par l'activité mentale et la pensée ; ainsi, si, en pratiquant la méditation, j'arrive à penser moins, j'arrive à vivre de nombreux et longs moments dans mes journées, où je ne pense pas du tout : alors, dans ce cas, puis-je encore me voir qualifié d'HP, de surdoué, de zèbre, voire même d'atypique ? Si mon potentiel intellectuel élevé n'est pas "exploité", alors peut-il diminuer ?

Le fait de beaucoup moins penser n'effacerait-il pas ma spécificité HP ?

J'avance ici qu'un certain nombre d'individus, qui se considèrent HP, et trouvent au sein de cette identité et de cette communauté des sentiments de réconfort, de fierté, un sens à leur vie et à leur souffrance, pourraient se montrer réticents envers certaines pratiques de calme mental, par peur de perdre leur légitimité au sein de cette communauté.

Ce qui est fort dommage ! car un mental hyperactif génère des souffrances qui peuvent devenir insoutenables, voire dégénérer en maladie mentale. Il y a là un dilemme, un conflit d'intérêts, que j'ai cru retrouver chez un certain nombre de HP que j'ai croisés.

J'ouvre ici cette interprétation toute personnelle au débat et aux ressentis de chacun : votre rapport à votre activité mentale ?

PS : pour ceux et celles qui n'en peuvent plus de souffrir du fait de l'hyperactivité de leur mental - et même dans le cas où cette hyperactivité engendre des pensées saines, intéressantes, constructives, mais juste absolument excessives, en roue libre, profusion ininterrompue et tyrannique d'une pensée sans limites - je souhaite ici suggérer une méthode qui a marché pour moi : l'objectif est de réduire la quantité d'informations en tous genres qui arrivent à notre attention. Pour cela la méditation aide, mais ce n'est pas suffisant : en complément, il convient de réduire drastiquement la quantité de programmes de divertissement et d'information, ainsi que les lectures, qui génèrent des réflexions, des questionnements, de la tension mentale ; réduire les échanges à caractère intellectuel, politique, polémique ; réduire même l'écoute de chansons à paroles, et privilégier les compositions instrumentales. Tout cela dans le but de réduire la consommation quotidienne de mots, de langage, d'idées, et créer un espace de vide en soi, qui deviendra avec la pratique notre refuge à la tyrannie du mental.

Et non, en vous imposant une telle diète de mots et d'idées, vous ne deviendrez pas un légume : votre mental est tellement hyperactif, que la part d'interrogations intellectuelles, scientifiques, rationnelles, de votre esprit, restera élevée - juste moins élevée qu'aujourd'hui ; aussi, nous sommes tellement bombardés de mots, de messages, d'idées, au quotidien, à chaque instant, qu'une reduction volontaire de l'intensité de consommation de ces messages ne risque en aucun cas de vous égarer sur le continent noir du vide mental, ni de vous faire atteindre de manière trop brutale le Nirvana :)

Exactement comme une personne en surpoids cherche à connaître le contenu de chaque aliment qu'elle souhaite consommer, et se demander si elle en a réellement besoin, le mental hyperactif doit ici pareillement se demander de quoi est composé chaque production de langage qui s'invite à son attention, et si elle en a réellement besoin. Il s'agit juste de réduire l'excès d'activité mentale, pour qu'il n'occasionne plus qu'une quantité tolérable de "dégâts colatéraux".

Ça a marché pour moi, j'espère que cela pourr aider ici d'autres gens en souffrance.

Julien
Ekinox, moi aussi la méditation m'a beaucoup aidé, non pas à ne plus penser , ce qui ne me semble pas possible, mais à laisser passer mes pensées, ne plus les laisser " prendre la main" sur mes sensations corporelles et ma respiration, et avec des activités sportives qui permettent aussi cela comme le yoga, le pilates et la natation.
JulienM, de mon point de vue, oui on est toujours soi même lorsque on arrive à laisser filer ses pensées😊
Belle après midi,
Prenez soin de vous 😊
Ta théorie est intéressante et pas dénuée de fondements, mais elle ne concerne que les personnes qui clament haut et fort qu'elles sont différentes et rejettent toute "normalité" en bloc.
J'ai toujours eu un grand désir de me conformer à "la norme", d'essayer d'être "comme tout le monde". Je devrais donc apprécier la méditation, hors, il n'en est rien et j'en suis assez désespérée. Je suis vive mentalement, mais également physiquement, j'ai du mal à rester en place. La méditation pourrait vraiment m'aider mais je décroche toujours très vite.
Bien sûr, je ne suis qu'une personne et on ne peut pas faire de mon cas précis une généralité.

Par contre, je te rejoins complètement sur le fait que j'essaie, comme toi, d'éviter trop de stimulations...

Quand au fait de ne plus être soi-même, je ne me sens pas vraiment concernée. La méditation ne fait que nous apaiser pendant un moment, on ne se perd pas. En tout cas, c'est de cette façon que je la perçois.
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olivierleprof
26 mai 2023 à 09:48

2,5% de hauts QI et 20% de sensibles ?

Je lis sans cesse sur Atypikoo ou dans la presse qu'il y aurait 2% de gens qui auraient un QI...
Acoeurvaillant
7 févr. 2021 à 12:23

De l'intelligence ^

Comme les 2 sujets fort passionnants en cours, « La résilience de la femme »^, et « Sauver la planète...